Histoire

Découverte d'un autel antique lors d'excavations en Chine

Découvertes au nord-ouest de la Chine, les ruines révèlent l'existence d'un lien culturel fort entre l'est et l'ouest de la région, ce avant même l'avènement de la Route de la soie. Jeudi, 9 novembre

De Sarah Gibbens

Un autel solaire vieux de 3 000 ans récemment mis au jour aux confins du nord-ouest de la Chine nous apporte des informations précieuses sur la manière dont les populations tribales de la région pratiquaient les rites religieux il y a des milliers d'années.

Découvertes en 1993 dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, les ruines n'ont été fouillées que l'année dernière. Les soupçons des archéologues sont désormais confirmés : le site était bel et bien utilisé comme autel solaire à l'époque de l'âge du bronze.

Les nomades régnaient autrefois sur cette région faite de plaines, située entre le Kazakhstan et la Mongolie. Si des autels solaires similaires avaient d'ores et déjà été découverts à l'est, le complexe dans le Xinjiang est le seul de la région.

L'autel est composé de trois cercles de pierres superposées. Le diamètre extérieur du plus grand cercle mesure un peu plus de 100 mètres de long. D'après les archéologues, ces dimensions semblent indiquer que des hommes et des chevaux ont transporté des pierres venues de kilomètres à la ronde.

Cette découverte est importante pour les archéologues car elle est la preuve d'un lien culturel fort entre les régions nomades et les anciennes dynasties chinoises au pouvoir.

« Cela prouve que la culture des plaines du centre s'était depuis longtemps répandue jusqu'au pied du mont Tian Shan, dans les plaines de Bayanbulak, point de passage obligé de la Route de la soie », a déclaré dans une vidéo pour CCTV Liu Chuanming, l'un des archéologues qui étudient les ruines.

La Route de la soie prendre une importance considérable environ 100 ans avant le début de la dynastie chinoise Han. Cette route, empruntée jusqu'au 15e siècle, a été une voie de communication célèbre pour le commerce, l'économie et la culture.

Le culte du soleil était une pratique commune à de nombreuses cultures existant à cette période.

« Depuis l'Antiquité, toutes les civilisations présentes sur le continent eurasien se sont servies de formes circulaires pour représenter le soleil. Les yourtes mongoles possèdent la même structure que l'autel » explique l'archéologue Wu Xinhua.

La vidéo présente l'intérieur d'une yourte traditionnelle mongole. Wu Xinhua explique que les trois tresses symbolisent le ciel, la lumière et le culte du soleil.

Il a également relevé des similitudes avec le temple du ciel de Pékin, qui se distingue par des étages circulaires se superposant. Si l'on considère désormais que le temple pékinois appartient à la religion taoïste, l'époque à laquelle il a été bâti laisse à penser qu'il faisait à l'origine office de lieu dédié au culte du soleil avant la création du taoïsme.

Le culte du ciel est considéré comme étant l'une des formes de religion les plus anciennes en Chine ; les buttes étaient bien souvent le lieu de cérémonies sophistiquées ainsi que de sacrifices non humains. La vocation exacte de l'autel solaire du Xinjiang n'a cependant pas encore été établie. Le culte du soleil était également une pratique commune aux civilisations d'Afrique et des régions indo-européennes. 

Les archéologues s'apprêtent à poursuivre les excavations de l'autel solaire du Xinjiang afin d'en apprendre davantage sur l'histoire de l'antique Route de la soie.

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