Égypte : les balades à dos d’animaux désormais interdites sur les principaux sites touristiques

Le ministère égyptien du Tourisme vient d'annoncer que les promenades à dos d’animaux autour des pyramides de Gizeh, de Saqqarah et de Luxor seront remplacées par des voitures et des bus électriques.

Publication 28 oct. 2020, 17:33 CET
Un dromadaire fatigué laisse échapper un bâillement devant les pyramides de Gizeh.
Un dromadaire fatigué laisse échapper un bâillement devant les pyramides de Gizeh.
Photographie de Claire Thomas

« On ne connaît pas les chiffres exacts mais on estime que plusieurs centaines de chevaux et de dromadaires seraient maltraités sur ces sites touristiques égyptiens » déplore Anissa Putois de l’ONG Peta France.

L'exploitation de ces animaux à des fins touristiques devrait bientôt prendre fin au pied des pyramides de Gizeh, sur le site de Saqarrah et sur celui de la pyramide de Khéops.

En avril 2019, Peta Asie publiait une enquête révélant les maltraitances subies par les animaux : coups, déshydratation, sous-nutrition, manque de soins... La prise de conscience s’enclenche alors. « Cette enquête a été le point de départ dans la sensibilisation des touristes, ça a été un réel déclic, notre ONG a pu rencontrer les représentants du ministère du tourisme »  explique Anissa Putois. Par la suite, 500 000 personnes ont contacté le ministère égyptien pour mettre fin à ces pratiques. Une grande mobilisation a conduit les autorités égyptiennes à prendre la parole : les animaux seront remplacés par des voiturettes et des bus électriques. 

En temps normal, les sites touristiques égyptiens accueillent un million de personnes chaque année, beaucoup assistent à ces scènes de maltraitance. La situation devenait urgente, « certains animaux ont des plaies sous les selles, d’autres s’effondrent sous la chaleur, par manque d’eau et de nourriture, certains ont la gueule ensanglantée… la maltraitance est flagrante » s’indigne Anissa Putois de l’ONG Peta France.  

En attendant les touristes, les animaux restent parfois des heures sous le soleil saharien sans pouvoir s'abreuver. 

Photographie de Peta Asie

Que vont devenir ces animaux ? Nul ne le sait pour l’instant. Cette interdiction n’étant pas généralisée, elle sera appliquée uniquement sur les sites de Gizeh, de Saqqarah et de Luxor, et de fait l’exploitation des animaux devrait perdurer ailleurs.

Peta s’intéresse également de près au site de Santorin et à la cité nabatéenne de Pétra. Sur l'île grecque, des ânes gravissent chaque jour et pendant des heures, les marches avec des touristes sur le dos. (À lire : Grèce : les ânes de Santorin portent le poids du tourisme sur leur dos). Battus et déshydratés, des centaines d’ânes et de mules seraient utilisés quotidiennement pour gravir les chemins escarpés de l’île. Pourtant, le gouvernement grec a voté une loi en 2018 afin de limiter la charge sur le dos des animaux à 100 kg, soit un cinquième du poids des animaux.

Une pétition en faveur du bien-être des ânes a récolté plus de 108 000 signatures, des rassemblements se sont tenus sur l'île mais à l'inverse de l'Égypte, rien ne change pour l'instant, le tourisme reste l'activité principale sur l'île avec 2,7 millions de visiteurs en moyenne par an. 

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