Les solutions pour lutter contre le changement climatique existent déjà

Des solutions ont déjà été imaginées, voire mises en œuvre. Seule manque la volonté politique.

De Christina Nunez
Publication 24 mai 2023, 14:43 CEST
sunset glacier

Le soleil couchant illumine un glacier dans le parc national de Fiordland, en Nouvelle-Zélande. De nombreux glaciers aux quatre coins du monde fondent sous l’effet du réchauffement planétaire.

PHOTOGRAPHIE DE Annie Griffiths, Nat Geo Image Collection

Les preuves que nous sommes la principale cause du changement climatique, aux conséquences désastreuses pour la vie sur Terre, sont accablantes.

C’est en 1979 que les spécialistes ont tiré la sonnette d’alarme pour la première fois au sujet du réchauffement climatique. Ce phénomène, désormais plus communément appelé « changement climatique » par les scientifiques, correspond aux mutations complexes qui affectent les systèmes météorologiques et climatiques de notre planète. Il se traduit notamment par la hausse des températures moyennes, des évènements météorologiques extrêmes, le déclin des populations d’animaux sauvages et la transformation des habitats naturels, ainsi que la montée des eaux.

Plus de 200 pays (dont les 27 États membres de l’Union européenne) ont signé en 2015 l’Accord de Paris sur le climat, un traité visant à lutter contre le changement climatique à l’échelle mondiale. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), chargé de faire la synthèse du consensus scientifique sur le sujet, a fixé l’objectif de contenir le réchauffement mondial en deçà de 2 °C tout en poursuivant l’action menée pour limiter la hausse des températures à 1,5 °C.

Mais aucun pays n’a mis en place de politique visant à maintenir le réchauffement de la planète sous la barre des 1,5 °C selon Climate Action Tracker. Sans réduction de nos émissions actuelles, la hausse des températures sera de 2,8 °C d’ici la fin du siècle.

Un arsenal de solutions sera nécessaire dans la lutte contre le changement climatique. Et celles-ci existent quasiment déjà toutes. Elles touchent notamment à la refonte de nos systèmes mondiaux de production d’électricité ou à la protection des forêts de la déforestation.

 

DE NOUVELLES TECHNOLOGIES PROMETTEUSES

Des technologies plus performantes contribueront à la réduction des émissions résultant de l’industrie et de l’automobile.

Les scientifiques cherchent des moyens de produire durablement de l’hydrogène, principalement dérivé du gaz naturel pour l’heure, afin d’alimenter les piles à combustible de nos voitures et de générer de l’électricité.

Le secteur des énergies renouvelables est en pleine croissance. Aux États-Unis par exemple, l’éolien, le solaire, la géothermie et d’autres sources renouvelables d’énergie fournissent 20 % de l’électricité du pays.

De nouvelles avancées technologiques promettent de construire des batteries plus performantes pour stocker cette énergie renouvelable, de concevoir un réseau électrique plus intelligent et de capter le dioxyde de carbone émis par les centrales électriques pour le stocker dans le sol ou le transformer en produits de valeur, comme de l’essence. Certains chercheurs estiment que le nucléaire devrait aussi faire partie de la solution, malgré les inquiétudes face à sa sécurité, l’utilisation des ressources en eau et les déchets toxiques qu’il génère. Les centrales nucléaires ne polluent pas l’air lorsqu’elles fonctionnent.

 

LA GÉO-INGÉNIERIE, PART DE LA SOLUTION ?

S’il est primordial que nos émissions de gaz à effet de serre n’augmentent pas, les scientifiques estiment qu’extraire le dioxyde de carbone déjà présent dans l’atmosphère, en l’absorbant dans le ciel, est nécessaire.

Le captage du CO2 dans l’atmosphère relève de la géo-ingénierie, une science qui interfère avec les systèmes naturels terrestres. Celle-ci constitue une approche controversée de lutte contre le changement climatique.

D’autres types de géo-ingénierie reposent sur la pulvérisation d’aérosols réfléchissant la lumière du soleil dans l’air ou l’installation d’un miroir spatial géant pour bloquer les rayons du soleil.

Les études mettent toutefois en garde des dangers potentiels liés au déploiement de ces solutions, dont nous savons peu de choses.

 

RESTAURER LES ÉCOSYSTÈMES

La plantation d’arbres, la restauration des herbiers marins et le recours aux cultures de couverture en agriculture pourraient contribuer l'absorption d’importantes quantités de dioxyde de carbone.

La forêt amazonienne, qui était un important puits de carbone, ne le serait désormais plus selon une étude parue en 2021.

La restauration et la protection de la nature pourraient contribuer à hauteur de 37 % à l’atténuation des changements climatiques nécessaire pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris à l’horizon 2030. Protéger ces écosystèmes bénéficierait également à la biodiversité, ce qui constituerait une solution gagnante pour la nature.

 

S’ADAPTER COÛTE QUE COÛTE

À travers le monde, les populations ont déjà conscience que l’adaptation doit faire partie de la réponse au changement climatique. Dans les villes côtières vulnérables aux inondations et les régions de plus en plus en proie à la sècheresse et aux incendies, une nouvelle vague d’initiatives axées sur le développement de la capacité d’adaptation voit le jour. Ces actions touchent notamment à la gestion et à la prévention de l’érosion, à la création de micro-réseaux et d’autres systèmes énergétiques capables de résister aux perturbations ainsi qu’à la conception de bâtiments en tenant compte de la montée des eaux.

La promulgation l’année dernière de l’Inflation Reduction Act (loi sur la réduction de l’inflation) aux États-Unis a constitué un investissement historique dans la lutte et l’adaptation au changement climatique.

Des ouvrages récents comme Drawdown (Stagnation) ou encore Designing Climate Solutions (Élaboration de solutions au changement climatique) proposent des solutions audacieuses, mais simples, pour inverser la tendance actuelle. Les idées varient, mais le message est le même : nous disposons déjà de la plupart des outils nécessaires à la lutte contre le changement climatique. Certains concepts, assez généraux, doivent être mis en œuvre par les entreprises et les gouvernements, mais de nombreuses autres idées impliquent des changements que nous pouvons tous faire : réduire sa consommation de viande ou repenser notre façon de nous déplacer par exemple.

« Nous disposons de la technologie pour passer rapidement à un système énergétique propre, écrivent les auteurs de Designing Climate Solutions. Sans tenir compte des bénéfices pour l’environnement, ce futur nous coûtera sensiblement la même chose qu’un avenir dans lequel nous émettons du carbone en grande quantité ».

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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