Épisodes de grêle : comment s'en protéger ?

Au mois de juin, des grêlons de près de 8 centimètres de diamètre sont tombés un peu partout en France. Comment prévenir les dégâts matériels qui peuvent parfois être considérables ?

De Margot Hinry
Publication 13 juil. 2022, 17:34 CEST
Photo de grêlons.

Photo de grêlons.

PHOTOGRAPHIE DE Tony Webster, Wikimedia Commons

Les mois de mai et juin ont été rythmés par plusieurs orages violents et grosses averses de grêlons. Les dégâts matériels liés à ces fortes averses de grêle se sont immédiatement fait ressentir par les populations. Entre le 2 et le 5 juin, la fédération professionnelle des assureurs a relevé « 258 000 sinistres dans plusieurs régions du pays. […] La facture se révèle très élevée avec 940 millions d'euros, selon une première estimation. »

Si ces averses peuvent paraître nombreuses et particulièrement violentes cette année en France, d’après le météorologue Christophe Hertz, elles ne sont pas plus conséquentes que celles observées au cours des dernières années. « On n’a pas de statistiques probantes sur une éventuelle fréquence plus élevée, comme par exemple pour les vagues de chaleur, les températures, les canicules, qui sont directement liées aux changements climatiques. Sur les orages et les phénomènes orageux, pour l’instant, on n’a pas de tendances. On va avoir des années plus ou moins intenses en termes de grêle. Les étés 2020 et 2021 ont été beaucoup moins actifs. Et cette année, on a observé une suractivité orageuse, en particulier sur le mois de juin » affirme l’expert. 

Certains habitants des régions touchées par ces phénomènes météorologiques ont subi l’impact de grêlons de près de 8 centimètres de diamètre sur leur voiture, leur pare-brise, leur toit ou leur mobilier de jardin et parfois même en ont été les premières victimes. Selon le météorologue, les averses de grêlons de cette taille ne représentent pas un danger mortel pour les populations, « l’Homme risque éventuellement des hématomes ». Cependant, la violence de ces particules de glace peut blesser voire tuer la faune sauvage, les oiseaux, les petites créatures.

Pour que ce type d’orages se forme, des conditions météorologiques très particulières doivent être réunies. « Ce type de grosse grêle s’associe à l’orage supercellulaire. C’est une unique cellule orageuse qui tourne sur elle-même et possède des courants ascendants, particulièrement puissants. Les courants permettent la formation de ces grêlons. Il s’agit de particules de glace qui s’agglomèrent entre elles, elles sont maintenues en suspension par les courants ascendants. Plus les courants sont puissants, plus la grêle reste longtemps dans le nuage » explique Christophe Hertz.

En restant dans le nuage, les courants permettent aux grêlons de grossir. Lorsqu’ils deviennent trop lourds, ils retombent au sol à une vitesse moyenne comprise « entre 60 et 100 km/h ». En France, les grêlons les plus communs ont un diamètre allant de 1 à 3 centimètres. « Les plus gros grêlons constatés mesuraient entre 10 et 12 centimètres de diamètre, en mai 2009. Mais le 11 août 1958, des grêlons de plus de 900 grammes ont été répertoriés en France, à Strasbourg. Cette année, les grêlons faisaient entre 5 et 8 centimètres de diamètre. »

Selon les régions du monde, le diamètre de ces boules de glace peut varier et engendrer des dégâts plus ou moins importants. Des grêlons de plus de 15 centimètres de diamètre ont déjà été observés aux États-Unis et en Argentine et des épisodes de très violentes averses ont déjà fait plusieurs morts en Inde.

Un éclair illumine le ciel après le coucher du soleil. L'histoire de l'humanité a été façonnée par la météo, des tempêtes extrêmes en passant par la grêle tueuse et les tempêtes de poussière.
PHOTOGRAPHIE DE Ronan Donovan, National Geographic Creative

Pour qu'un orage supercellulaire se forme, le ciel doit être relativement instable. On observe alors une différence entre l’air froid et l’air chaud. Cette année en France, « on a beaucoup d’air chaud qui remonte d’Afrique du Nord et d’Espagne et souvent de l’air plus frais au niveau des îles britanniques, ça crée un conflit de masses d’air qui est favorable à la formation d'un orage » précise Christophe Hertz. « Ensuite, il faut de l’humidité, c’est un peu le carburant de l’orage. » À cela, s’ajoutent la puissance et la direction des vents qui formeront, ou non, des courants ascendants capables de maintenir la grêle en altitude dans les nuages. 

 

COMMENT S’EN PROTÉGER ?

Lorsqu’un orage supercellulaire se forme dans le ciel, il vaut mieux ne pas être en voiture afin d’éviter tout mouvement de panique, des ralentissement ou des accidents. « Le mieux est de ne pas se retrouver au volant à ce moment-là, il faut mettre la voiture à l’abri avant l’arrivée de l’orage, protéger les vitres avec des couvertures par exemple. »

Toutefois, lorsqu’une personne se retrouve au volant lors d’une violente averse de grêlons, l’expert préconise de ne pas « stationner sous les ponts ou les arbres » pour éviter les sur-accidents, « rien ne nous dit que les branches ne vont pas tomber, c’est une fausse bonne idée. » Sans un abri potentiel, « il faut continuer à vitesse lente ou stationner sur les bandes d’arrêt d’urgence. »

Si la grêle endommage un logement ou des biens tels que du mobilier de jardin, l’assurance « multirisques habitations » couvre les dommages. Il faut prendre en photo rapidement les dégâts et les déclarer dans les cinq jours ouvrés qui suivent l’incident.

Pour les régions les plus à risque de connaître des épisodes de fortes grêles, il est préférable de souscrire à une garantie dommages tout accident auprès de votre assurance auto. « La garantie bris de glaces jouera pour les vitres brisées par la grêle. Une franchise variable selon les contrats pourra être appliquée. Si votre véhicule ne peut plus rouler, la garantie grêle prévoit, en général, un remorquage » indique la Fédération française des assureurs.

Dans le cadre agricole, pour prévenir les dégâts causés par la grêle, des filets anti-grêle peuvent être installés, « mais c’est un équipement qui coûte extrêmement cher, selon la taille du terrain à protéger. Ça se fait notamment dans les vignobles. Il y a des filets paragrêles également pour le maraîchage » explique Christophe Hertz.

Afin de détourner les nuages et les averses de grêle, certains agriculteurs tentent de contrôler la météo avec des canons à grêle. « Chargés en iodure d’argent, ces canons sont censés éparpiller la grêle. En tant que météorologues, on reste très sceptiques quant à l’efficacité de ces moyens-là. Les phénomènes sont d’une échelle si importante que c’est très compliqué [de les contrer] » conclut l’expert.

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