« La grotte », l’histoire vraie d’un incroyable sauvetage

Retour sur le sauvetage d’un petit groupe d’enfants retrouvé au fond de la grotte Tham Luang en Thaïlande en 2018, où les enfants sont restés bloqués pendant 10 jours.

Publication 5 juil. 2018, 11:55 CEST, Mise à jour 6 janv. 2022, 11:50 CET
Lors de l'opération de sauvetage, des soldats thaïlandais descendent un câble électrique au fond de la ...
Lors de l'opération de sauvetage, des soldats thaïlandais descendent un câble électrique au fond de la grotte Tham Luang.
Photographie de Lillian Suwanrumpha, AFP/Getty Images

La grotte de Tham Luang, en Thaïlande, est accessible pendant la saison sèche et se remplit souvent d'eau lors de la mousson, qui s'étale de juillet à octobre. C'est à cause des fortes pluies que des enfants membres d'une équipe de football se sont retrouvés pris au piège dans la grotte où ils s'étaient réfugiés pour s'abriter de la montée rapide des eaux.

Les secours ont essayé, en vain, de pomper l'eau pour libérer un chemin de sortie. Très vite, un seul itinéraire de sortie s'est avéré possible entre le monde extérieur et la petite cavité où se trouvaient les douze enfants et leur entraîneur : il consistait à emprunter les passages submergés et parfois étroits de la grotte en plongeant.

Le petit groupe a été retrouvé au fond de la grotte Tham Luang, où il était resté bloqué pendant 10 jours. Le monde entier a suivi le calvaire de ces douze garçons et de leur entraîneur. En quelques jours, des milliers de personnes sont arrivées dans la région pour tenter de les secourir, alors qu’on ne savait pas s’ils étaient encore en vie. Après plusieurs journées d’angoisse, ils ont été retrouvés piégés dans l’obscurité la plus totale. La question qui s’est alors posée – immédiate, évidente et déroutante – était de savoir comment les tirer de là.

La marine thaïlandaise a bénéficié du soutien d'autres pays pour ratisser la zone où les enfants étaient coincés. Ce sont des plongeurs britanniques qui les ont retrouvés, enfoncés à presque 4 kilomètres de l'entrée de la grotte.

Une fois que les enfants et leur entraîneur ont été retrouvés, il convenait de déterminer quel était le meilleur moyen de les sortir de la grotte. Deux possibilités : apprendre aux enfants la plongée souterraine et les faire remonter à la surface à la nage, accompagnés d'un sauveteur... ou leur demander de patienter encore quatre mois avant de voir la lumière du jour, le temps que la mousson s'achève et que le niveau de l'eau dans la grotte descende.

Chaque option avait son lot de difficultés.

Si les enfants patientaient encore quatre mois, comme l'expliquait alors le New York Times, malgré la nourriture et la lumière artificielle, ils risquaient de développer des infections, de se blesser ou de souffrir de dommages psychologiques.

La deuxième option, celle qui consistait à les faire remonter en plongée souterraine était également dangereuse. L'inexpérience des enfants et leur état de fatigue pouvaient compromettre leur sécurité lors de la remontée. De plus, il fallait d'abord trouver le bon équipement pour les enfants et leur entraîneur, le descendre et ensuite préparer le petit groupe aux difficultés qu'ils rencontreraient sur leur chemin.

Carsten Peter, photographe National Geographic qui a déjà fait de la plongée souterraine, précise qu'en temps normal, cette activité est déjà difficile. Mais il est particulièrement dangereux de plonger à Tham Luang, en raison de la mauvaise visibilité et des passages étroits de la grotte. Le photographe ajoute que si les sauveteurs parvenaient à pousser ou tirer chaque enfant à travers les passages, ils risquaient quand même d'être séparés de l'enfant si quelque chose se passait mal.

Dans tous les cas, l'étroitesse de nombreux passages souterrains ne permettait pas au groupe de remonter en même temps. Les sauveteurs ont dû faire plusieurs allers-retours, remontant un enfant à la fois. 

« Apparemment, les enfants sont très faibles », avait alors confié Carsten Peter. « Ils n'ont pas mangé depuis une dizaine de jours. Ils vont bien mentalement mais ils sont très, très faibles et ont du mal à se tenir debout. »

Ménager leurs émotions et leur santé mentale était donc aussi important que leur condition physique. Les enfants auraient pu paniquer en nageant dans les passages submergés et devenir un danger pour eux-mêmes et pour leurs sauveteurs.

« Une partie de l'équipe n'a aucune expérience de plongée. Certains enfants ne savent même pas nager », ajoutait le photographe. « Ce sauvetage va beaucoup dépendre de leur mental. Si vous avez déjà fait de la plongée et que vous avez confiance en l'équipement, alors ce sera moins inquiétant. Mais si vous avez peur de l'eau, vous risquez de paniquer et en paniquant, vous respirez plus, donc consommez plus d'oxygène. Les réserves des bouteilles d'oxygène sont alors réduites et votre panique peut aussi mettre en danger les sauveteurs ».

Le sauvetage extraordinaire des douze jeunes garçons et de leur entraîneur fait aujourd'hui l'objet d'un documentaire événement, La Grotte, disponible en streaming sur Disney+*. Le documentaire a été réalisé par Elizabeth Chai Vasarhelyi et Jimmy Chin, déjà récompensés par l'Oscar du meilleur documentaire en 2018 pour Free Solo.

« La Grotte raconte comment des gens de différentes nationalités, langues et cultures ont triomphé de l’adversité en unissant leurs forces », expliquent les réalisateurs. « Ce film nous rappelle tout ce qui fait la beauté de l’humanité, surtout après des années où elle a semblé plus divisée que jamais. Nous sommes ravis de pouvoir présenter le film aux spectateurs du monde entier, grâce à Disney+, et de leur faire découvrir cette histoire extraordinaire et pleine d’empathie. »

*Voir conditions d’abonnement sur DisneyPlus.com 

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise en 2018, au moment des faits. Il a été mis à jour en janvier 2022.

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