Notre planète abritera plus de 9 milliards de personnes d’ici 2050

Selon les dernières prévisions de l’ONU, la population humaine totale devrait atteindre 9 milliards d’individus en 2050 et près de 11 milliards d’ici 2100.

La situation démographique mondiale est une contradiction à elle-seule ; dans certains pays, notamment les plus développés, la population augmente très peu voire diminue en raison d’un taux de natalité très bas. Pourtant, la population mondiale est en pleine croissance et devrait atteindre les 11 milliards d’individus d’ici 80 ans selon un rapport de l’ONU. Si aujourd’hui, elle se situe entre 7,6 et 7,7 milliards d’individus, franchir le seuil des 10 milliards d'individus sera synonyme d’impacts environnementaux et sociétaux potentiellement lourds.

 

UNE CONCENTRATION DE CROISSANCE DANS 9 PAYS

Depuis 2010, 27 pays ont connu une réduction d'au moins 1 % de leurs populations. En cause, de faibles taux de fécondité ; la population mondiale est passée de 3,2 naissances par femme en moyenne en 1990 à 2,5 en 2019. Ce chiffre devrait continuer à décroître d’ici 2050, or le niveau de fécondité minimum à atteindre, permettant d’assurer le renouvellement de population sans immigration est de 2,1 selon le communiqué de l’ONU.

On assiste surtout à un écart démographique qui se creuse toujours davantage entre les pays développés et les pays moins développés. Si dans ces derniers, l’espérance de vie est de 7 ans inférieure à celle des pays développés, leur taux de fécondité est bien plus important. Ainsi, un Terrien sur trois vivra en Afrique d’ici 2050, contre 1 sur 7 actuellement. L’Afrique, dont la population sera multipliée par deux, restera derrière l’Asie qui bondira de 4,3 à 5,3 milliards d’habitants. L’Inde dépassera même d’ici 2050 la Chine, dont l’ONU prédit une diminution de 2,2 % de sa population soit 31,4 millions d’habitants, pour devenir le pays le plus peuplé au monde.

Selon le rapport toujours, plus de 50 % de cette croissance devrait se concentrer dans les neuf pays que sont les États-Unis, l’Égypte, l’Inde, l’Indonésie, le Pakistan, le Nigéria, la République démocratique du Congo, la Tanzanie et l’Éthiopie.

On assistera dans les pays développés à un vieillissement de la population. « Alors que le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus devrait augmenter dans toutes les régions du monde, les populations resteront relativement jeunes dans les régions où la fécondité est encore élevée » conclut Patrick Gerland, coordonnateur pour les Nations-Unies.

 

QUELLES CONSÉQUENCES ?

Pour Gilles Pison, auteur de l'Atlas de la population mondiale, « la population en âge de travailler va commencer à manquer dans plusieurs pays d'Europe, notamment de l'Est, mais aussi dans certains pays d'Asie comme le Japon », où les ventes de couches pour adultes ont dépassé celles des couches pour bébés. « Seule l'immigration pourrait alors fournir la main-d'œuvre nécessaire au financement de ces États. » Ces changements démographiques devraient donc entraîner d’importants flux migratoires, nécessaires au renouvellement d’une population vieillissante dans les pays développés.

Se pose également la question des besoins de cette population croissante. Comment fournir assez de nourriture et d’énergie sans pour autant accentuer une pression déjà écrasante sur l’écologie et l’environnement ? L’agriculture, où l'agrobusiness pourrait avoir recours à davantage d'OGM et de produits chimiques afin d'améliorer ses rendements, l’élevage intensif ou encore la surpêche sont des conséquences quasi-inéluctables qui accompagneront cette croissance de population. Alors que la menace d'une sixième extinction de masse pèse déjà sur plusieurs millions d’espèces, ces prévisions annoncent d’importants remaniements dans le paysage faunique que nous connaissons aujourd’hui.

L’aménagement d’espaces dédiés aux cultures et aux logements pourrait également souffler les braises sur une déforestation déjà présente. Ces activités de culture, les transports, tous dépendent en majorité de l’énergie fossile, productrices de gaz à effets de serre, dont le réchauffement climatique est l’une des conséquences directes.

 

UNE CROISSANCE GLOBALE, MAIS POUR QUEL RATIO HOMMES / FEMMES ?

Depuis 1970, il y aurait en réalité 23,1 millions de femmes de moins que les hommes sur notre planète. Ce chiffre est tiré d’une étude parue dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, dirigée par Fengqing Chao de l’Université de Singapour. Pour calculer ce chiffre, le chercheur et son équipe ont comptabilisé les différences entre le nombre de naissances d'hommes et de femmes dans le monde en les comparant au ratio naturel moyen de référence.

C'est en Inde et en Chine plus particulièrement que ce phénomène est le plus prononcé ; respectivement 11,9 et 10,6 millions de filles de moins à la naissance que de garçons entre 1970 et 2017 pour respecter l’équilibre. Sachant que ces deux pays représentent 38 % de la population mondiale et un tiers des naissances, ils sont les principaux responsables du déséquilibre démographique à l'échelle planétaire. Sept pays cités dans l'étude sont asiatiques au total.

Toutes ces prévisions sont-elles vraiment fiables ? « On part du principe que, pour faire ces prévisions, les tendances du passé vont se prolonger dans le futur. Le problème c’est que dans certains pays du monde, les données sont insuffisantes ou les variations démographiques sont très rapides, comme l’Iran depuis maintenant 20 ans, où les changements sociaux, économiques et culturels sont très difficiles à prédire » explique Patrick Gerland. Si les prévisions restent fiables dans leur globalité, « dans du cas par cas, il y aura forcément des erreurs pour certains pays donnés. »

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