Voyage

Tous à l'eau ! Ces 12 photos capturent les frissons du surf

L'été ne se finit jamais de Malibu à Melbourne, et comme le chantaient les Beach Boys, « everybody's gone surfin' ! » Jeudi, 9 novembre

De Becky Little

Pour une majorité d’Américains dans les années 1960, le surf se résumait à une chanson des Beach Boys, le cadre de comédies romantiques pour adolescents telles que Gidget et Beach Blanket Bingo, et un sport pratiqué par la jeunesse bronzée et musclée au sourire éclatant de Californie.

Pourtant, le surf n’a pas été inventé par des adolescents californiens. Non, c’est dans les îles polynésiennes d’Hawaï qu’il a vu le jour il y a plusieurs siècles. Il est arrivé dans le sud de la Californie en 1907, mais ne s’est popularisé que dans les années 1940.

Depuis, le surf a conquis toute la planète : le Maroc, le Japon, l’Allemagne, l’Islande... Comment un ancien sport polynésien est-il arrivé jusqu’à Hollywood avant de faire le tour du monde ? Selon Peter Westwick et Peter Neushul, auteurs de l’ouvrage The World in Curl: An Unconventional History of Surfing, la culture du surf telle qu’on la connaît aujourd’hui puise ses sources dans la Seconde guerre mondiale.

« Pendant la Seconde guerre mondiale, la Californie est devenu l’un des principaux centres de l’industrie de la défense, » explique Westwick. La région a commencé à produire des matériaux tels que la fibre de verre et du polyuréthane, et rapidement, « des surfeurs qui travaillaient dans l’industrie de la défense ont mis la main sur ces produits et ont commencé à fabriquer des planches avec. »

Avant la guerre, les planches de surfs en Californie était sculptées dans du bois suivant les traditions hawaïennes. Elles mesuraient souvent 4 à 5 mètres de long et pouvaient peser 45 à 68 kilogrammes à sec, et encore plus une fois mouillées.

Ces planches en bois n’étaient le type d’objet que pouvait manipuler n’importe quel adepte de la plage (pardon, Moondoggie). L’avènement de nouveaux matériaux tels que la fibre de verre a permis aux planches de perdre du poids et de réduire leur taille ; les planches de la nouvelle génération ne pesaient plus que 9 à 14 kilogrammes, et mesuraient environ 2 mètres de long.

Parallèlement, alors que les planches de surf devenaient plus simples à manipuler, les adolescents blancs issus de la classe moyenne dans le sud de la Californie avaient plus de temps de loisirs. En effet, ces jeunes n’avaient pas besoin de travailler le weekend pour obtenir un revenu supplémentaire puisque la famille gagnait suffisamment d’argent avec l’industrie de la défense. C’est la combinaison de ces facteurs – des planches plus légères, plus de temps de loisirs et plus d’argent – qui a lancé la culture du surf façon West Coast, la côte Pacifique des États-Unis, représentée dans les films et à la radio.

La légèreté des planches n’était pas suffisante pour faire gagner au surf une popularité d’ordre mondial. Pour cela, les surfeurs avaient besoin de quelque chose pour leur permettre d’aller dans des eaux plus froides.

C’est le moment de se tourner à nouveau vers la Seconde guerre mondiale. Dans les années 1940, la US Navy a conçu des combinaisons spéciales pour garder les plongeurs de l’Underwater Demolition Team au chaud dans les eaux froides. Après la guerre, les surfeurs adoptèrent ces combinaisons pour la pratique de leur sport.

« Avec une combinaison, vous pouvez surfer toute l’année Californie, et [même] à New York ou dans le New Jersey, » commente Westwick.

Equipés de combinaisons de plongée, les surfeurs d’aujourd’hui prennent les vagues dans des eaux où les surfeurs d’avant-guerre n’imaginaient pas mettre les pieds. Hawaï, terre d’origine du surf, n’en reste pas moins le lieu de pèlerinage de nombreux surfeurs sérieux.

Dans le surf, comme dans le reste, les traditions ont de l’importance. « Une grande partie de l’imaginaire romantique [du surf] passe par la Californie, » dit Westwick. « Mais on revient toujours à Hawaï. »