Le fossile d’une baleine à quatre pattes a été mis au jour en Égypte

Ce squelette fossilisé d’une ancienne espèce de baleine quadrupède, découvert non loin du Caire, pourrait nous aider à compléter le schéma évolutif des cétacés à travers le temps.

Publication 17 nov. 2021, 22:11 CET
Représentation artistique de ce qu'aurait pu être la baleine quadrupède.

Représentation artistique de ce qu'aurait pu être la baleine quadrupède.

Photographie de AFP PHOTO / ALBERTO GENNARI / OLIVIER LAMBERT

Vieux de plusieurs millions d’années, les fragments de fossiles récemment découverts appartiennent à la plus ancienne espèce de baleine à quatre pattes, baptisée Amphibious Phiomicetus anubis, en référence au dieu de la mort et de l’embaumement dans la mythologie égyptienne.

Ils ont été mis au jour par une équipe d’archéologues égyptiens, dans l’oasis du Fayoum, au sud du Caire, dans le Sahara occidental. L’étude a paru dans la revue scientifique Proceedings of the Royal Society B.

Appartenant aux Protocetidae, les « baleines à pattes », Amphibious Phiomicetus anubis était une véritable machine à tuer sous l'Éocene, il y a environ 43 millions d’années. Selon les observations faites sur le squelette, ses caractéristiques physiques étaient impressionnantes : mesurant 3 mètres de long pour un poids d’environ 600 kilos, ce mammifère amphibie était doté d’une mâchoire extrêmement puissante, capable de déchiqueter un large éventail de proies de toutes tailles.

« Cette baleine était un dieu de la mort pour la plupart des animaux qui vivaient dans la région », explique Abdullah Gohar, principal auteur de l’étude. À l’aise sur la terre ferme comme en pleine mer, Anubis nageait vraisemblablement à la façon d’une loutre moderne.

S’« il s'agit d'une espèce qui n'était pas connue » des scientifiques, comme l’ajoute le professeur Hicham Salam, membre de l'équipe de recherche qui a découvert le fossile, ce n’est pas le premier squelette de baleine quadrupède que l’on retrouve. En 2019, un spécimen de baleine similaire avait été mis au jour au Pérou.

L'accouplement sauvage des baleines à bosse

À l’époque, les chercheurs avaient formulé l’hypothèse que ce cétacé aurait traversé l'Atlantique entre la côte ouest de l'Afrique et l'Amérique du Sud, soit près de 1 300 kilomètres. Durant l’Éocene, ces deux continents étaient deux fois plus rapprochés qu'ils ne le sont aujourd'hui. Cette hypothèse mettait alors à mal l’idée très répandue que les baleines auraient atteint l'Amérique par le nord, via le Groenland.

Si cette découverte soulève encore quelques questions, elle permet néanmoins de retracer le schéma d'évolution des baleines, de l’état de mammifères terrestres à celui de cétacés. Car aujourd'hui, si leurs caractéristiques physiques sont parfaitement adaptées à la vie sous-marine, il n’en a pas toujours été ainsi.

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