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Le Taj Mahal, mausolée de l’amour disparu

Le Taj Mahal, emblème de l'amour perdu devenu emblême de l’Inde, marque invariablement les esprits de ses visiteurs.

De Keith Bellows
Publication 21 juin 2021 à 12:55 CEST
Une jeune fille contemple les bassins qui parcourent les jardins face au dôme de marbre du ...

Une jeune fille contemple les bassins qui parcourent les jardins face au dôme de marbre du Taj Mahal.

Photographie de Tarzan9280, istock via Getty images

« Le Taj Mahal affiche trois visages », déclare Nicholas Wapshott, écrivain et journaliste britannique. « Au petit matin, il flotte dans la brume, comme s’il était posé sur des nuages, tel un édifice paradisiaque. En milieu de journée, la chaleur est étouffante et il est bondé. Le Taj Mahal paraît plat. En soirée, si vous avez la chance que ce soit la pleine Lune, l’édifice de marbre blanc brille et scintille. Une fois que les enfants découvrent le Taj Mahal, ils observent la configuration des bâtiments en fonction de l’heure de la journée. À partir de ce moment-là, leur façon de contempler les bâtiments changera à tout jamais. »

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et l’une des sept nouvelles merveilles du monde : le Taj Mahal est l’icône de l’Inde.

Olivier, 21 ans, le fils de M. Wapshott, a entendu parler du Taj Mahal lorsqu’il était enfant. Lorsque sa mère, Louise Nicholson, auteure et spécialiste de l’Inde, est rentrée à Londres après plusieurs voyages en Inde, elle lui a montré des photos et raconté des anecdotes.

« À partir du moment où il a su parler, il l’a toujours appelé “Haj Matal” et il le dessinait à l’école, alors que les monuments préférés des autres élèves étaient Buckingham Palace ou Big Ben », raconte sa mère.

Olivier a réalisé son rêve de visiter le Taj Mahal lorsqu’il avait sept ans, par une chaude journée d’avril lors d’un voyage avec ses parents et son frère.

« Souvent, la visite des monuments est décevante mais le Taj Mahal a été à a hauteur de mes attentes, voire au-delà », assure M. Wapshott. « On sentait que l’esprit du bâtiment était toujours vivant, comme si l’intention initiale du bâtiment – symbole d’amour – était toujours présente. »

 

L’HISTOIRE D’AMOUR DERRIÈRE LE TAJ MAHAL

En 1628, Shâh Jahân devint le chef de l’Empire mongol. Son épouse favorite était Mumtâz Mahal, qui signifie « merveille du palais ». Elle l’accompagnait fidèlement dans tous ses voyages. En 1631, alors qu’elle suivait l’empereur au cours d’une campagne militaire qui visait à étendre l’empire dans le sud de l’Inde, elle mourut en couches à Burhanpur après avoir donné naissance à son treizième enfant.

Inconsolable, Shâh Jahân entama son deuil et se lança dans la création d’un monument en hommage à leur amour. Cette même année, la construction du Taj Mahal fut lancée. Des matériaux en provenance de plusieurs régions d’Inde, d’Asie centrale et du Moyen-Orient furent apportés à Agra. Des milliers d’ouvriers œuvrèrent pendant plus de vingt ans avant l’achèvement de la structure.

« L’un des aspects les plus magiques du Taj Mahal, dont peu de visiteurs profitent, c’est sa vue depuis l’autre rive », explique Divay Gupta, directeur des programmes pour la Indian National Trust for Art and Cultural Heritage. Par exemple, au Fort d’Agra, les visiteurs pourront apprécier une vue du Taj Mahal depuis l’autre rive de la Yamuna, exactement comme l’a fait Shâh Jahân les dernières années de sa vie, après avoir été renversé par son fils et emprisonné là-bas.

Pour accéder au complexe que forme le Taj Mahal, les visiteurs doivent passer un contrôle de sécurité. Ne prenez rien d’autre que de l’argent liquide pour payer vos billets ainsi que votre appareil photo. Après avoir rejoint la porte d’entrée, le monument fait son apparition pour la première fois. De larges sentiers mènent vers la plateforme surélevée située au milieu des jardins, puis jusqu’au mausolée.

M. Gupta conseille de faire un détour afin de montrer le bâtiment aux enfants sous différentes perspectives. « Déambulez dans le jardin. Il offre des vues très intéressantes sur le Taj. La vue actuelle dégagée et les pelouses sont une invention des Britanniques. De base, c'était une région dense et boisée », indique-t-il.

Rebecca Sullivan, d’origine australienne, a vécu à Mumbai avec sa famille de 2009 à 2011. Elle explique que ses filles adoraient parcourir le site. Elle conseille de laisser les enfants prendre leurs propres photos.

« S’ils ont un appareil photo numérique, les enfants peuvent facilement capturer leur obsession apparente pour l’aspect symétrique du Taj. Ils peuvent également immortaliser l’image emblématique du Taj qui se reflète dans l’eau des bassins. » Les filles de Rebecca ont été impressionnées par l’ampleur du mausolée et par la sensation du marbre et des pierres incrustées. Emma, 8 ans, assure qu’elle se souvient tout particulièrement « des boîtes spéciales où ils ont été enterrés ensemble pour toujours ».

Au sein du complexe parfaitement symétrique que forme le Taj Mahal, les tombeaux sont les seuls éléments asymétriques. La sépulture de Mumtâz Mahal se trouve au centre du mausolée. En 1666, lorsque Shâh Jahân est mort, son tombeau a été placé à la droite de celui de sa femme. « Lorsque nous avons vu le tombeau, tout le monde est resté silencieux », se remémore Oliver. « Bien qu’il s’agisse d’un site touristique, on ressent tout le caractère religieux du lieu. »

 

À SAVOIR AVANT LA VISITE :

  • L’acoustique dans le dôme principal, qui s’élève à plus de 73 mètres, peut faire résonner cinq fois la note d’une flûte ;
  • La conception et la décoration méticuleuses du Taj Mahal ont nécessité 22 ans de travail et 20 000 ouvriers ; Plus de 1 000 éléphants ont été réquisitionnés pour transporter les matériaux de construction ;
  • En 1648, Shâh Jahân a décrété la capitale de l’Empire mongol à Delhi ;
  • Malgré sa dévotion pour Mumtâz Mahal, il ne s’est probablement pas rendu une seconde fois au Taj Mahal. Il ne l’a vu que depuis sa prison au Fort d’Agra, après l’usurpation du trône par son fils, Aurangzeb.

Extrait de 100 Places That Can Change Your Child's Life (100 lieux qui peuvent changer la vie de votre enfant) de Keith Bellows.

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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