Dominique, cap sur les Antilles méconnues

Accidentée et recouverte d'une épaisse forêt tropicale, "l'île nature", où cohabitent Kalinagos et rastafaris, est sans aucun doute l'une des plus sauvages des Caraïbes.

De Marie-Amélie Carpio
Photographie De Emanuela Ascoli
Même si la Dominique n'est pas connue pour ses plages, il existe quelques étendues de sable ...

Même si la Dominique n'est pas connue pour ses plages, il existe quelques étendues de sable doré presque désertes. Ici, à Calibishie, dans le nord de l'île.

Photographie de Emanuela Ascoli

Champagne Pool n’a pas usurpé son nom. Miroitant dans la lumière de fin de matinée, des myriades de petites bulles de méthane montent en continu et en rangs serrés des rochers mordorés qui tapissent le fond de l’eau, venues des entrailles du plus grand cratère volcanique sous-marin du pays. L’impression de barboter dans du champagne est bien là, avec, luxe supplémentaire, personne ou presque autour de soi, au cœur d’une des zones les plus touristiques de la planète. « Tout le monde nous confond avec la République dominicaine quand on voyage à l’étranger », entendons-nous, la photographe et moi, en guise de fréquent préambule à nos conversations avec les autochtones alors que nous découvrons l’île de la Dominique.

Niché entre la Martinique et la Guadeloupe, ce petit territoire est un secret encore relativement bien gardé des Antilles. Méconnu et peu fréquenté. L’an passé, il a vu défiler 35 000 voyageurs pour 70 000 habitants dans une région du monde où ce ratio est d’ordinaire inversé. Saint-Martin, où nous avons fait escale depuis Paris avant un dernier saut de puce jusqu’à la Dominique, affichait 80 000 habitants pour 350 000 voyageurs au compteur sur la même période. La Dominique, ou les Caraïbes sans le tourisme de masse. Du moins une version particulière de celles-ci. Ici, peu de grandes plages de sable blanc. La plupart ne sont que des virgules ponctuant un littoral tout en falaises et en escarpements. L’île connaît depuis longtemps une trajectoire à part. Lors de son deuxième voyage en Amérique, elle fut la première terre que Christophe Colomb rencontra après sa traversée de l’Atlantique, le 3 novembre 1493. Un dimanche en l’occurence, d’où le nom dont il baptisa le territoire. Mais les caravelles se contentèrent de passer leur chemin, rebutées par son rivage abrupt, lui préférant un mouillage plus engageant à Marie-Galante, sa voisine la plus proche. Lors de son retour à la cour d’Espagne, le navigateur, désireux de donner au roi Ferdinand et à la reine Isabelle une idée de l’apparence de l’île, froissa simplement une feuille de papier qu’il jeta au milieu d’une table.

Le destin de la Dominique tient à ce rendez-vous manqué. Ses reliefs quasi impénétrables lui ont valu des siècles d’isolement relatif, une colonisation tardive et une urbanisation minimale. Autoproclamé « l’île nature », le pays est largement resté dans son jus luxuriant et accidenté. En voiture, la géographie nous oblige à d’incessants détours sur une poignée de routes en lacets. La présence humaine reste ténue, dispersée dans des villages au creux de vallées noyées sous une épaisse forêt et dans quelques villes côtières. Les Amérindiens avaient nommé l’île « Wai’tu kubuli », « Son corps est grand ».

Après le passage de l’ouragan Maria, il y a deux ans, elle tenait plutôt du grand corps malade. Les stigmates de l’ouragan sont encore là, qui composent un paysage en convalescence : une canopée plus clairsemée qu’à l’ordinaire, des moignons de cocotiers et des troncs d’arbres décapités, que des lianes et des plantes grimpantes recouvrent comme un suaire. Difficile toutefois d’imaginer dans le luxuriant camaïeu de vert qui s’étale sous nos yeux l’ampleur de la dévastation passée.

L’île pratique la résilience à haute dose, comme nous l’explique notre guide, Marvin Philbert, chaussures bateau aux pieds et longues dreadlocks ramenées en chignon sur la nuque. « Dans la forêt tropicale, la canopée n’est jamais vraiment aussi dense qu’elle pourrait l’être. Chaque année, nous avons des tempêtes qui rasent la cime des arbres. »

Il nous conduit au-dessus de celle-ci, sur les hauteurs de la Dominique, à Freshwater Lake. En l’espace de quelques dizaines de kilomètres depuis la côte ouest, les paysages valsent. Les épineux du littoral font place aux manguiers et bananiers de la forêt saisonnière, auxquels succèdent les géants de la forêt pluviale, puis, plus haut encore, la végétation rabougrie des lignes de crête. « Au bord du lac, il fait toujours agréablement frais. C’est l’endroit qui reçoit le plus de précipitations. On l’appelle la petite Angleterre », dit Marvin.

Autour du lac serpente l’une des quatorze sections du Waitukubuli Trail, près de 200 kilomètres de sentiers pédestres qui ceinturent l’île, soit le plus long GR des Caraïbes. Surtout fréquenté par les touristes. « Randonner n’intéresse pas beaucoup la population. On se fait une autre idée des vacances : on fait la fête. Le dimanche après l’église, on vient pique-niquer au bord du lac ou à la plage avec une glacière et des bières. Ou on fait des petites promenades. »

Nous adoptons le tempo local, avec une courte section du Trail, une balade d’une heure et demie sur le chemin de crête autour de l’étendue d’eau. Jonché de marches en bois ou en racines de fougères, dont la rugosité prévient tout risque de glissade, il compose un escalier sans fin qui monte et descend en pente raide. À défaut de bière, nous sommes abreuvées d’informations par Marvin. « Le Lycopodium cernuum permet d’arrêter le saignement en cas de coupure, dit-il en pointant une plante qui ressemble à du corail, avant d’attirer notre attention sur les petites feuilles roses d’une jeune pousse de fougère. La moitié des espèces ont des jeunes feuilles de couleur rouge, rose ou orange, comme si elles étaient toxiques, pour effrayer les animaux et les empêcher de les manger. Dans les Caraïbes occidentales, elles contiennent encore du poison, mais plus ici, elles ont fini par le perdre, car elles n’avaient  plus besoin de tels mécanismes de défense étant donné le peu d’animaux, surtout des agoutis et des criquets. » Et d’enchaîner en pointant une orchidée de David, surnommée ainsi car on suppose que les vents de l’ouragan David l’ont apportée sur l’île.

La leçon de botanique se poursuit après quelques kilomètres en voiture, aux Trafalgar Falls. Le long d’un sentier jalonné de châtaigniers et de gommiers, Marvin nous fait découvrir un bégonia sauvage dont les feuilles ont un délicieux goût de pomme verte. Des petits ruisseaux se font et se défont jusqu’aux chutes : deux cascades monumentales qui se jettent dans un éboulis de roches.

« Avant 2015, nous précise-t-il, il y avait des bassins d’eau chaude à leurs pieds, mais Maria les a ensevelis .» Ces spas naturels, très populaires, abondent sur l’île, témoignages de l’intensité de l’activité volcanique. Après notre matinée de marche, nous profitons de l’un d’eux, Ti Kwen Glo Cho. Deux sources naturelles y ont été aménagées en bassins, au milieu d’un jardin en fleurs. Nous nous délassons dans la plus tiède, avant un bref passage dans la plus chaude, une eau quasi brûlante où seul notre guide s’attarde.

Marvin, notre guide profite de l'un des nombreux Sulphur Spa que compte l'île : celui de Ti Kwen Glo Cho.

Photographie de Emanuela Ascoli

Marvin est l'un des membres de la communauté rasta, florissante sur l’île, où elle représente près de 20 % de la population. Sa géographie accidentée a valu au pays de jouer les refuges itératifs au cours de l’histoire: dernier bastion des Indiens kalinagos, il a aussi été une base de repli pour les marrons, les esclaves en fuite. Avant d’attirer, dans la deuxième moitié du XXe siècle, des mouvements contestataires en quête de sociétés alternatives, hippies et rastas, sur fond de quête identitaire alors que la Dominique, longtemps colonie anglaise, avait obtenu son indépendance.

Installé dans une vallée du nord-est de l’île, Moses James est l’un des représentants les plus célèbres des rastafaris. Silhouette sèche et musclée enveloppée dans un châle de laine violet, le visage encadré de longues dreadlocks poivre et sel, cet herboriste réputé vend ses plantes médicinales dans toute l’île et dispense son savoir aux voyageurs de passage. « Tout mon jardin est là », nous dit-il en désignant une table sur la terrasse de sa cabane, alors qu’une averse engloutit le panorama verdoyant de la vallée sous une grisaille liquide, nous interdisant l’accès au dit jardin.

La table déborde d’un assortiment de plantes dont il égrène les propriétés, du « thé pays », contre la fièvre et les indigestions, à la « feuille de vie », destinée aux problèmes de peau. « Nous sommes une nation. Nous avons un but : l’autosuffisance et la liberté. Nous vivons dans la nature, par la nature. Certains d’entre nous regardent vers l’Éthiopie (la Terre promise pour les rastas, NDLR). Mais la Dominique est un endroit agréable où vivre. Tout est là, qui pousse sous nos pieds », nous explique-t-il en noyant ses paroles dans les fumées de marijuana, tandis que son chat, Cannabis, divague entre nos jambes. Comme d’autres, il a quitté la capitale, Roseau, il y a une quarantaine d’années pour venir s’installer dans les terres. « En ville, tu es un esclave du système. Le temps de l’exode était venu pour nous, de Babylone aux montagnes de Sion », dit-il, la main sur une Bible. Le temps, aussi, des persécutions. Celles-ci avaient un nom, le Dread Act, vôté en 1974, en réaction à certains rastas radicalisés, qui attaquèrent des étrangers et des fermiers locaux. Une loi scélérate qui interdisait le port des dreadlocks et autorisait à abattre tout homme les arborant s’il était vu dans une propriété privée. Moses a gardé de la période une démarche claudiquante, héritée d’une balle reçue à la jambe.

Dans l’île, ces pages sombres sont définitivement tournées. Aujourd’hui, les rastafaris sont pleinement intégrés. Leurs dreadlocks coiffent désormais magistrats, avocats et hommes politiques, sans parler de la réappropriation de leurs symboles, à l’image de la compagnie de taxis Yeahman, qui a transformé en marque leur célèbre interjection. Quant à leur proximité avec la nature, ils l’ont en partage avec une grande partie des habitants. Les villageois vivent toujours de l’agriculture. Même ceux qui ont un emploi en ville le combinent souvent à l’entretien d’un petit lopin de terre. Il n’est pas jusqu’aux ministres qui n’aient le leur, fidèles à la devise du blason qui orne le drapeau du pays, « Après Bondie, c’est LaTer » (« Après le Bon Dieu, c’est la terre »).

Moses James est l'un des plus célèbres représentants des rastafaris, communauté florissante qui représente 20% de la population de l'île. Herboriste réputé, il vend ses plantes et dispense son savoir aux voyageurs de passage.

Photographie de Emanuela Ascoli

Le lendemain, nous filons vers le sud de l’île, jusqu’à l’Indian River. Des 365 rivières que compte la Dominique, c’est la seule à être praticable en bateau. Nous prenons place dans l’une des petites barques qui la sillonnent pour un nouveau changement de décor : des marécages bordés de roseaux ouvrent la marche, dont les bords sablonneux sont arpentés par des crabes blancs et un héron bleu.

Alors que nous nous enfonçons sur la rivière, ses berges deviennent boisées, des fleurs d’hibiscus jetant des taches rouge vif sur le vert uniforme du panorama. Avant l’ouragan Maria, les branches des arbres formaient des arches qui surplombaient l’eau. Le charme des lieux leur avait valu de figurer, comme d’autre sites de la Dominique, dans l’un des films de la franchise « Pirates des Caraïbes ».

À défaut de visiter l’ancien repaire de la sorcière Calypso, dont seuls les restes d’un petit ponton en bois et quelques planches éparses marquent l’emplacement, nous faisons un stop au Bushbar, à la limite de la partie navigable de la rivière. Un crâne posé sur un tonneau et des sièges sculptés dans des troncs d’arbres y accueillent les clients. Derrière le bar, le rhum se décline maison, dans une multitude de bouteilles en verre, infusé aux fruits de la passion, à la noix de coco, au citron vert, à la menthe poivrée... Nous optons pour un Dynamite, un punch aux fruits rouges à la saveur liquoreuse, douce et sucrée. Avant de tester une gorgée du bien nommé punch Bob Marley, infusé à la marijuana, dont le goût disparaît dans la chaleur de l’alcool, qui enflamme la bouche comme une eau-de-vie.

La rivière doit son nom à l’ancienneté de la présence indienne sur ses rives. Avec une population de 5 000 Kalinagos, la Dominique abrite la dernière communauté amérindienne organisée des Antilles. Trois mille d’entre eux habitent un territoire autonome dans le nord-est de l’île, une succession de vallées encaissées se jetant dans la mer. Teint cuivré, polo blanc et collier traditionnel de graines rouges autour du cou, Prosper Paris, guide et conteur, nous y accueille dans le Kalinago Barana Aute, reconstitution d’un village traditionnel.

Sur l’un des murs du centre d’information, une carte des îles des Petites Antilles baptisées de noms kalinagos rappelle que les Indiens ont occupé toute la région, où ils prirent pied cent ans avant l’arrivée de Christophe Colomb, en s’imposant sur d’autres populations venues comme eux, mais des siècles plus tôt, des côtes vénézuéliennes. Ils finirent par se retrancher sur la Dominique, dont la géographie, jointe à leur féroce réputation, préserva un temps l’île des convoitises des Européens, au point qu’Anglais et Français convinrent de la déclarer neutre et de la laisser aux Indiens à la fi n du XVIIe siècle. Un vœu pieux qui ne tint que quelques années.

Le Barana Aute a pour vocation de rappeler l’histoire et la culture kalinago, des danses anciennes à l’artisanat traditionnel, non seulement aux touristes, mais aux Indiens eux-mêmes. Car au jeu de l’intégration au monde moderne, les Kalinagos ont presque trop bien réussi. « La communauté du territoire est pauvre, mais à l’extérieur de celui-ci, les Kalinagos ont le taux de diplômés de l’université le plus élevé de Dominique. Or, ils ont oublié ce qui faisait leur identité, la langue, la médecine et la cuisine traditionnelles... C’est pourquoi nous avons créé ce village », explique Prosper.

Après un stop dans une petite cahute en bord de route, typique des commerces locaux, bâche USAID en guise de toit et pancarte «Life is short, no credit» en avertissement, où nous avalons un poulet au barbecue, nous rencontrons Gérard Langlais, le dernier chaman de la communauté.

« J’essaie d’enseigner à un petit groupe de gens notre spiritualité. Tout est connecté, nous faisons partie du même cercle. Nos grands-parents ne savaient pas écrire, mais ils pouvaient lire comme personne les étoiles et les nuages, et se soigner grâce aux plantes, explique-t-il d’une voix douce, avant d’évoquer les cérémonies de la fumée, dont il maintient encore la tradition.

Nous y vénérons le feu et lui faisons des offrandes. Nous questionnons la fumée, et quand elle s’élève dans le ciel, les réponses viennent en retour. »

Nord-est de l'île, territoire autonome des Kalinagos. Une succession de vallées encaissées où vivent encore 3 000 amérindiens.

Photographie de Emanuela Ascoli

« La Dominique est un bouillon, une soupe.Il y a une vraie dialectique d’influences culturelles ici », résume l’auteur-compositeur Gregory Rabess, dans l’Old Mill Cultural Center, au nord de Roseau. Il y a eu des combats identitaires multiples dans les années 1970. Les rastas et les tenants du Black Power se sont davantage concentrés sur la part africaine du pays, les Kalinagos sur la part indienne, et les autres habitants plutôt sur la part créole, qui s’affirmait alors dans toutes les Antilles. Notre nation est encore en construction, mais nous avons fédéré une identité qui se reflète notamment dans la langue. » Si l’anglais est la langue officielle, l’île compte nombre de locuteurs créoles, et une toponymie très marquée par le français : morne Diablotins, Grande Baie, Grande Anse, Roseau...

C’est que l’histoire en a fait la plus francophile des Caraïbes anglophones. Ce sont des paysans pauvres de Guadeloupe et de Martinique qui ouvrirent la marche de la colonisation. L’île ne resta que quelques décennies entre les mains des Français, avant de tomber entre celles des Britanniques. Néanmoins, « on ne peut pas juger de leur influence respective en fonction des simples dates d’occupation », insiste Lennox Honneychurch, le principal historien de l’île, que nous rencontrons à Portsmouth, l’ancienne capitale anglaise, dans le vieux fort de la ville, restauré et ouvert au tourisme. Quand les Britanniques ont pris la Dominique, ils voulaient que la population française reste, car elle était déjà là et qu’ils n’avaient pas assez de volontaires anglais. Ils en étaient les administrateurs, mais la culture française a pu se répandre.
La force de l’église catholique romaine en témoigne (aujourd’hui encore, plus de 80 % des Dominicains sont catholiques). Tout comme la place du créole, revigoré par les immigrés haïtiens. »

Autre singularité, ces populations francophones étaient surtout des mulâtres ou des esclaves affranchis, peu de Blancs étant candidats à l’installation sur cette île impropre au développement de grandes plantations. Au début du XIXe siècle, la Dominique comptait ainsi le plus grand pourcentage de gens de couleur libres de toutes les Caraïbes. « L’histoire de l’île ressemble aux poupées russes. D’abord les Blancs ont laissé le pouvoir aux mulâtres, puis dans les années 1970, dans le sillage du Black Power et des rastafaris, ils furent accusés d’être trop européens et remplacés par une nouvelle élite, issue des classes populaires. » La culture a alors été revisitée avec des références africaines. Un mouvement perceptible en particulier dans les arts, avec l’essor de genres comme la cadence et le zouk, et jusque dans la liturgie. Plus que l’orgue, les sons des basses, batteries et tambours rythment la messe dans l’île.

Le calendrier catholique impose toujours son tempo. Cela nous saute aux yeux alors que nous pénétrons dans Roseau, la capitale. Un paquebot y squatte tout un pan du front de mer, silhouette au gigantisme incongru au milieu de la collection de petites bâtisses aux couleurs pastel qui composent la ville. Alors que nous nous installons dans le bar Ruins, attirées par de la musique reggae, Fya Bryte fait un dernier rappel, tandis que ses deux musiciens remballent déjà leur matériel. Les touristes venus à la journée rembarquent, et les concerts s’achèvent avec leur départ. Il n’est que 17 heures, mais l’ambiance retombe et la ville semble saisie d’une sou- daine torpeur. C’est qu’en cette fin de mois de mars, nous tombons en pleine période de carême, nous  explique-t-on. Un temps où les plaisirs se font plus discrets, où l’on s’amuse avec moins de bruit. Il y a bien quelques exceptions. Le soir, au Rendezvous, les sessions de karaoké s’enchaînent, agrémentées de rhum arrangé. Nous nous attardons, impressionnées par le niveau général des clients, dont certains sont membres de chorales. Rihanna, Ed Sheeran, Boys II Men... tout le monde chante, y compris Emanuela, qui se joint au chœur des habitués quand Bob Marley retentit. Même en plein carême, l’artiste met tout le monde d’accord.

 

Cet article a été publié dans le magazine National Geographic Traveler n° 16, daté de octobre-novembre-décembre 2019.

 

Lire la suite