Cette espèce de tortue a une touffe d'algues en guise de cheveux

Autre particularité, elle utilise le même orifice pour respirer, faire ses besoins ou avoir des relations sexuelles.

Publication 11 août 2020 à 00:11 CEST
Une tortue de la Mary River, Elusor macrurus, photographiée au Lone Pina Koala Sanctuary dans le ...

Une tortue de la Mary River, Elusor macrurus, photographiée au Lone Pina Koala Sanctuary dans le Queensland, en Australie.

Photographie de Joel Sartore, National Geogrphic Photo Ark
Cet article apparaît dans l'édition de septembre 2020 du magazine National Geographic.

Dans les années 1960 à 1970, les boutiques australiennes regorgeaient de tortues vendues sous l'appellation « penny turtles », en référence à leur taille comparable à celle d'une pièce de monnaie. Spécialiste australien des reptiles, John Cann s'est évertué pendant plusieurs années à trouver l'espèce d'origine de ces tortues, jusqu'à en apercevoir une dans son habitat naturel, la Mary River, qui serpente à travers l'état du Queensland. Il venait de réaliser la première d'une longue série d'étonnantes découvertes à propos d'Elusor macrurus, la tortue de la Mary River classée en danger d'extinction par l'UICN et d'autres organismes de conservation.

C'est l'une des plus grandes tortues d'eau douce australiennes, affichant près de 8 kg sur la balance pour une carapace de 40 cm de long en moyenne. Elle se serait séparée des autres espèces il y a 40 millions d'années environ et constitue l'unique espèce de son genre. Côté longévité, elle peut atteindre les 100 ans et ne pas se reproduire pas avant d'en avoir 20. Et lorsque E. macrurus décide finalement de s'accoupler, le mâle déploie une partie de sa queue multifonction qu'il utilise également pour évacuer ses déjections… et respirer. Avec une structure rappelant celle des branchies, sa queue permet à la tortue de rester submergée jusqu'à deux jours et demi sans jamais faire surface.

« Cette aptitude à respirer par son arrière-train lui vaut beaucoup d'attention, » déclare l'écologiste Marilyn Connel. En tant que directrice du programme de conservation des tortues de la Mary River pour la ville de Tiaro dans le Queensland, Connell se concentre sur la préservation de l'espèce dont la population est aujourd'hui plutôt âgée en raison de l'acharnement des prédateurs sur les œufs et les jeunes tortues. À la saison de reproduction, d'octobre à décembre, les membres du programme investissent les berges de la rivière pour protéger les nids, explique Connell, afin que la tortue « puisse continuer à profiter de la vie qui lui a été offerte par l'évolution. »

Aux yeux de ses fans, la tortue de la Mary River arbore une « crête » de « punk ». Mais cette coupe renversante provient en fait des algues qui poussent sur sa carapace, sa tête et d'autres parties de son corps, car le reptile passe de longues heures sous l'eau.

Photographie de CHRIS VAN WYK

FIXATION BÉTON

Chris Van Wyk s'est opposé en 2006 à une proposition de l'État du Queensland de construire un barrage sur la Mary River, de peur qu'il ne nuise à la vie sauvage de la rivière et à ses sites de plongée complètement vierges. Afin d'éveiller les consciences, le photographe amateur s'est lancé dans la réalisation d'un trombinoscope des animaux menacés, notamment la tortue de la Mary River. Avec sa touffe d'algues en guise de cheveux due à ses longues périodes passées sous l'eau, les photos de la « tortue punk » ont fait le tour de la toile en un clin d'œil et amusent encore Internet à ce jour. Qui plus est, elles ont alimenté la lutte contre le projet de barrage, abandonné par le gouvernement australien en 2009. Voilà donc la preuve, s'il en fallait une, que « la photographie peut changer le monde, » conclut Van Wyk.

 

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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