2018 a été l’une des années les plus chaudes de l’Histoire

L’OMM, l’agence météorologique de l’ONU, a déclaré que 2018 était pour l'instant l’une des 4 années les plus chaudes jamais enregistrées. Une tendance qui ne va pas en s’améliorant.

De Arnaud Sacleux
2018 est un témoin du réchauffement climatique qui frappe notre planète ainsi que ses conséquences : canicules et phénomènes extrêmes.

Les températures record de ces quatre dernières années sont symptomatiques de l’accélération du réchauffement climatique extrême qui frappe notre planète estime l’OMM. Une urgence qui arrive quelques jours avant le sommet de la COP24, qui aura pour tâche de donner un second souffle à l’accord de Paris et de revoir les engagements pris par chacun.

 

L'ESPOIR RESTE PERMIS MAIS LE TEMPS PRESSE

« Il faut le marteler encore et encore : nous sommes la première génération à bien comprendre les changements climatiques et la dernière à pouvoir en contrer les conséquences » déclarait récemment Petteri Taalas, secrétaire général de l'OMM.  En effet, le dernier bilan de l’agence météorologique de l’ONU vient appuyer le caractère urgent de la lutte contre le réchauffement climatique. Ces quatre dernières années battent des records de chaleur, favorisant entre autres les canicules ou les phénomènes extrêmes (70 cyclones tropicaux recensés en 2018, alors que la moyenne historique se situe autour de 53).

Dans son rapport, l’OMM observe également que la température moyenne à la surface du globe sur les 10 premiers mois de l’année 2018 est supérieure de 1°C aux valeurs de l’époque préindustrielle (1850–1900), alors que les accords de Paris ambitionnaient de la maintenir sous le seuil des +1,5°C.

« Les concentrations de gaz à effet de serre ont, encore une fois, atteint des niveaux records et si la tendance se poursuit, les températures risquent d'augmenter de 3 à 5 °C d'ici à la fin du siècle » renchérit le secrétaire général de l'OMM. « Si nous exploitons la totalité des ressources connues en combustibles fossiles, la hausse de la température sera nettement plus importante. » La température moyenne à la surface du globe est partie pour augmenter de 3 à 5°C d'ici à la fin du siècle si les tendances actuelles ne changent pas : l’enjeu de la COP24 n’aura jamais été si important.

 

UN SOMMET QUI MANQUE DE HAUTEUR ?

Deux cent pays se retrouveront à partir du 2 décembre pour le sommet de la COP24 qui se tiendra en Pologne. Cette assemblée aura pour ambition de redonner de l’espoir dans la lutte contre le réchauffement climatique. Pourtant, selon Andrew Steer, expert du World Ressource Institute, cette COP24 est comparable « à Néron jouant de la musique en regardant Rome brûler. Le manque de rythme et d’ambitions est tout simplement inacceptable ». Pour ne pas dépasser +1,5°C, il faudrait des transformations rapides et sans précédent : l’OMM a déclaré que les Etats devraient tripler leurs engagements d’ici 2030 pour espérer inverser la tendance.

Un combat bien mal engagé, puisque le futur président brésilien Jair Bolsonaro a laissé entendre qu’il pourrait sortir de l’accord de Paris, suivant ainsi son homologue américain Donald Trump. Le Brésil vient aussi de renoncer à organiser la COP25. Quant à la Pologne, elle est très attachée à son industrie du charbon.

 

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