Mexique : le nombre de jaguars a progressé de 20 % en 8 ans

Suite à la mise en place d’un programme de protection, le nombre d’individus remonte sur le territoire mexicain.

De Juliette Heuzebroc

Le jaguar, ou panthera onca, est connu pour être l’un des plus grands carnivores d’Amérique. Des États-Unis à l’Argentine, le fauve était présent sur tout le territoire forestier jusqu’au 19ème siècle. Le développement des infrastructures humaines a mené à des déforestations massives, morcelant voire supprimant l’habitat naturel du félin. Ainsi, en un peu plus d’un siècle, le jaguar a perdu la moitié de son aire de répartition et a été contraint de se réfugier dans des forêts dont le climat tropical est bien moins adapté à son développement.

Avec seulement 64 000 individus encore vivants, l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) a déclaré l’espèce comme quasi-menacée d’extinction. Mais les nouvelles s’améliorent : le Fonds mondial pour la nature (WWF) vient de publier un recensement au Mexique, un des territoires de prédilection du jaguar. L’espèce reprend bel et bien du terrain avec une augmentation de 20 % de la population en 8 ans, soit une hausse de 4 800 individus.

Cette progression est due, dans un premier temps, au programme de conservation du jaguar mis en place en 2005 et très rapidement soutenu par les autorités. Par ailleurs, le pays s’est appliqué à la protection de ses forêts et a connu une augmentation significative de sa superficie forestière, ce qui a fortement contribué à la réinstallation du jaguar.

L’Argentine aussi connaît un regain d’espoir puisque deux bébés jaguars viennent de naître en réserve naturelle, fait très rare. Des associations comme l’ONG Panthera, travaillent ainsi à la constitution de corridors biologiques et créer des espaces de protection dédiés :

Mexique : le nombre de jaguars a progressé de 20 % en 8 ans

Cette dynamique positive est suivie par les autres pays. Présent sur 18 territoires, l’espèce est endémique d'Amérique latine. 14 pays de la région se sont engagés à instaurer une agence de conservation régionale consacrée à la protection de l’espèce et à la défense de son territoire.

« La présence du jaguar contribue au bon fonctionnement des écosystèmes, en régulant les populations d'herbivores », explique Heliot Zarza, vice-président de l'Alliance nationale pour la conservation du Jaguar.

L’un des objectifs est également d’instaurer un dialogue avec les agriculteurs locaux qui font des jaguars une cible car, par manque de proies naturelles, les fauves se rabattent sur le bétail.

 

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