Découverte d'un texte du « père de la médecine » dans un monastère en Égypte

Le manuscrit a été exhumé par les moines du monastère, alors qu'ils réalisaient des travaux de restauration au sein de la bibliothèque séculaire.

Publication 3 juin 2019 à 17:08 CEST, Mise à jour 5 nov. 2020 à 06:46 CET
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Le texte a été découvert au sein du monastère Sainte-Catherine, situé sur une péninsule du nord-est de l'Égypte.
Photographie de UIG, Getty Images

Hippocrate est probablement le médecin le plus célèbre de l'histoire. Aujourd'hui encore, de nombreux étudiants en médecine affirment que le serment du médecin de l'Antiquité respecte les principes éthiques médicaux. Nous avons beau en savoir peu sur sa vie (le fait qu'il soit l'auteur du serment ou d'autres manuscrits qui portent son nom est même remis en question), Hippocrate n'en est pas moins considéré comme le « père de la médecine occidentale ».

Au cours de travaux de rénovation de la plus ancienne bibliothèque au monde, des archéologues auraient découvert l'une des recettes médicinales du docteur de l'Antiquité.

Alors qu'ils restauraient le monastère Sainte-Catherine dans le sud du Sinaï, une région reculée située sur une péninsule au nord-est de l'Égypte, des moines affirment avoir mis la main sur un manuscrit du 6e siècle appartenant au médecin. Cette découverte a été annoncée par des représentants des gouvernements égyptien et grec qui ont collaboré avec des chercheurs grecs.

Le manuscrit renferme un précepte médicinal attribué par les chercheurs à Hippocrate, ainsi que trois recettes illustrées par des images d'herbes écrites par un scribe anonyme.

Le manuscrit était l'un des principaux palimpsestes du Sinaï de la bibliothèque. Les palimpsestes étaient fabriqués à partir d'un cuir extensible dont la production était fastidieuse et onéreuse à l'époque. Par conséquent, le contenu original de nombreux parchemins était effacé ou recouvert d'un second texte afin qu'un nouveau manuscrit y soit écrit.

Dans le cas de la recette médicinale d'Hippocrate fraîchement découverte, une seconde couche d'un texte biblique, appelé « manuscrit sinaïtique » a été écrit par dessus le parchemin original.

Le texte a été étudié par des chercheurs de la bibliothèque électronique des premiers manuscrits (Early Manuscripts Electronic Library), partenaire permanent du monastère Sainte-Catherine.

Cette bibliothèque a recours à l'imagerie spectrale afin de déchiffrer les palimpsestes. Cette technique permet de révéler le texte invisible à l'œil nu qui se cache sous la deuxième couche de texte du manuscrit.

Michael Phelps, chercheur de la bibliothèque électronique, a déclaré dans un entretien avec le journal égyptien Asharq Al-Aswat : « Le manuscrit, qui renferme trois écrits médicaux, sera inscrit à la liste des manuscrits les plus anciens et les plus importants au monde ».

Le monastère Sainte-Catherine abrite environ 130 palimpsestes connus ; le contenu des écrits effacés situés sous le texte visible demeure un mystère pour nombre d'entre eux.

La région, située dans une partie relativement enclavée du désert, a été habitée pour la première fois par des ermites et des savants religieux au cours du 3e et 4e siècle. Depuis la construction des murs et de l'église autour de l'emplacement historique au 6e siècle, des moines ont habité le monastère. Aujourd'hui, un nombre réduit de moines y vivent, y travaillent et y observent des pratiques demeurées inchangées depuis plusieurs siècles.

La bibliothèque, quant à elle, contient environ 3 300 manuscrits essentiellement écrits en grec. Des textes rédigés en aramaïque chrétien de Palestine, en syriaque, en géorgien, en arabe et en latin ont également été recouverts.

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