Pétra, la cité perdue aux mille visages

Il y a des milliers d'années, Pétra prospérait au sud de l'actuelle Jordanie.

Sculptée à-même la roche rouge et vibrante des falaises, la cité jordanienne de Pétra a échappé au regard du monde occidental pendant des centaines d'années.

Située au milieu des montagnes du désert, dans l'actuel sud-ouest du Royaume hachémite de Jordanie, Pétra était autrefois une ville prospère, capitale de l'empire nabatéen entre 400 et 106 av. J.-C.

La cité est restée à l'état de vestiges pendant des siècles. Ce n'est qu'au début du 19e siècle qu'au cours d'un voyage un Européen s'est déguisé en bédouin pour se faufiler dans la mystérieuse ville antique.

En 1985, le parc archéologique de Pétra a été ajouté à la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, et en 2007 il a été ajouté à celle des sept nouvelles merveilles du monde.

 

FAITS ET FICTION

Plusieurs scènes du film Indiana Jones et la dernière croisade ont été tournées à Pétra. Le canyon en forme de croissant de lune construit pour les besoins du film a été modelé d'après le canyon Siq menant à Al Khazneh (au Trésor) d'une hauteur de 76 mètres à l'entrée est de Pétra.

Dans le climax du film, Harrisson Ford et Sean Connery s'écartent du Siq pour pénétrer dans les labyrinthes du Trésor et trouver le Sain Graal. En réalité, le Trésor n'est qu'une façade donnant sur une pièce relativement petite, autrefois usitée comme tombeau royal.

« On ne peut pas dire qu'Indiana Jones soit criant de vraisemblance, » explique Ronny Reich, archéologue à l'université de Haifa. 

Une urne géante surplombant l'entrée du Trésor est criblée d'impacts de balles suite à plusieurs échanges de tirs entre des pillards et des hommes voulant protéger la cité.

Si aucun trésor ne se trouve à Pétra, des douzaines de tombes et d'éléments sculptés ont été mis au jour sur les sites archéologiques de la ville.

HISTOIRE

Avant l'invasion et l'intégration de la région à l'Empire romain, les Nabatéens contrôlaient le vaste territoire s'étendant de l'actuelle Jordanie à la péninsule arabique. Les vestiges montrent l'ingéniosité de leurs réseaux hydrauliques, de transports, de stockage et d'irrigation. Les Nabatéens ont occupé Pétra jusqu'en 312 av. J.-C.

Zeidoun Al-Muheisen, archéologue à l'université jordanienne de Yarmouk, conduit les excavations à Pétra depuis 1979 et s'est spécialisé dans la période nabatéenne. Il explique que personne n'a encore trouvé de preuve archéologique de la présence de Nabatéens avant le 4e siècle av. J.-C. Seuls des artefacts datant des 1er et 2e siècles avant notre ère ont à ce jour été retrouvés.

Mais de nombreux indices sur la période et les habitants de la région restent encore à découvrir. D'après Zeidoun Al-Muheisen « seuls 15 % de la cité a été fouillée. La plus grande partie du site est restée intacte. » 

De nombreux rouleaux rédigés en grec ancien et datant de la période byzantine ont été excavés près du Temple aux lions ailés en 1993. Ils ont été transportés pour analyse au Centre de recherches orientales américain à Amman, capitale jordanienne. Les chercheurs espèrent percer les mystères de cette magnifique cité grâce à ces écrits.

Quand Rome a officiellement pris possession de Pétra en 106 avant notre ère, son importance dans le commerce régional a diminué. Les tremblements de terre et le développement du commerce maritime qui s'ensuivent précipitent la chute de la cité. Les experts estiment que Pétra est tombée dans l'oubli dans les années 700.

Les visiteurs peuvent aujourd'hui venir admirer les styles architecturaux nabatéens et gréco-romains à la richesse exceptionnelle. Les tombes de la cité sont toujours visibles, mais ont depuis longtemps été pillées et les trésors et indices qu'elles contenaient sont perdus.

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