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Plongée dans les souterrains secrets d'Europe

Partez à la découverte des souterrains secrets d'Europe, des catacombes romaines au palais englouti d’Istanbul.

Publication 5 oct. 2021, 14:36 CEST
La Citerne-Basilique d’Istanbul contenait autrefois quelque 66 000 mètres cubes d’eau.

La Citerne-Basilique d’Istanbul contenait autrefois quelque 66 000 mètres cubes d’eau.

Photographie de Paul Spierenburg, laif/Redux

À travers son histoire multimillénaire, l’Europe a vu les empires se bâtir en se superposant les uns aux autres. C’est précisément pour cette raison que les souterrains du continent valent le coup d’être explorés ; ces villes enfouies, ces cachettes et ces tombeaux en bon état de conservation sont la garantie d’un voyage captivant dans le passé.

Loin des yeux, et donc loin des mémoires, les plus anciens de ces monuments ont en partie été perdus pendant des siècles avant d’être redécouverts par accident. En plein XXe siècle encore, des bergers, des paysans et des chasseurs espagnols ou français découvraient des abris sous roche datant de l’âge de glace et de l’époque néandertalienne. On dit que la Citerne-Basilique d’Istanbul, bâtie dans les jeunes années de l’Empire romain puis tombée aux oubliettes, fut redécouverte mille ans plus tard quand un universitaire en visite dans la ville apprit que les habitants du coin arrivaient à puiser de l’eau et à pêcher du poisson à travers leur plancher. Que vous vous trouviez devant l’entrée d’un bunker militaire ou d’une mine chargée d’histoire, vous aurez envie de descendre sous terre.

 

CATACOMBES ET CRYPTES ROMAINES

Sous les rues animées de Rome se déploie un labyrinthe macabre formé de galeries funéraires qui font partie des plus longues et des plus anciennes du monde. Ces hypogées révèlent les pratiques funéraires des chrétiens et des juifs qui habitaient la ville au premier siècle. Certaines sections de ces catacombes interminables demeurent relativement inexplorées et, selon les experts, ces dernières renferment bien plus de galeries encore. Seules certaines sont ouvertes à la visite : les entrées les plus populaires mènent aux anciennes catacombes de Domitille, aux fresques murales des catacombes de Priscille, et à la crypte des Capucins, ossuaire dont les parois ornées d’ossements contiennent les squelettes momifiés de plus de 4 000 moines.

Des visiteurs admirent une fresque restaurée dans les catacombes de Domitille, à Rome.

Photographie de Andreas Solaro, AFP/Getty Images

DANS LA VILLE QUI A INVENTÉ LE PILSNER

Sous la surface de la ville qui nous a donné la bière Pilsner, une succession de tunnels, de coursives et de puits frisquets du XIIIe siècle servent de réfrigérateurs souterrains et de caves. Dans la ville de Pilsen, à une heure de route de Prague, on peut déambuler dans ces tunnels restaurés qui servaient de garde-manger, de puits et de fortifications secrètes au Moyen-Âge. Les visites du Souterrain historique de Pilsen se terminent par une dégustation de bière dans la brasserie du musée. Na zdraví !

 

FLÂNEZ DANS UNE VILLE DE SEL

À la mine de Berchtesgaden, gisement de sel situé au cœur des Alpes bavaroises, non loin de la frontière autrichienne, cela fait plus de cinq siècles qu’on extrait des cristaux qui furent d’ailleurs un jour aussi précieux que l’or. Les visites guidées nous font plonger à 650 mètres de profondeur pour comprendre l’importance historique et culturelle du sel dans la région et incluent notamment la traversée d’une grotte de sel tortueuse, un tour en wagonnet, deux longues glissades en toboggan dans des cavernes souterraines, et un bref trajet en bateau sur la Spiegelsee, lac salin souterrain.

La mine de sel de Berchtesgaden est exploitée depuis 500 ans.

Photographie de Naftali Hilger, laif/Redux

UNE CITÉ SOUTERRAINE DANS LA SOMME

Au 12e siècle, avant de devenir une ville souterraine à part entière, Naours était une carrière de craie. À son apogée au 17e siècle, elle abritait quelque 3 000 personnes. Abandonnés pendant plus d’un siècle et redécouverts juste avant la Première Guerre mondiale, les tunnels abritaient des centaines de pièces et une vingtaine de galeries qui ont fait office de base-arrière importante pour les soldats engagés sur le front de l’Ouest. Les milliers d’inscriptions laissées sur les murs par des soldats français, anglais, écossais, irlandais, australiens et américains sont autant de sauts de dans le temps. Le Musée des graffitis, qui a ouvert ses portes en 2019, nous immerge dans la vie de l’arrière-front pendant la Grande Guerre.

LES ABRIS ANTI-AÉRIENS DE BARCELONE

À Barcelone, la plupart des points d’intérêts souterrains sont bien plus des curiosités excentriques (pour la plupart interdites d’accès) que des attrape-touristes ; on y trouve en particulier des tunnels de métro abandonnés et tout un centre commercial qui a fermé en 1990. En revanche, le Refugi 307, qui fait partie du Musée d’Histoire de la ville de Barcelone (MUHBA), situé dans le quartier de Poble Sec, organise des visites à horaires réguliers. C’est l’un des plus grands abris anti-aériens parmi les milliers que compte la ville. Creusé dans la colline Montjuïc par des citoyens affolés, l’endroit a pu protéger jusqu’à 2 000 personnes des attaques aériennes pendant la guerre d’Espagne dans les années 1930.

 

LES RUELLES HISTORIQUES D'ÉDIMBOURG

L’histoire d’Édimbourg s’est construite en strates successives. Pour cette raison, les visiteurs doivent s’aventurer sous terre s’ils veulent avoir un aperçu de la seule rue du XVIIe siècle à avoir été préservée. Sous la surface du célèbre Royal Mile, des comédiens tout en affectation et en costumes d’époque guident les visiteurs à travers les allées pavées, les cours et les pièces du Real Mary King’s Close tout en faisant le récit des difficultés et des tribulations de la vie d’alors (par exemple des préoccupations liées à l’hygiène publique ou des épidémies de peste). Enfouie et abandonnée aux siècles, la zone abritait certains des résidents les plus pauvres d’Édimbourg, ceux qui étaient destinés à vivre au bas de la montagne de crasse qui s’y accumulait. À la nuit tombée, on s’inscrira sans hésiter à un des nombreux itinéraires proposant d’explorer les ruelles hantées de la ville.

 

L'ART RUPESTRE DES CAVES ESPAGNOLES

Découverte pour la première fois à la fin du XIXe siècle par un chasseur, la grotte d’Altamira est remplie d’ossements d’animaux et couverte d’œuvres d’art rupestre qui datent de 35 000 à 11 000 ans avant notre ère. Protégées des éléments durant des millénaires, ces traces ocres représentent des bisons, des chevaux, des formes et des sangliers. Des empreintes et des contours de mains préhistoriques sont également présents sur les parois ondulantes de la grotte. C’est l’une des dix-huit grottes de Cantabrie où l’on a découvert de l’art rupestre qui a été classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Les œuvres exposées dans ce musée souterrain sont des recréations mais vous aurez plus de chances d’admirer des originaux dans les autres grottes de la région. Afin de préserver les peintures, seuls cinq visiteurs choisis au hasard peuvent pénétrer dans la grotte chaque semaine.

Des peintures à l’effigie de bisons recouvrent les murs de la grotte d’Altamira.

Photographie de Sergi Reboredo, VWPics/Redux

LE PALAIS ENGLOUTI D'ISTANBUL

Embelli sous le règne de l’empereur Justinien en 532, Yerebatan Sarayi, le Palais Englouti, est un réservoir souterrain qui porte bien son nom. Adjacentes à Sainte-Sophie, les centaines de colonnes immenses de la Citerne-Basilique soutiennent ce lieu qui a un jour accueilli plus de 66 000 mètres cubes d’eau qu’on transportait par aqueduc jusqu’à la surface pour être consommés en ville. De nos jours, l’endroit ne contient plus qu’une petite quantité d’eau claire et peu profonde et est traversé par des passerelles surélevées. Une subtile tête de Méduse renversée monte la garde : on dit que les Romains plaçaient des sculptures de la divinité dans les endroits qu’ils voulaient protéger.

 

DÉDALE DE BRIQUES À BRUXELLES

Visitez les caves de l’ancien palais du Coudenberg, considéré comme l’un des plus beaux châteaux du Moyen-Âge. Ravagé par les flammes en 1731, ses ruines furent abandonnées et remblayées pour faire place à un nouvel édifice. Les visiteurs peuvent désormais explorer les sous-sols en brique claire de ce site archéologique restauré, et notamment les garde-mangers, les cuisines et même une rue médiévale, dont le plafond de terre était autrefois ouvert plein-ciel. Au rez-de-chaussée, le musée expose pipes en argile, armures et autres artéfacts recouvrés lors des fouilles réalisées sur le site.

Megan Miner Murray est contributrice pour National Geographic Traveler, autrice indépendante, et guide de plongée. Elle vit à Hawaï. Suivez-la sur Instagram.

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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