Sciences

Ptérosaure : le premier vertébré à se lancer dans les airs

Comment ces reptiles volants, apparus il y a 230 millions d’années, ont-ils conquis le ciel ? Ce mystère est aujourd’hui résolu par la science.

De Rédaction National Geographic
Quetzalcoatlus northropi est presque aussi haut qu’une girafe et a l’envergure d’un avion de chasse. Cette maquette grandeur nature, peinte dans un atelier américain, rejoindra un centre culturel au Koweït.

Le mode de déplacement des ptérosaures, les reptiles volants du Mésozoïque, contemporains des dinosaures, a longtemps été une énigme pour les paléontologues. Certains les ont décrits se traînant au sol sur le ventre. D’autres supposaient qu’ils marchaient debout sur les pattes arrière, tels des zombies, avec leurs membres antérieurs étrangement allongés, tendus en avant, et leurs ailes rabattues en arrière comme des capes. D’autres encore les ont représentés marchant à quatre pattes, ailes repliées sur le côté, avançant avec peine, comme s’ils essayaient des béquilles pour la première fois. Ils imaginaient les ptérosaures si maladroits dans les airs qu’ils ne pouvaient décoller qu’en lançant leur tête du haut d’une falaise.

Surprise : il semble que ces incroyables reptiles aient été au contraire très bien adaptés au vol. Selon des biomécaniciens de l’université de Californie du Sud, ils auraient même été les premiers vertébrés à conquérir le ciel. À l’aide d’équations issues de l’aéronautique, les chercheurs ont écarté l’hypothèse d’une suspension à la falaise. Contrairement aux oiseaux, ces animaux décollaient vraisemblablement sur leurs quatre pattes, à l’instar des chauves-souris. En position debout, les espèces les plus grosses, qui pesaient jusqu’à 200 kg, se seraient brisées les fémurs. Pour s’envoler depuis une étendue d’eau, les ptérosaures marins utilisaient leurs ailes comme des rames pour pousser sur la surface, puis battre dans les airs, à la manière des nageurs de brasse papillon.

Les ailes des ptérosaures étaient formées d’une membrane fixée sur chaque flanc, de l’épaule à la cheville, et tendue par un quatrième doigt allongé à l’extrême, tout le long du bord d’attaque de l’aile. Les chercheurs pensent aussi que ces reptiles pouvaient ajuster la forme de leurs ailes aux conditions de vol, en contractant les muscles de celles-ci ou en bougeant les chevilles. De plus, en modifiant l’angle des os du poignet, ils disposaient peut-être d’une sorte de bec de sécurité, comme les volets du bord d’attaque des ailes d’avion, pour augmenter leur portance à vitesse réduite. Il semble aussi que de nombreuses espèces de la famille, dont l’envergure pouvait être comprise entre 0,5 m à 10,7 m selon les individus, ont évolué pour voler lentement mais efficacement.

Le magazine National Geographic de novembre 2017 a publié une grande enquête, qui fait le point sur nos connaissances de l’incroyable animal disparu en même temps que les dinosaures.

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