Sciences

Aux États-Unis, un programme apprend aux policiers à combattre leurs préjugés raciaux

Dans ce pays, le racisme est à l’origine de nombreuses bavures policières. Un sujet brûlant que des scientifiques tentent de résoudre en sensibilisant les forces de l’ordre à l’aide d’un simulateur d’entraînement. Mardi, 3 avril

De Rédaction National Geographic

Le simulateur d’usage de la force est aux policiers ce que le simulateur de vol est aux pilotes d’avion.

Le modèle utilisé à l’université d’État de Washington à Spokane (WSU) est caractéristique à bien des égards. On se tient face à l’écran, prêt à tirer. Mais il y a une différence entre le simulateur de la WSU et la plupart de ceux que la police utilise : il modifie les profils démographiques des sujets, y compris leur identité ethnique et culturelle, et les insère dans des scénarios destinés à évaluer et combattre les préjugés.

Ainsi, tout en apprenant à gérer les situations tendues, les policiers découvrent dans quelles situations ils traitent les Noirs et les Hispaniques différemment des Blancs. Le « simulateur d’entraînement à la lutte contre les préjugés » (Counter Bias Training Simulator, CBTsim) a été élaboré par Lois James, maître de conférences à la Faculté de soins infirmiers de la WSU.

L’objectif du CBTsim est d’éliminer l’origine ethnique ou tout autre facteur démographique du processus de décision, en apprenant aux policiers à se concentrer uniquement sur le niveau de menace objectif.

Pour tester l’efficacité de la technologie, les scientifiques de la WSU ont lancé un essai randomisé qui s’achèvera en 2020. Un groupe témoin sera comparé au groupe ayant bénéficié de la formation avec le simulateur et à un autre groupe bénéficiant d’un programme de sensibilisation aux préjugés implicites. Les conclusions de ce test permettront de comprendre si ces formations conduisent à un maintien de l’ordre plus équitable.

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