Pourquoi l’Arménie devient une destination rêvée des amateurs d’aventure
Grâce aux améliorations apportées en continu au Sentier transcaucasien, c’est à pied que l’on découvre le mieux la beauté naturelle et la riche histoire culturelle du pays.

Depuis 2017, le Sentier transcaucasien relie le lac Parz, dans le Parc national de Dilidjan, à la ville thermale de Dilidjan à l’ouest.
Depuis 2017, le Sentier transcaucasien relie le lac Parz, dans le Parc national de Dilidjan, à la ville thermale de Dilidjan à l’ouest.
Des sommets volcaniques. Des auberges datant de l’époque de la route de la Soie. Du fromage fait maison et de l’eau-de-vie d’abricot après une journée de randonnée. Tout cela attend les visiteurs du tronçon arménien du Sentier transcaucasien (TCT), qui s’étire sur plus de 800 kilomètres de Meghri, à la frontière sud du pays, au Parc national du lac Arpi, au nord, et se faufile à travers des forêts de chênes, des gorges fluviales encaissées et des villages de montagne reculés.
Construit en grande partie par des bénévoles dès 2016, le TCT relie des sentiers historiques et des itinéraires empruntés par des bergers à travers le Caucase. Une fois achevé, dans les années 2030, le sentier filera sur 3 000 kilomètres à travers l’Arménie, la Géorgie et l’Azerbaïdjan. Le déploiement en 2027 de nouvelles cartes, d'une signalétique renforcée et de services de trekking élargis rendra l'exploration du sentier plus accessible que jamais. En dépit de ces aménagements, de nombreux tronçons du sentier ne sont pratiqués que par une poignée de randonneurs, de quoi s’aventurer dans des paysages spectaculaires et dans des communautés reculées loin des foules.
QUAND S'Y RENDRE ?
La fin du printemps et le début de l’automne offrent généralement les températures les plus douces et les meilleures conditions de randonnée, bien que la météo varie selon les régions. Au printemps, les versants des montagnes se parent de fleurs sauvages aux couleurs vives et d’herbes odorantes. De la mi-septembre à la mi-octobre, les forêts du Parc national de Dilidjan et les collines de la province du Syunik se couvrent de nuances chatoyantes d’or et de pourpre. Plusieurs festivals culturels coïncident avec l’apparition de conditions de randonnée optimales, comme le Sheep Shearing Festival (le Festival de la tonte des moutons), dans le sud du Syunik, au mois de juin, et le Festival œnologique d’Areni dans la province peu peuplée de Vayots Dzor, dans le sud-est du pays, au mois d’octobre.
La météo peut cependant changer de manière drastique. Le Gegham et ses hauteurs sont bloqués par la neige d’octobre à juin, ce qui fait de juillet et d’août les seuls mois fiables pour traverser cette chaîne de montagne. Certaines des régions les moins en altitude, comme les forêts du Parc national d’Arevik et les canyons et cols de montagne de la province de Vayots Dzor, subissent des chaleurs extrêmes en juillet et en août, tandis que dans les régions d’altitude le mercure peut passer sous les 0°C, même l’été.
QU'Y FAIRE ?
Partez randonner : Voyager sur le TCT, c’est voir se mêler les paysages spectaculaires de l’Arménie et une histoire façonnée par d’anciens royaumes, par le christianisme primitif, par les Empires perse et ottoman et par l’époque soviétique. Que l’on décide de parcourir le sentier dans sa totalité, de parcourir un tronçon sur plusieurs jours ou de partir en excursion pour une journée, on ne manquera pas d’expériences culinaires, culturelles et historiques pour récompenser les longues journées de marche.
Visitez la forteresse de Meghri et le monastère Tatev : En partant du sud, le sentier traverse les canyons profonds et les cols de montagne du Syunik, où l’on peut explorer des sites remarquables, comme la forteresse de Meghri, au sommet d’une colline, et le monastère Tatev, qui date du 9e siècle et se dresse majestueusement au-dessus des gorges du Vorotan;
Dégustez vin et fromage : Le tronçon septentrional du sentier serpente à travers les vignobles et les falaises couleur de rouille du Vayots Dzor, l’une des plus anciennes régions viticoles du monde. Faites halte dans les domaines vinicoles en bordure de sentier ; visitez Areni-1 Cave, où se trouve un site de vinification vieux de 6 000 ans ; et passez la nuit dans une maison d’hôtes familiale, comme Old Martiros, où les visiteurs peuvent fabriquer du fromage affiné en grotte, préparer des soupes aux herbes et échanger des histoires autour d’une eau-de-vie à l’abricot sous des noyers.
Explorez les paysages : Plus au nord, le Gegham ouvre sur un plateau volcanique parsemé de lacs de cratère et de prés alpins. Les alpinistes peuvent faire l’ascension de l’Ajdahak (point culminant de la chaîne avec ses 3 597 mètres), se mettre en quête de pétroglyphes et croiser des bergers yézidis pratiquant l’élevage pastoral. Le sentier redescend ensuite vers les paysages frais et verdoyants de Dilidjan et du Lorri, où des monastères médiévaux, reliques de l’héritage chrétien primitif en Arménie, se nichent dans les forêts de chênes et de hêtres.
SE DÉPLACER
Le moyen que vous choisissez pour atteindre le TCT dépend de la section du sentier que vous souhaitez parcourir. La plupart sont accessibles en bus ou en voiture depuis Erevan, la capitale arménienne. Cependant, certaines régions, dont le Lorri et le Tavush, sont plus proches de la Géorgie. Si vous prévoyez de parcourir la totalité du sentier du sud au nord, un minibus assure chaque jour la liaison entre Erevan et le point de départ méridional à Meghri.
Une fois là-bas, il n’y a qu’une façon de se déplacer : à pied. Des cartes numériques actualisées facilitent désormais l’orientation sur les sentiers, tandis que de nouveaux services de randonnée mettent les futurs randonneurs en contact avec des guides spécialisés qui peuvent les aider à planifier leur itinéraire, à organiser le transfert des bagages et à réserver les hébergements, le transport et des expériences culturelles.
Alicia Erickson est autrice et photojournaliste et couvre des sujets allant du tourisme responsable à la dimension humaine des conflits en passant par les activités de plein air et les traditions culinaires en s’intéressant particulièrement au nord-ouest des États-Unis et à l’Afrique subsaharienne.
Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com et dans le magazine National Geographic Traveller (UK) en langue anglaise, dans le cadre de la campagne Best of the World 2026.
