Hazen Audel, le rêveur survivaliste

Hazen Audel vient de relever le défi le plus difficile de sa vie : se frayer un chemin à travers 800 kilomètres d'Amazonie inexplorée en utilisant uniquement des méthodes de survie traditionnelles.

Publication 29 avr. 2022, 16:45 CEST
À l'épreuve d'une tribu.

À l'épreuve d'une tribu.

PHOTOGRAPHIE DE National Geographic

Depuis maintenant vingt-sept ans, Hazen Audel apprend à se repérer et survivre dans les environnements les plus inhospitaliers de la planète. Biologiste de terrain et passionné d'aventures extrêmes, il est un touche-à-tout qui ne connaît pas la peur, ou qui du moins repousse sans cesse les limites de la peur. À seulement dix-neuf ans, il a passé plusieurs mois avec des Quechuas, en Équateur. À leurs côtés, il a appris combien ce qui paraît hostile pouvait se faire hospitalier, et combien l'écoute de la nature était garantie de survie à l'état sauvage.

Rencontre avec cet aventurier expert en survie, qui nous ouvre les portes des peuples natifs et de leur immense savoir.

 

Comment décririez-vous cette nouvelle saison de À l'épreuve d'une tribu ?
Je vis ce genre d'aventures depuis que j'ai dix-neuf ans, mais je l'ai toujours fait seul. Je vis de ma passion et je suis toujours revenu de ces grands voyages sans jamais vraiment avoir de public, je gardais ça pour moi. Peu de gens pouvaient comprendre ce que j'avais vécu ou vu. Et ce qui est merveilleux aujourd'hui avec cette série, c'est de pouvoir partager ces aventures extraordinaires avec le reste du monde. Nous nous intéressons à la nature, à la vie sauvage qu'il reste sur Terre, mais je ne pourrais pas me rendre dans ces endroits sans l'aide des natifs, qui sont les personnes auxquelles je m'identifie le plus. Ils ont des savoir-faire, des connaissances et des compétences que l'on ne peut apprendre nulle part ailleurs. Je pense que la série montre à quel point ces gens sont incroyables et c'est ce que j'aime, particulièrement dans cette nouvelle saison.

 

Comment avez-vous survécu à votre tout premier voyage, qui était en Équateur ? Vous n'étiez certainement pas aussi préparé et expérimenté que vous l'êtes aujourd'hui.
J'y suis allé très naïvement, en observant simplement la faune et la flore. Je ne savais pas dans quoi je m'embarquais. Les connaissances que j'avais à l'époque étaient celles que j'avais acquises au lycée. Je suis passé de week-ends camping au lycée à la jungle ! Et j'ai appris à la dure que la plupart de mes connaissances ne me servaient à rien dans la jungle - la seule façon pour moi de m'en sortir était d'apprendre des locaux. Et j'aurais certainement dû rentrer chez moi si je n'avais pas rencontré des personnes clés qui ont partagé avec moi leur culture.

C'est à ce moment-là que j'ai été jeté dans la rivière de la connaissance. Au cours de ces huit mois, j'ai contracté une infection très grave - à cause de l'humidité et de la boue omniprésente, les plaies ne guérissent pas naturellement et les infections sont votre plus grande menace dans la jungle. À un moment donné, j'ai pensé à abandonner, parce que je ne pouvais vraiment plus marcher. Une fois de plus, les indigènes m'ont sauvé la mise. Une femme a examiné ma jambe, m'a montré les plantes qu'ils utilisaient habituellement pour ce genre de blessures. Ils ont pris soin de moi et m'ont aidé à me rétablir.

 

Quelles sont les forces en vous qui vous aident à surmonter ce genre de défis ?
C'est probablement parce que j'agis avant de penser ! J'ai une idée fixe, un but, une destination, c'est tout ce qui m'intéresse. Je fais une fixation. Beaucoup de gens me disent vouloir me suivre dans mes aventures, mais ils ne réalisent pas que la plupart du temps, je me vautre et c'est assez pitoyable. Ce sont des nuits sans sommeil et des piqûres d'insectes à n'en plus finir, parfois on a à peine de quoi manger. Mais c'est l'aventure. Cette capacité de concentration que j'ai me permet d'aller loin. Je n'ai pas le temps de penser à l'inconfort de la situation. Au fil des années, c'est devenu ma nouvelle normalité, je m'y suis habitué.

 

Quel est votre rapport à la peur et comment fait-on pour la surmonter ?
Je ne veux pas paraître arrogant, mais je n'ai pas peur de beaucoup de choses. Je suis beaucoup plus curieux que peureux. Je sais simplement qu'un jour, mon heure viendra. Avec mon expérience et ma compréhension de la vie, j'essaie simplement d'être conscient des choses. Et quand vous êtes conscient des choses, vous n'avez pas besoin d'avoir peur.

À l'épreuve d'une tribu | Bande annonce

Comment vous êtes-vous préparé mentalement et physiquement au défi que représente la réalisation de cette série ? 
Vivre avec les tribus me rend tellement heureux ! Même lorsque je suis chez moi, la nature a toujours une place très importante. J'essaie d'avoir des animaux autour de moi, des ratons laveurs, des souris, des serpents et des oiseaux... Je me prépare toujours à la prochaine aventure d'une certaine manière et je veille à rester toujours en très bonne forme physique.

 

Quel serait selon vous le meilleur conseil de survie à donner aux personnes voyageant dans des régions reculées ? Surtout si elles voyagent seules...

Je pense que la chose la plus importante, c'est de réaliser que nous avons tous une sorte de plafond de verre, au-dessus duquel nous sommes persuadés que nous ne survivrons pas. Plus vous gagnez en expérience, plus vous réalisez que ce plafond de verre est en fait plus élevé que vous ne l'aviez jamais imaginé. Dans les situations extrêmes, c'est la plupart du temps le gars expérimenté de soixante ou soixante-dix ans qui s'en sort, alors que les plus jeunes n'y arrivent pas, ils abandonnent ou meurent plus vite, parce qu'ils n'ont pas la capacité de réaliser que oui, la vie n'est pas facile, mais que l'important est de relever les défis les uns après les autres. Le deuxième conseil que je pourrais donner est de toujours faire en sorte d'avoir chaud. Ensuite, vous ne pouvez passer que quelques jours sans boire, ce sera donc votre prochain défi. Mais oui, l'essentiel réside dans votre volonté à survivre et dans la confiance que vous placez en vous pour vous en sortir.

 

Combien il y avait-il de caméras durant le tournage et à quel point changent-elles votre façon de vivre ces aventures ?

Nous avons deux caméramans mais il y a aussi une grosse équipe qui me suit. L'émission tourne autour de moi, mais c'est un vrai travail d'équipe. J'ai la tâche facile. Eux me suivent avec un équipement lourd et de nombreuses contraintes techniques. Ils doivent installer leur propre campement, s'assurer que les éléments électriques restent bien au sec... J'ai beaucoup de chance d'avoir une équipe capable de me suivre dans cette aventure. 

À l'épreuve d'une tribu.

PHOTOGRAPHIE DE National Geographic

De quels peuples ou tribus avez-vous le plus appris au cours de vos voyages ?

Certainement des Quechuas et des Huaoranis, avec qui j'ai vécu pendant mon premier voyage. Deux cultures très différentes. Leur mode de vie est devenu le mien pendant les dix années suivantes. Chaque jour j'apprenais de nouvelles choses, chaque instant je réalisais tout ce que je ne savais pas. Dans cette nouvelle saison, les populations et les paysages sont très différents, tout comme les animaux. Toutes ces tribus ont des compétences différentes et ont appris à maximiser leur environnement. J'essaie juste de me taire et d'écouter quand je suis parmi elles.

 

Pendant le tournage, y a-t-il eu un moment où vous avez été forcé de constater vous ne pouviez pas aller plus loin ?

Même si vous êtes combatif, vous devez savoir quand vous arrêter. À quelques reprises, nous avons dû traverser de grandes rivières, et la nature étant le principal maître à bord, nous avons dû revenir sur nos pas. Nous avons trouvé un autre moyen de nous rendre sur les lieux que nous visions, parce que les caméramans n'auraient pas pu survivre à la traversée avec leur équipement. Nous nous sommes autorisés à changer d'itinéraire. C'était la meilleure façon de continuer.

À l'épreuve d'une tribu est diffusé tous les lundis à 21h, sur National Geographic.

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