Ces femmes autochtones protègent l’Amazonie péruvienne

Dans la région de San Martín, des femmes autochtones accueillent les visiteurs pour transmettre les savoirs ancestraux de leurs peuples. Une façon de préserver à la fois leur culture et la forêt amazonienne dont elle est issue.

De Jessica Prupas
Publication 26 sept. 2026, 14:11 CEST
Les peuples autochtones de l’Amazonie péruvienne possèdent des pratiques de guérison et des modes de vie ...

Les peuples autochtones de l’Amazonie péruvienne possèdent des pratiques de guérison et des modes de vie qui trouvent leurs racines dans la nature.

PHOTOGRAPHIE DE Marlon del Aguila Guerrero Tarapoto

Les peuples autochtones de l’Amazonie péruvienne possèdent des pratiques de guérison et des modes de vie qui trouvent leurs racines dans la nature.

PHOTOGRAPHIE DE Marlon del Aguila Guerrero Tarapoto

Un éclair rouge surgit au bout de la route. Cela fait déjà plusieurs heures que nous conduisons à travers l’Amazonie péruvienne, si bien que je pense que mes yeux fatigués me jouent des tours. Mais alors que nous continuons d’avancer le long de ce chemin de terre flanqué de champs d’ananas dans lesquels s’activent des travailleurs portant des chapeaux de paille, une femme apparaît, sa robe pourpre semblable à une flamme. Nous nous approchons, et je remarque une cascade de colliers sur sa poitrine. Autour de la taille, elle porte une ceinture ornée de coquilles d’escargot accrochées à la verticale comme un rideau de perles, qui cliquette et tinte tandis qu’elle ouvre les bras pour nous accueillir. « Bienvenue dans la forêt de Nuwas », dit-elle en espagnol.

Notre hôte est Margarita Cumbia Sawao. C’est une ancienne du peuple local des Awajún, chez qui les femmes sont devenues les gardiennes de cette zone autrefois menacée de la forêt tropicale. Avec d’autres groupes de femmes autochtones de la région de San Martín (située principalement dans la Haute-Amazonie péruvienne), elles œuvrent pour la préservation des connaissances ancestrales de leurs peuples. Ces dernières années, certains de ces groupes ont commencé à accueillir des touristes du monde entier, avec lesquels ils partagent leurs coutumes et leurs traditions. À Nuwas, les invités sont invités à découvrir le mode de vie des Awajún, autrefois menacé par l’agriculture intensive et l’implantation illégale de colonies par des Péruviens originaires des Andes ayant immigré dans la région.

Margarita me mène à travers l’entrée de la forêt de Nuwas. Tout autour de nous, des rangées de palmiers et d’arbustes luxuriants de couleur vert émeraude se balancent sous l’effet de la brise tropicale. C’est ici que Margarita et les autres femmes Awajún font pousser leurs plantes autochtones, dont la plupart ont des vertus médicinales. Je peux sentir l’origan et la citronnelle dans l’air, qui servent à soigner les maux d’estomac et les rhumes.

Les rivières sont essentielles pour le peuple Awajún pour se déplacer et pêcher.

Les rivières sont essentielles pour le peuple Awajún pour se déplacer et pêcher.

PHOTOGRAPHIE DE Conservation International Peru, Marlong DAG

Les rivières sont essentielles pour le peuple Awajún pour se déplacer et pêcher.

PHOTOGRAPHIE DE Conservation International Peru, Marlong DAG

Mon hôte m’explique qu’elle a quitté son village Awajún situé un peu plus au nord pour venir vivre ici il y a 40 ans. « Nous avons de la famille à qui nous rendions visite qui habitait là. La communauté voulait que d’autres familles Awajún s’installent ici pour obtenir le titre de propriété de la terre », se rappelle-t-elle, ses boucles d’oreilles en plumes de toucan s’agitant tandis qu’elle parle. « Il n’y avait rien à l’époque, juste la forêt ». Margarita et deux autres femmes ont demandé au chef de la communauté si elles pouvaient utiliser un carré de terre isolé pour cultiver des plantes médicinales. « Il nous a répondu : “De quoi parlez-vous ? Pourquoi voulez-vous cultiver sur des terres aussi éloignées de votre maison ?” Mais nous avons persisté ».

Les femmes se sont mises au travail, plantant cette parcelle sauvage de la forêt. « Nous avons toutes travaillé très dur. C’était beaucoup de travail », se souvient Margarita. Désormais, 26 familles vivent ici et les femmes sont à la tête de la communauté, préservant les connaissances ancestrales de leur peuple en faisant pousser des plantes médicinales autrefois utilisées pour soigner tous les maux, de la typhoïde aux infections cutanées.

Margarita me montre une plante haute et dégarnie, parsemée de fleurs cylindriques bien fermées. Elle me dit que cette orchidée vanille, qui ne fleurit qu’un seul jour par an et doit être pollinisée à la main, est vénérée au sein de la communauté. Elle est souvent mélangée dans un thé contre la grippe. Les femmes Awajún se parfument avec avant de se rendre à des soirées ; une façon de signaler aux hommes qu’elles « sont prêtes », confie Margarita tout en me lançant un clin d’œil entendu. « Si un homme trahit sa femme et revient en sentant la vanille d’une autre femme, elle sait ce qu’il a fait », ajoute-t-elle.

 

DES VOIES SACRÉES

Nous remontons à bord de notre van pour nous enfoncer davantage encore dans la forêt, les champs ouverts laissant place à des fourrés sauvages et noueux tandis que nous cahotons sur la route. Nous parvenons à une clairière où cinq femmes Awajún vêtues de la tenue traditionnelle montent la garde, telles une rangée de lanternes rouges et rayonnantes. « Bienvenue », lance Nivia Cumbia avec un grand sourire. Comme Margarita, elle porte une multitude de colliers. Elle nous explique qu’ils sont fabriqués à partir de graines récupérées dans la forêt de Nuwas. Nivia en place un sur ma tête ; il est composé de graines rouges et noires de huayruro (Ormosia coccinea), qui symbolisent la protection spirituelle et la chance. Elle peint ensuite des points d’une teinture à base de roucou, une plante locale, sur chacune de mes joues. Ce geste est traditionnel des rassemblements Awajún ; le nombre de points signale l’état matrimonial de la personne qui les porte.

Nous suivons les femmes sur un sentier qui suit une route sacrée traversant la forêt de Nuwas. Le tintement des perles de leurs colliers se fait entendre à chacun de leurs pas. Nous finissons par atteindre un arbre majestueux, dont la canopée bien fournie s’élève à 50 mètres au-dessus du sol. C’est le tsaik, l’« arbre de la vie » des Awajún. Nivia m’ordonne de placer mes bras autour de son immense tronc strié. « Inspire et libère-toi de ce qui te préoccupe », me dit-elle. Les Awajún pensent que le tsaik emporte les énergies négatives. C’est pourquoi toute personne qui visite la forêt doit s'en défaire avant de pénétrer dans celle-ci. « Il résout tout », déclare Nivia. « Si vous avez des problèmes de couple, il les résoudra ».

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Les rivières sinueuses sont les autoroutes de l’Amazonie.

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Gauche: Supérieur:

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PHOTOGRAPHIE DE Amazon Resorts S.A.C.
Droite: Fond:

Les rivières sinueuses sont les autoroutes de l’Amazonie.

PHOTOGRAPHIE DE arthurs perspective, Alamy

Nous continuons à descendre le sentier en évitant les lianes emmêlées qui bloquent le chemin. L’air est chargé en humidité et l’odeur du bois brûlé provenant d’un feu lointain nous parvient aux narines. La végétation explose depuis la ligne d’arbres qui bordent notre itinéraire, s’élevant jusqu’au ciel comme des fortifications. Nous faisons une pause pour rendre hommage au guampoo, dont les gigantesques racines en contrefort semblent prêtes à nous engloutir. Nivia frappe sur l’une d’elles, produisant un son creux et fort qui transperce le calme. « Cet arbre abrite les esprits de la forêt. Lorsqu’il produit ce son, nous savons que les esprits sont heureux », explique-t-elle.

Nous reprenons notre chemin et parvenons à une cabane au toit de chaume construite à partir de jonc sauvage tressé, devant laquelle nous attendent plusieurs femmes Awajún. Leur visage s’illumine et elles nous font de grands sourires alors que nous nous approchons. Elles nous invitent à l’intérieur, où elles ont disposé moult fruits frais cueillis dans la forêt. Je ne connais pas la plupart d’entre eux. Nivia ouvre une cabosse de cacao et me fait goûter ses graines charnues et caoutchouteuses. Il existe de nombreuses variétés de cacao dans la forêt de Nuwas et les femmes Awajún possèdent et dirigent une fabrique de chocolat non loin de là. Je goûte ensuite l’aguaje, un fruit riche en vitamines et savoureux dont j’enlève la peau fibreuse pour révéler une chair orangée, ainsi que le cocona, un agrume orange-jaune qui ressemble à une tomate et est utilisé contre le diabète. « Vous pouvez trouver tout ce dont vous avez besoin dans la forêt », précise Nivia.

Avant de partir, nous sommes invités à nous rendre devant la cabane pour que les Awajún puissent nous dire au revoir avec une danse traditionnelle. Accompagnée du lent battement d’un tambour tantui, fabriqué à partir du tronc creux d’un arbre, l’une des femmes chante une chanson d’amour qui raconte l’histoire d’une épouse se languissant de son mari absent. Nous regardons le reste du groupe danser et tournoyer en cercle, le cliquetis constant de leur tenue produisant un rythme de percussions. Un peu plus tôt, Nivia m’avait expliqué que ce bruit imitait le son d’une cascade. En fermant les yeux, j’ai l’impression d’entendre les cascades déferler dans la forêt tropicale.

 

LES GARDIENNES DU SAVOIR

Le lendemain, nous quittons notre base située à Moyobamba, porte d’entrée régionale de cette partie de l’Amazonie péruvienne, pour nous rendre à Chazuta, une petite ville dans les contreforts des Andes. Le voyage se révèle par moment dangereux : les routes en lacets nous mènent au travers de la jungle épaisse, où nous sommes entourés de falaises recouvertes de végétation qui s’élèvent depuis les berges brumeuses en contrebas. En approchant des basses terres, les montagnes laissent place aux terres agricoles et le río Huallaga, dont les eaux scintillent sous le soleil matinal, se laisse entrevoir entre les arbres.

Un panneau, semblable à une urne, nous accueille à Chazuta. La ville est un centre régional de poterie traditionnelle grâce à la population autochtone locale, qui a transmis ses techniques ancestrales. C’est aussi une véritable ruche : des marchands vendent à la criée des seaux remplis de poissons-chats sauvages de l’Amazone ; des taxis motos à trois roues foncent dans les rues étroites ; des pêcheurs descendent la rivière à bord de bateaux en bois au moteur pétaradant. Les maisons basses, aux couleurs vert, bleu et rose vives, affichent des cours poussiéreuses où jouent les enfants et s’aventurent les chiens des rues.

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Pendant la saison des pluies, le fleuve Amazone grossit tellement qu’il inonde le sol de la forêt, transformant certaines parties de l’Amazonie en un gigantesque labyrinthe aquatique.

PHOTOGRAPHIE DE Promperú

Pendant la saison des pluies, le fleuve Amazone grossit tellement qu’il inonde le sol de la forêt, transformant certaines parties de l’Amazonie en un gigantesque labyrinthe aquatique.

PHOTOGRAPHIE DE Promperú

Nous nous arrêtons devant un long bâtiment surmonté d’un toit de chaume. Une femme portant une jupe fluide rose poudrée, des fleurs couleur corail dans les cheveux, nous attend devant. Il s’agit de Consuelo Ríos, membre de Yana Rumi, un collectif d’artisanes de Chazuta qui cherchent à préserver l’héritage artisanal de la ville. « Hola », dit-elle en ouvrant le portillon qui mène à un jardin planté de palmiers et à un studio ouvert et traversé par la brise. Les murs sont enduits de torchis jaune canari et de grands vases en terre, tournés à la main par les femmes, décorent le moindre recoin.

Installée autour d’une table sur laquelle se trouvent des bols remplis de fruits tropicaux, la famille de Consuelo nous salue. Sa sœur, ses deux tantes, sa nièce et sa grand-mère sont également membres du collectif. Elles portent la même tenue que Consuelo. L’insigne floral géométrique brodé à la main qui orne leur blouse est le symbole de la famille, me confient-elles. Un emblème similaire de couleur blanche, rouge et noire, les couleurs de leurs céramiques, décore le mur. C’est la grand-mère de Consuelo qui a créé le motif originel en s’inspirant de fleurs sauvages qu’elle trouvait dans l’Amazonie, que la mère et la sœur de Consuelo ont ensuite peinte.

S’il est connu pour la poterie, le collectif Yana Rumi produit aussi toutes sortes d’artisanat traditionnel. Il est né en 2019, avec le désir de rassembler les nombreux artisans qui travaillent à Chazuta afin de mieux préserver leurs techniques ancestrales. Le collectif comptait quelques hommes parmi ses membres à ses débuts. « Mais ils sont tous partis », explique Consuelo. « C’était un travail trop difficile pour eux ».

Les femmes retournent à leur poste et reprennent leur travail là où elles l’avaient laissé, tissant des paniers en fibre de feuille de palmier et filetant du coton brut à l’aide d’un fuseau manuel. Assise sur un métier à tisser traditionnel, l’une des tantes de Consuelo rabat des fils de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel à l’aide d’une ancienne technique amazonienne pour former des motifs complexes et entremêlés.

Je suis Consuelo à l’autre bout du studio, où les étagères débordent d’outils et le sol est recouvert de sacs géants en chanvre. Ces derniers sont remplis de shaño, une poudre obtenue en écrasant des morceaux de poterie cuite, qui est ensuite mélangée à de l’argile pour la rendre plus granuleuse et facile à manipuler. Consuelo me montre comment elle la fabrique en utilisant un gigantesque maray, une meule qui lui a été transmise par sa grand-mère. Assise sur le sol, elle balance la meule d’avant en arrière sur les éclats de poterie et les réduit ainsi en poussière.

Une fois que cela est fait, la poussière est mélangée à de l’argile. Avec les pieds, comme le veut la tradition. Consuelo me convainc de l’aider. J’enlève mes chaussures et je plonge mes pieds dans l’immense auge où l’argile sèche après avoir été prélevée sur les berges du coin. « C’est thérapeutique », dit-elle, tandis que sa sœur lance une compilation de musique pandilla, un genre de danse frénétique originaire de l’Amazonie. « Baile! », m’ordonne la jeune femme. Nous nous mettons alors à piétiner et à nous dandiner tout en incorporant le shaño dans la terre humide.

Toutes les membres du collectif portent la même blouse, qui arbore l’insigne floral géométrique de la ...

Toutes les membres du collectif portent la même blouse, qui arbore l’insigne floral géométrique de la famille, brodé à la main.

PHOTOGRAPHIE DE Mario Portilla, Canatur

Toutes les membres du collectif portent la même blouse, qui arbore l’insigne floral géométrique de la famille, brodé à la main.

PHOTOGRAPHIE DE Mario Portilla, Canatur

Sous mes orteils, l’argile devient lisse et souple. Consuelo en prélève une partie et nous mène jusqu’à sa table de travail, où la poterie prend forme. « Il faut d’abord l’étaler pour retirer l’air qu’elle contient », dit-elle en abattant une poignée de terre humide sur la table avant de l’aplatir avec sa paume. Nous suivons son exemple en appuyant sur l’argile froide jusqu’à ce qu’elle forme un cercle plat. Elle nous montre ensuite comment façonner la matière brute en un récipient en formant de longs colombins et en les empilant les uns sur les autres sur la base. « Ça doit ressembler à des intestins », décrit-elle. Puis, elle nous montre comment lisser chaque strie. Et nous voilà avec un petit bol prêt à aller au four.

Mais nous n’allons pas cuire nos objets aujourd’hui. Le processus traditionnel, connu sous le nom de shuntu, prend jusqu’à 13 heures et nécessite une quantité colossale de bois pour alimenter le four ouvert chauffé à blanc. Les femmes l’allument à deux ou trois heures du matin, alimentant sans cesse le four à poterie avec du bois ramassé dans la forêt. Je m’approche de l’énorme four à pierre. Des flammes s’échappent de la petite ouverture tandis que la tante de Consuelo y met des bûches. Une fois que les récipients ont durci, ils sont décorés avec des teintures naturelles fabriquées à partir de matériaux provenant de la forêt tropicale. La terre blanche est mélangée à de la terre jaune pour obtenir des pigments plus légers, tandis que le noir est obtenu à partir de yana rumi, une pierre locale qui a donné son nom au collectif et qui est utilisée de longue date pour donner aux objets leur aspect brillant si reconnaissable.

Consuelo saisit une tinaja (une cruche traditionnelle) qui a été cuite et dont l’argile grisâtre est devenue terracotta au cours du processus. Elle est décorée des mêmes motifs floraux géométriques qui ornent les blouses des femmes, lesquels ont été dessinés avec des pinceaux fins en cheveux humains. Autour du bord, Consuelo a également peint trois lignes, un autre signe distinctif de Yana Rumi, qui représente les trois générations présentes au sein du collectif.

Le soleil se couche désormais, inondant la poterie, les femmes affairées à leur travail, les fleurs sur le mur, d’une lumière dorée. En regardant la famille de Consuelo s’agiter dans le studio, créant de précieux trésors à partir des matières brutes de la forêt, je sens que nous ne sommes pas seules dans la pièce. L’esprit de leurs ancêtres, guidant les mains de leurs descendantes qui perpétuent leur héritage, est là, avec nous.

COMMENT S’Y RENDRE ?

Pour vous rendre dans la région de San Martín, vous devrez d’abord rejoindre Lima en avion avant de prendre un vol régional à destination de Tarapoto. Si vous souhaitez visiter la forêt de Nuwas, séjournez au Kantu Garden Lodge (à partir de 92 € la nuit), situé dans la ville de Moyobamba. Pour visiter Chazuta, optez pour le Pumarini Amazon Lodge, situé non loin de Tarapoto (à partir de 113 € la nuit).

SE DÉPLACER SUR PLACE

Les routes amazoniennes peuvent être piégeuses. Le mieux est donc de faire appel aux services d’un chauffeur local. Pour ce faire, rapprochez-vous des voyagistes de la région de San Martín, comme Millonarios Travel.

EN SAVOIR PLUS

Peru.travel

Cet article a été rédigé avec le soutien de Promperu. Il a initialement paru dans le magazine National Geographic Traveller en langue anglaise.

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