Le Danemark s'apprête à euthanasier 15 millions de visons pour contrer la propagation du coronavirus

L'autorité de santé publique du pays indique que la souche virale circulant entre les visons et les Hommes pourrait avoir suffisamment muté pour compromettre l'efficacité future d'un vaccin, "l'obligeant" à prendre des mesures immédiates.

Publication 5 nov. 2020 à 14:22 CET
Le Danemark prévoit d'abattre les 15 millions de visons élevés dans le pays pour prévenir la ...

Le Danemark prévoit d'abattre les 15 millions de visons élevés dans le pays pour prévenir la propagation du virus.

Photographie de Mads Claus Rasmussen, Ritzau Scanpix, AFP, Getty Images

Près de 400 cas de coronavirus chez l'Homme seraient liés à des visons tombés malades dans des fermes à fourrure au Danemark, selon les annonces des autorités danoises lors d'une conférence de presse tenue hier. Cela suggère que la transmission du nouveau coronavirus du vison à l'Homme serait plus répandue qu'on ne le pensait jusqu'à présent, bien que la plupart des cas de coronavirus aient probablement été transmis par des humains porteurs du virus et non par des animaux infectés.

Les autorités danoises ont déclaré qu'elles souhaitaient désormais abattre les 15 millions de visons présentes dans les 1 200 fermes à fourrure du pays, par mesure de précaution pour empêcher la propagation du virus. Un total de 207 fermes à fourrure au Danemark abritent des visons qui ont été testés positifs au nouveau coronavirus. La décision découle des découvertes de l'autorité de santé publique du pays, le Statens Serum Institut, selon laquelle la souche virale circulant entre les visons et les Hommes pourrait avoir suffisamment muté pour compromettre l'efficacité future d'un vaccin, ce qui les oblige à prendre des mesures immédiates.

Lors de la conférence de presse, le ministre danois de la Santé Magnus Heunicke a déclaré que l'analyse génomique des cas humains danois de coronavirus indiquait que la moitié des 783 cas humains de coronavirus connus dans la partie nord du pays étaient liés à un contact avec des visons, selon l'Associated Press. Les responsables danois n'ont pour le moment pas répondu à la demande de commentaires de National Geographic.

Le Danemark est le deuxième producteur mondial de peaux de vison après la Chine, de sorte que l'abattage des visons restants aura d'énormes implications pour l'industrie de la fourrure. Les Pays-Bas - le troisième plus grand producteur de visons au monde - ont annoncé en juin qu'ils prévoyaient d'accélérer le calendrier de fermeture de leur industrie de fourrure de vison en raison d'infections généralisées au coronavirus et la contamination de deux travailleurs agricoles. Avant la pandémie, les Pays-Bas avaient prévu de mettre fin à leur industrie du vison à l'horizon 2024, mais on s'attend maintenant à ce que toutes les fermes à fourrure soient fermées au début de l'année 2021.

La Chine n'a fait aucune annonce quant aux fermes à fourrure présentes sur son territoire.

En France, les fermes d'élevage de visons sont toujours autorisées, même si leur nombre -incertain- est en baisse ces dernières années.

 

AUX ÉTATS-UNIS AUSSI

Les États-Unis ont également confirmé que des visons avaient contracté le nouveau coronavirus dans des fermes à fourrure de l'Utah, du Wisconsin et du Michigan, bien que jusqu'à présent, il n'y ait aucune preuve de contamination d'humains par des visons aux États-Unis. « Ces enquêtes sont en cours, et nous allons publier les données une fois celles-ci disponibles », déclare Jasmine Reed, porte-parole des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis.

Les visons de 207 des 1200 fermes à fourrure au Danemark ont ​​été infectés par le nouveau coronavirus. Le gouvernement danois a fait abattre plus d'un million de visons.

Photographie de Mads Claus Rasmussen, Ritzau Scanpix, AFP, Getty Images

Contrairement à l'Europe, les États-Unis n'ont pas abattu tous les visons dans les fermes où les animaux ont contracté le nouveau coronavirus. Il n'y a pas de réglementation ou d'exigence fédérale concernant les méthodes de traitement des infections à coronavirus dans les élevages de visons aux États-Unis. Jusqu'à présent, les autorités fédérales ont confié aux États la gestion des épidémies.

 

DES ESPÈCES SENSIBLES

Le Danemark a signalé pour la première fois les cas de visons malades dans ses fermes à fourrure en juin, mais à ce moment-là, c'étaient les ouvriers agricoles qui transmettaient le virus aux visons. À cette époque, 11 000 animaux de la ferme infectée ont été abattus. Plus récemment, des millions de visons ont été tués dans des fermes à fourrure au Danemark, en Espagne et aux Pays-Bas.

Mick Madsen, responsable des communications pour Fur Europe, un groupe industriel basé à Bruxelles qui représente les éleveurs et les fabricants de fourrures, a confirmé les détails de la décision d'abattage des autorités danoises, mais il a refusé de commenter la décision du gouvernement danois ou son incidence sur l'industrie de la fourrure.

Le vison peut être plus sensible au coronavirus que les autres animaux en raison d'une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux, explique Jasmine Reed.

« Les visons d'élevage ne présentent pas une grande diversité génétique, ce qui peut favoriser la transmission et la sensibilité aux maladies infectieuses », poursuit-elle. « De plus, les visons d'élevage sont souvent maintenus captifs dans de petits espaces, ce qui favorise la propagation du virus. »

 

Wildlife Watch est une série d'articles d'investigation entre la National Geographic Society et les partenaires de National Geographic au sujet de l'exploitation et du trafic illégal d'espèces sauvages. N'hésitez pas à nous envoyer vos conseils et vos idées d'articles ainsi qu'à nous faire part de vos impressions à l'adresse ngwildlife@natgeo.com.
Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.
Lire la suite

Découvrez National Geographic

  • Animaux
  • Environnement
  • Histoire
  • Sciences
  • Voyage & Adventure
  • Photographie
  • Espace
  • Vidéos

À propos de National Geographic

S'Abonner

  • Magazines
  • Newsletter
  • Livres
  • Disney+

Nous suivre

Copyright © 1996-2015 National Geographic Society. Copyright © 2015-2017 National Geographic Partners, LLC. Tous droits réservés.