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Il y a des millions d'années, la Voie Lactée a été bouleversée par le passage d'une galaxie voisine

Une étude vient de démontrer que la disposition actuelle des étoiles sur le disque de notre galaxie serait le résultat d'une galaxie voisine qui l'aurait frôlé il y a plusieurs millions d'années.

De Juliette Heuzebroc
D'après les astronautes, presque toutes les étoiles de la Voie Lactée ont leur propre planète Terre.

Une étude menée par une équipe internationale impliquant des chercheurs du Gepi (Observatoire de Paris, CNRS, Université PSL), de l’Ipag (CNRS, Université Grenoble Alpes), de l’Institut Utinam (CNRS/Université de Franche-Comté) et du LAB (CNRS/Université de Bordeaux) met au jour un comportement inédit au sein de la Voie Lactée concernant les trajectoires stellaires.

Cette recherche s’est basée sur les résultats de Gaia, la mission spatiale astrométrique de l’Agence spatiale européenne (ESA) qui vise à mesurer la position, la distance et le mouvement des étoiles. En 300 et 900 millions d’années en arrière, une galaxie aurait frôlé la Voie Lactée et, par ce fait, aurait modifié la répartition et la trajectoire des étoiles sur le disque de notre galaxie.

Gaia, en fournissant une cartographie précise des étoiles de la galaxie et une estimation de vitesse, permet d’étudier les espaces des phases, c’est-à-dire l’interprétation géométrique des mouvements, qui permet ici d’analyser la dynamique de trajectoires des étoiles. Teresa Antoja, de l’Université de Barcelone en Espagne, explique qu’une des formes étudiées sur le disque n’avait jusqu’à lors jamais été observée.

La chercheuse raconte qu’à l’apparition de ce tracé inattendu en forme de coquille d’escargot, l’équipe a cru à une erreur et a réétudié l’ensemble des données pour confirmer le phénomène. Il s’agit d’une observation inédite liée à un mouvement uniforme de groupes d’étoiles généré par le passage proche d’une autre galaxie : « C'est un peu comme une pierre jetée dans un étang créant des ondulations et des vagues dans l’eau » explique Teresa Antoja.

Contrairement aux particules d’eau qui se remettent en place après un passage d’élément dans sa matière, les étoiles ont une mémoire des perturbations, mémoire incarnée dans leur mouvement et à partir de laquelle les scientifiques peuvent retracer la genèse du phénomène.

Teresa Antoja explique dans un communiqué de l’ESA que si ce phénomène n’avait pu être observé avant, c’était faute de moyen assez performant : « C’est comme si vous aviez soudainement mis les bonnes lunettes et que vous voyiez toutes les choses impossibles à observer auparavant. »

Suite à la cartographie fournie par Gaia en Avril, il s’avère en effet que l’outil peut observer 10 000 fois plus d’étoiles que ses prédécesseurs, permettant ainsi des analyses plus précises.

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