2020 est l’année la plus chaude jamais enregistrée

Les températures en nette progression depuis 2011, la décennie se termine et 2020 devrait se placer au sommet des années les plus chaudes jamais enregistrées. En France, la température annuelle moyenne est supérieure de 1.5°C.

Publication 23 déc. 2020, 13:07 CET
Un incendie s'est déclaré dans le parc national Deepwater dans le Queensland le 28 novembre 2018. ...

Un incendie s'est déclaré dans le parc national Deepwater dans le Queensland le 28 novembre 2018. Des milliers de personnes ont été évacuées de leurs domiciles dans le nord-est de l'Australie alors que des feux de brousse ont ravagé le Queensland lors d'une canicule.

Photographie de Rob Griffith, AFP/Getty Images

« Le problème du réchauffement climatique c’est qu’il y a un décalage entre les causes et les conséquences. Beaucoup de gens pensent que le réchauffement climatique c’est ce qu’on vit maintenant alors que non, les conséquences seront beaucoup plus graves dans les décennies à venir » assure Jean Jouzel, climatologue, glaciologue et vice-président du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat).

Conséquence du réchauffement climatique, l’année 2020 devrait décrocher le titre d’année la plus chaude jamais enregistrée par les climatologues depuis le début du siècle. Chaque année, l’organisation météorologique mondiale (OMM) publie un rapport faisant état de l’évolution climatique mondiale. Et cette année, sans surprise, le bilan n’est pas bon. Le réchauffement océanique bat des records : 80 % des océans ont subi une vague de chaleur en 2020, les feux de forêt ont ravagé de vastes zones en Australie, en Sibérie, sur la côte ouest des États‑Unis et en Amérique du Sud, les canicules ont accablé de nombreux territoires et la liste des dégradations ne cesse de s'allonger.

« Malheureusement, ces projections des climatologues en termes de réchauffement climatique avaient été envisagées dans les années 1980, nous avions vu juste il y a une trentaine d’années, et nos prévisions étaient bonnes » soulève Jean Jouzel, qui regrette aujourd’hui que la communauté scientifique n’ait pas été plus prise au sérieux.

« À l’horizon 2050, en Europe par exemple, les phénomènes extrêmes pourraient s’intensifier. Il y aura plus d'épisodes caniculaires. Cet été on a flirté avec 45°C, en 2050 on pourrait flirter avec les 50°C » poursuit-il. Les précipitations risquent également de diminuer que ce soit au Nord, au Sud ou sur le pourtour méditerranéen. L’évaporation sera plus marquée, entraînant la réduction du débit des fleuves et des rivières, cela aura un impact sur la production agricole avec un assèchement des sols. En montagne, les durées d’enneigement seront de plus en plus courtes et l’élévation des mers et des océans devrait se poursuivre avec une augmentation en 10 et 15 cm du niveau.

D’un point de vue de la biodiversité, le réchauffement climatique est actuellement la troisième cause de disparition des espèces. Si le réchauffement s’accélère, la vitesse de destruction des habitats s’intensifiera et certaines espèces ne pourront pas s’adapter. Le réchauffement climatique deviendrait alors la première cause de perte de biodiversité.

 

UNE TENDANCE CHAUDE DEPUIS 2011 EN FRANCE

« 2020 n’est pas encore terminée mais il faudrait un rebondissement très fort pour qu’elle ne soit pas en tête des années les plus chaudes enregistrées en France depuis 1900 » affirme Jean-Michel Soubeyroux, climatologue chez Météo France. Selon les données préliminaires de l’établissement rendues publiques jeudi 17 décembre, la température annuelle de l’année 2020 est estimée à 14°C, soit un dépassement de 1.5°C par rapport aux mesures des années précédentes.

Les six années les plus chaudes en France depuis 1900 ont été enregistrées depuis 2011 

Photographie de Météo France

L’année a commencé par un hiver record, le plus chaud jamais mesuré, avec des pics de douceur remarquables et des températures moyennes allant de 2 à 3 degrés supérieurs aux normales de saison. Puis, durant les neuf premiers mois de l’année 2020, la température moyenne mensuelle sur la France est restée supérieure aux normales.

« Les six dernières années les plus chaudes depuis 1900 se sont produites après 2011 et les trois dernières années sont sur le podium des quatre années les plus chaudes » précise Jean-Michel Soubeyroux. Les territoires ultra-marins français ne sont pas épargnés par ces changements, « les DOM-TOM connaissent également des hausses de températures qui sont un peu moins fortes que la France métropolitaine mais la biodiversité se retrouve impactée par les vagues de chaleur, les incendies, les inondations, le blanchissement des coraux, les signes sont alarmants... » conclut-il.

En 2015, presque tous les pays du monde ont ratifié l'Accord de Paris. Ils s'engageaient alors à limiter le réchauffement climatique à « bien en dessous » de 2°C, par rapport aux niveaux préindustriels, et si possible, à +1,5°C.

« Cinq ans plus tard, même si la croissance des émissions de gaz à effet de serre a ralenti, que les efforts consentis jusqu'à présent ne suffiront pas à atteindre ces objectifs »  assure Jean Jouzel « les gouvernements écoutent la parole des scientifiques mais il faudrait tripler les actions pour freiner la machine » conclut-il.

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