Un gigantesque cratère d’astéroïde aurait été découvert au Groenland

Des chercheurs danois ont découvert un immense cratère pouvant contenir Paris et sa couronne, enfoui sous une épaisse couche de glace près du Groenland.

De Arnaud Sacleux
Calotte glaciaire au Groenland
Calotte glaciaire au Groenland
Photographie de Dimitrov Strahil, getty images via istock

C’est le premier cratère de ce type jamais découvert sous une couche de glace. Repéré sous le glacier de Hiawatha, il fait plus de 31 km de diamètre et se place parmi les 25 plus grands cratères sur Terre selon une étude publiée dans Sciences Advances. Si certains chercheurs optent pour un impact de météorite, d’autres sont plus sceptiques quant aux origines de ce cratère.

 

DES ORIGINES ENCORE MÉCONNUES

Cette découverte a été faite par les équipes de la NASA. L’agence spatiale américaine avait détecté en 2015 une anomalie dans la calotte groenlandaise grâce à ses satellites. Intriguée par ces études, une équipe de chercheurs danois du Muséum d’Histoire naturelle de Copenhague a finalement mis à jour la dépression grâce à une étude radar de la région.

Selon eux, cet impact aurait été cause par une météorite métallique rare : l’étude a relevé des concentrations élevées de nickel, de cobalt, de chrome et d’or dans une rivière s’écoulant hors du glacier, révélateurs possibles d’un tel choc. Cependant, « pour déterminer la présence d'un cratère d'impact, il faut découvrir du quartz choqué qui se forme au moment de l'impact. » précise Ludovic Ferrière, conservateur en chef de la collection de météorite du Musée d’Histoire naturelle de Vienne. Lui est plus sceptique sur l’origine de cet immense cratère. En effet, dans le cas du glacier d’Hiawata, les chercheurs n’ont trouvé que quelques échantillons de quartz ; selon le chercheur rien ne dit qu’ils ne proviennent pas d’un autre impact sur la planète. Pour savoir si c’est bien un cratère, il faudrait « forer l’épaisse couche de glace » pour l’analyser de plus près.

Si impact d’astéroïde il y a eu, pour le professeur John Paden de l’Université du Kansas, les conséquences auraient été brutales pour l’environnement. « Il se pourrait que les débris projetés dans l'atmosphère [vapeur d’eau, cendres et poussière] aient affecté le climat et fait fondre beaucoup de glace. Il pourrait donc y avoir eu un apport soudain d'eau froide dans le détroit de Nares, entre le Canada et le Groenland, qui aurait affecté les courants marins de toute la région », entraînant un refroidissement de l’eau et de la terre, explique John Paden, coauteur de l'étude et professeur à l'université du Kansas.

 

UNE DATATION COMPLIQUÉE

Jusqu’à présent, il n’a pas été possible de dater précisément ce cratère mais des théories ont pourtant déjà été avancées. « Son état suggère fortement qu'il s'est formé entre le moment où la calotte glaciaire a recouvert le Groenland, il y a donc moins de 3 millions d'années et la fin de la dernière ère glaciaire », il y a 12 000 ans explique Kurt Kjaer, conservateur du musée d'Histoire naturelle du Danemark. « Au vu de son diamètre, le piton central d'un tel cratère devrait mesurer plusieurs centaines de mètres. Or les mesures au radar nous montrent un piton de 50 m de haut. S'il s'agit bien d'un cratère, le piton a été fortement érodé. » ajoute Ludovic Ferrière. Ce cratère n’est donc pas récent : les mouvements de glace ont tendance, avec le temps, à éroder le socle rocheux qu’elle recouvre.

Les chercheurs ont prévu d'effectuer des prélèvements afin d'en apprendre plus sur sa datation et ses effets sur la vie sur Terre à cette époque-là.

 

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