Après Le Roi Lion, Jon Favreau est parti sur les traces des lions du Masai Mara

Après avoir porté Le Roi Lion à l’écran, Jon Favreau fait ses débuts dans le documentaire animalier avec Lion, une nouvelle série National Geographic tournée au cœur de la savane africaine.

De Paul Schrodt
Publication 23 août 2026, 14:01 CEST
Image tirée de la série documentaire en quatre parties, LION. On peut ici voir un mâle ...

Image tirée de la série documentaire en quatre parties, LION. On peut ici voir un mâle adulte observer la Réserve nationale du Masai Mara, au Kenya. Aucun des lions suivis par l’équipe n’était équipé d’un collier. Pour les retrouver et suivre leurs traces, les réalisateurs se sont donc reposés sur des guides locaux expérimentés.

PHOTOGRAPHIE DE National Geographic, Sophie Darlington

Image tirée de la série documentaire en quatre parties, LION. On peut ici voir un mâle adulte observer la Réserve nationale du Masai Mara, au Kenya. Aucun des lions suivis par l’équipe n’était équipé d’un collier. Pour les retrouver et suivre leurs traces, les réalisateurs se sont donc reposés sur des guides locaux expérimentés.

PHOTOGRAPHIE DE National Geographic, Sophie Darlington

Pour capturer la périlleuse odyssée qui mène un lionceau africain à l’âge adulte, l’équipe de la nouvelle série en quatre épisodes de National Geographic, Lion, a passé plus de quatre ans, soit quelque 1 500 jours de tournage, à recueillir des images dans la savane du Masai Mara, au Kenya. Le projet a exigé une patience et une persévérance extraordinaires. C'était aussi une immersion spectaculaire dans l'univers du documentaire animalier pour Jon Favreau, producteur exécutif de la série.

La filmographie de Jon Favreau, producteur exécutif de Lion, comprend notamment Elfe, Iron Man et Le ...

La filmographie de Jon Favreau, producteur exécutif de Lion, comprend notamment Elfe, Iron Man et Le Roi Lion (2019).

PHOTOGRAPHIE DE Disney, Wes Ellis

La filmographie de Jon Favreau, producteur exécutif de Lion, comprend notamment Elfe, Iron Man et Le Roi Lion (2019).

PHOTOGRAPHIE DE Disney, Wes Ellis

« À ma connaissance, cela n’avait jamais été fait : suivre un clan de lions aussi longtemps et observer les histoires se dérouler sous nos yeux », explique Favreau, à qui l’on doit notamment des productions Marvel comme Iron Man ainsi que les adaptations en prises de vues réelles du Livre de la jungle et du Roi Lion. La nouvelle série rappelle d’ailleurs par certains aspects ce dernier : un jeune lionceau grandit au sein de son clan, affronte des rivaux et des hyènes dans son parcours pour devenir roi, ou du moins un adulte courageux. Contrairement à une fiction scénarisée, souligne Favreau, « tout ce que l’on voit n’a fait l’objet d’aucune manipulation », même s’il reconnaît que construire un récit à partir d’un tel volume d’images ressemblait parfois au montage d’une émission de téléréalité.

La vision de Favreau pour Lion était partagée par le producteur exécutif Mike Gunton, documentariste animalier à la BBC. La musique a ensuite été confiée à Hans Zimmer, auteur de la bande originale oscarisée du dessin animé original Le Roi Lion. Favreau s’est entretenu avec National Geographic, se confiant sur la manière dont il a utilisé les outils narratifs d’Hollywood pour raconter une histoire vraie d’une ampleur exceptionnelle.

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Les réalisateurs ont passé quatre ans à suivre les défis auxquels était confrontée une troupe dirigée ...

Les réalisateurs ont passé quatre ans à suivre les défis auxquels était confrontée une troupe dirigée par une matriarche qu’ils avaient baptisée Summer.

PHOTOGRAPHIE DE National Geographic, Eric Averdung

Les réalisateurs ont passé quatre ans à suivre les défis auxquels était confrontée une troupe dirigée par une matriarche qu’ils avaient baptisée Summer.

PHOTOGRAPHIE DE National Geographic, Eric Averdung

Cet entretien a été édité dans un souci de concision et de clarté.

 

National Geographic : Pourquoi un documentaire animalier, et pourquoi maintenant ?

Jon Favreau : Lorsque nous avons commencé à travailler sur notre version du Roi Lion, il y a de nombreuses années, et même avant cela sur Le Livre de la jungle, les animateurs, les chefs décorateurs et moi-même avons fait énormément de recherches afin d’apporter une véritable authenticité aux environnements et aux animaux. Nous nous retrouvions sans cesse attirés par ce que j’ai découvert plus tard être le travail de Mike Gunton (One Life, Planet Earth II).

Filmer dans des conditions naturelles puis transformer ces images par le montage, la musique, les variations de vitesse ou encore le travail de la caméra... J’étais très impressionné par l’intensité des émotions que je ressentais en regardant ces histoires se produire sous nos yeux.

Nous avons commencé à reprendre nombre de ces techniques et, lorsque j’ai finalement rencontré Mike Gunton quelques années plus tard, je lui ai montré, ainsi qu’à la BBC, certaines des images que nous réalisions et l’influence qu’avait eue leur travail sur nous. C’est dans le cadre de cette amitié qu’il m’a proposé l’idée d’explorer le Masai Mara à l’aide de drones, ce qui n’avait encore jamais été fait.

 

Qu’est-ce qui vous a surpris ou ému dans la production de Lion ?

Au moment où nous avons entrepris ce projet, l’intelligence artificielle générative faisait son apparition et l’on assistait à un afflux considérable de contenus dont il devenait difficile de savoir s’ils étaient authentiques ou non. L’idée d’aller sur le terrain, de nous limiter à des outils analogiques et de raconter une histoire authentique me semble particulièrement pertinente aujourd’hui, en contraste avec tout ce qui est fabriqué.

La découverte de ce personnage principal, Kio, et l’attachement que nous avons développé pour lui étaient inattendus. Nous pensions suivre un clan de lions organisé autour de matriarches, qui se sont avérées être la tante et la mère de Kio. Mais ce qui s’est produit, c’est que le personnage principal a émergé sous la forme de ce petit lion né hors saison, plus petit que ses frères et sœurs et dont les chances de survie semblaient faibles. Chaque mois, chaque année, ce lion parvenait à surmonter de nouveaux obstacles et à relever de nouveaux défis. Cela ressemblait vraiment à une histoire qui aurait pu être écrite par un scénariste. J’ai trouvé cela fascinant.

Kio attend le retour de sa mère, abrité sous un buisson au cœur du territoire de ...

Kio attend le retour de sa mère, abrité sous un buisson au cœur du territoire de sa troupe.

PHOTOGRAPHIE DE National Geographic

Kio attend le retour de sa mère, abrité sous un buisson au cœur du territoire de sa troupe.

PHOTOGRAPHIE DE National Geographic

Il s’agit de l’histoire d’un lionceau soumis aux épreuves de la vie, et les parallèles avec Le Roi Lion sont nombreux, jusqu’aux hyènes et au phacochère. Dans quelle mesure étiez-vous conscient de ces parallèles ?

Il est devenu difficile de les ignorer avec le temps, mais ce n’est pas quelque chose que nous avions recherché au départ. Ce qui avait éveillé ma curiosité, c’était le passage d’une animation numérique extrêmement réaliste à un véritable documentaire. L’histoire, en revanche, ne dépendait absolument pas de nous.

Mais au fur et à mesure qu’elle prenait forme, il est devenu évident qu’elle ressemblait à bien des égards à celle du Roi Lion. Et c’est d’ailleurs un hommage au travail de recherche accompli par les créateurs du film d’animation original. Ils n’ont rien inventé de toutes pièces. Ils se sont inspirés d’images, d’espèces et d’éléments présents dans cet environnement. Lorsqu’on se rend sur place pour filmer, on retrouve naturellement ces échos. Je pense que c’est aussi ce qui explique la longévité exceptionnelle de ce film.

 

Comment avez-vous finalement choisi de centrer le récit sur Kio ? Est-ce un peu comme choisir la vedette d’un film ?

Au départ, nous suivions une cinquantaine de lions. C’est ainsi que cela fonctionne. On commence par suivre de très nombreuses histoires. Ce que les spectateurs verront ne représente qu’une infime partie de ce que nous avons réellement filmé. La vie d’un lion est, la plupart du temps, assez peu mouvementée. Mais lorsqu’il se passe quelque chose, cela devient extrêmement captivant. Il y a aussi beaucoup de sommeil, de repos et de déplacements.

C’est presque comme une émission de téléréalité : on suit de nombreuses intrigues différentes, puis, avec le recul, on les sélectionne et on les assemble. Nous avons visionné l’ensemble des images tournées sur quatre ans avant d’identifier l’histoire qui s’en dégageait. Mais Kio s’est imposé dès le début parce qu’il était tout simplement adorable et qu’il ressemblait de façon saisissante au lion principal que nous avions créé dans la version numérique du Roi Lion. Et puis, pour être honnête, il est facile de s’identifier à un jeune animal et d’éprouver de l’empathie pour lui. 

 

On remarque d’ailleurs que les lions dorment beaucoup, et je ne crois pas avoir déjà vu un documentaire animalier montrant autant de mouches posées sur un même animal.

Oui, nous aurions très facilement pu utiliser l’un de ces outils d’images de synthèse peu coûteux pour nettoyer les plans, mais nous avons estimé qu’à l’époque actuelle, cet engagement à montrer les choses telles qu’elles sont pourrait être apprécié du public.

 

La bande originale apporte malgré tout une touche très hollywoodienne.

Une partie de mon travail consiste toujours à comprendre le voyage intérieur que vit le spectateur lorsque je filme, écris, monte ou mets en musique un projet. J’ai montré la série au compositeur Hans Zimmer, qui a encore plus d’expérience que moi. Il a été impliqué non seulement dans le cinéma en général, mais aussi dans l’univers du Roi Lion, depuis le film d’animation original jusqu’à la comédie musicale, sans oublier sa collaboration avec nous sur notre adaptation en prises de vues réelles.

Je lui ai montré les images et il a immédiatement été sensible à ce que nous faisions. Il s’est ensuite impliqué pendant plusieurs années, regardant les images au fur et à mesure et observant où l’histoire nous menait. C’est un peu comme suivre une équipe sportive : on ne sait pas ce qui va se passer, on espère, on imagine, mais on n’a aucun contrôle sur l'histoire elle-même.

 

Pensez-vous qu’un enfant qui a vu le Roi Lion ou la comédie musicale à Broadway pourrait avoir envie de regarder Lion comme un complément de cette histoire ?

Je sais que, pour ma part, les sujets qui me passionnaient lorsque j’étais enfant sont restés des centres d’intérêt en grandissant. Et à mesure que je mûrissais, ma compréhension de ces sujets évoluait elle aussi. Et chaque fois que l’on parvient à réunir plusieurs générations devant un même programme, c’est une très bonne chose.

Je pense qu’une partie de ce qui rend la vie des lions en clan si fascinante, et cette histoire en particulier, ce sont les liens familiaux, les liens entre générations. On voit les sacrifices consentis par la mère de Kio et à quel point il est difficile, dans un environnement comme celui-là, d’assurer la survie et l’épanouissement de sa progéniture. Cela me paraît profondément humain, et je pense que c’est une chose à laquelle les parents comme les enfants peuvent s’identifier.

LION sera diffusé dimanches 23 et 30 août à partir de 18h30 sur la chaîne National Geographic, disponible pour tous les clients TV Free (canal 60) et Orange (canal 110).

LION est également disponible sur Disney+.

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