Le calao à casque rond, un étrange oiseau menacé d’extinction en Asie du Sud-Est

La survie de cet oiseau, à la tête rouge vif, coiffé d’une sorte de casque, est aujourd’hui en jeu. En cause, un important trafic vers la Chine et la déforestation qui dévore son habitat.Thursday, August 30, 2018

De Rédaction National Geographic
Ce mâle va nourrir sa famille dans le nid avec des fruits de la forêt. Le calao à casque rond régurgite et défèque des graines d’arbres. Il aide ainsi à reconstituer des étendues de forêt, là où le déboisement pour l’huile de palme menace son habitat.

Un mètre d’envergure, une tête énorme, flanquée de deux yeux globuleux et d’une étrange coiffe, portée par un cou rouge plissé et nu… voilà le portrait robot du calao à casque rond. En tout, il existe cinquante-sept espèces de calaos en Afrique et en Asie. Mais celle-ci n’habite que dans les forêts de basse altitude de Brunei, d’Indonésie, de Malaisie, du Myanmar et du sud de la Thaïlande. Elle se distingue des autres par son casque principalement solide. Celui-ci comporte une épaisse couche de kératine, la même matière qui constitue nos ongles, nos cheveux et la corne de rhinocéros. Cette caractéristique singulière en fait la proie d’un intense trafic, la tête de l’animal étant transformée en bijoux ou en objets d’art vendus illégalement en Chine.

Casques de calao, tigres naturalisés et autres objets de trafic saisis par les autorités remplissent une pièce, à Jakarta, en Indonésie. Des gangs dirigés par des Chinois et spécialisés dans les parties de tigre et de pangolin, se sont diversifiés dans les casques de calao.

On ne comprend pas grand-chose au comportement des calaos à casque rond. On sait toutefois qu’ils se battent à coups de casque en plein vol – peut-être quand ils se disputent des sites de nidification ou des arbres fruitiers. Omnivores, ces oiseaux ont un faible pour le fruit du figuier étrangleur.

Cet arbre naît d’une graine retenue dans la canopée d’une essence hôte, puis envoie des racines vers le bas, étranglant peu à peu son support. Lors de la fructification, il devient le supermarché de la forêt tropicale, tant sont nombreux les animaux à se régaler des fruits mûrs, des tupaïas aux écureuils géants, des gibbons aux orangs-outans, sans compter près d’un millier d’espèces d’oiseaux.

Les calaos sont essentiels à la survie des forêts d’Asie du Sud-Est. Ils dispersent les graines en les régurgitant ou en les déféquant, ce qui aide à reconstituer des populations d’arbres sur des kilomètres carrés. Voilà une tâche cruciale à l’heure actuelle, vu les étendues de forêt primaire défrichées par des entreprises, notamment pour planter des palmiers à huile. L’exploitation du bois à grande échelle réduit également l’habitat des espèces asiatiques de calaos, qui peinent de plus en plus à trouver où nicher.


Dans le numéro de septembre 2018 du magazine National Geographic, notre reportage dans les forêts de Thaïlande et d’Indonésie sur la chasse illégale du calao.

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