Environnement

En Chine, cette application traque les plus gros pollueurs

Ma Jun a incité son gouvernement à dévoiler des informations environnementales et les a mises à disposition du grand public.

De Rachel Hartigan Shea
Cet article apparaît dans l'édition juin 2019 du magazine National Geographic.

En Chine, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plus d'un million de personnes sont mortes des conséquences de la pollution de l'air en 2016. Ce chiffre effarant est le combat de Ma Jun qui exerce une pression constante sur le gouvernement chinois et les entreprises privées afin de le réduire.

Ex-journaliste d'investigation et auteur d'un livre fracassant intitulé China’s Water Crisis (La crise de l'eau en Chine en français, ndlr), Ma Jun est le fondateur de l'Institute of Public and Environmental Affairs (IPE) qui a vu le jour en 2006. L'objectif de cette organisation est de rendre disponible les données environnementales. « Nous devons impliquer le peuple dans notre gouvernance environnementale, » déclare Ma. « Il doit être informé. » 

Au début, il y avait peu de données à partager. Mais en 2013, la Chine a fait le serment de « déclarer la guerre » à la pollution et a commencé dans la foulée à publier heure par heure les niveaux de PM2.5, ces particules fines particulièrement néfastes. IPE et ses partenaires ont fait pression pour amener le gouvernement à divulguer les sources de ces polluants. Lorsque le gouvernement a cédé à leurs demandes un an plus tard, IPE a intégré ces nouvelles données à une carte en ligne et à une application mobile nommée Blue Map, sur laquelle les utilisateurs peuvent vérifier la qualité de l'air de plus de 300 villes chinoises ainsi que la qualité des eaux de milliers de rivières.

À présent, les citoyens chinois peuvent voir s'il est prudent de laisser leurs enfants jouer dehors et si ce n'est pas le cas, ils peuvent identifier les usines responsables. Le public fait pression sur les entreprises pour qu'elles mettent de l'ordre dans leurs infrastructures, rapporte Ma. Autre fait important, ajoute-t-il, le gouvernement est maintenant convaincu que la « transparence environnementale ne perturbera pas notre société. »

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