Environnement

Les cactus au secours de la planète

L'Organisation des Nations Unies (ONU) confirme que le cactus fait bel et bien partie de ces aliments sous-estimés qui pourraient bien venir à notre rescousse.

De Juliette Heuzebroc

Vert, épineux, croisé dans le désert ou dans un petit pot déco, le cactus pourrait contribuer à nous faire évoluer vers une consommation plus responsable. L’Organisation des Nations Unis pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié un rapport sur les bienfaits du cactus aussi bien d'un point de vue alimentaire qu'environnemental.

 

FIGUIER DE BARBARIE, LE MAL-NOMMÉ

Il ne s’agit pas de n’importe quel cactus puisque la plupart sont incomestibles. L’espèce de Cactaceae dont la FAO vante les mérites est l’Opunita ficus-indica, autrement dit le Figuier de Barbarie. Cette plante peut mesurer entre trois et cinq mètres de haut, et est particulièrement appréciée pour sa production des figues de Barbarie, des baies charnues allant de 150 à 400 grammes. De plus, ses cicladodes, ses branches en forme de raquette, regorgent d’eau. La FAO qualifie même ces plantes de « puits botaniques » puisqu’un hectare de figuier de Barbarie peut fournir jusqu’à 180 tonnes d’eau.

Le Figuier de barbarie a déjà démontré ses bienfaits lors de la sécheresse qui a frappé l’Île de Madagascar en 2015. Cette plante avait alors été une ressource en eau et en nourriture inestimable pour les populations ainsi que pour la biodiversité puisqu’elle a également permis aux animaux de s’alimenter et de s’hydrater et aux sols de se préserver.

LA RESSOURCE DE DEMAIN

Originaire du Mexique, l’espèce n’est connue en Europe que depuis le 14e siècle. Dans son pays d’origine, la plante est aussi populaire que symbolique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle est un élément central du blason mexicain sur le drapeau national.  Au Mexique, la figue de Barbarie est un aliment incontournable avec une consommation d’environ 6,4 kg par an et par habitant.

La culture du cactus s’est exportée, notamment au Brésil avec plus de 500 000 hectares cultivés, principalement pour le fourrage du bétail. Sur le continent africain, c’est principalement au Maghreb et en Ethiopie que ces plantes sont très cultivées car elles favorisent la conservation des sols, la purification des eaux et sont des sources d’eau. Tous ces éléments permettent à des pays qui connaissent des sécheresses récurrentes de pouvoir notamment développer des plantations d’orge malgré le climat. Bien d’autres pays tels que l’Inde, l’Australie, Israël ou encore la Turquie ont aussi développé leur culture de ce cactus si particulier.

Les caractéristiques positives du Figuier de Barbarie ne s’arrêtent pas là. Il a aussi un effet positif sur l’environnement : consommé par les ruminants, il réduit significativement la méthanogénèse et réduit in fine leur production de gaz à effet de serre. Pour l’Homme, au-delà d’une ressource alimentaire, le figuier de Barbarie présente également plusieurs bienfaits thérapeutiques comme la forte réduction du cholestérol, l’apport en vitamine C et des propriétés anti-diarrhéique. Son huile et sa crème aurait également de grandes vertus cicatrisantes et anti-oxydantes, bien supérieures à l’huile d’argan.

Si le figuier de Barbarie est d'ores et déjà considéré par l'ONU comme « un aliment d’avenir », l’Europe reste l’un des continents les plus en retard sur sa culture.

 

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