Dans la Vallée des Rois, le fabuleux tombeau du pharaon Séthi Ier

La sépulture de Séthi Ier était l'une des plus colorées du royaume égyptien. Mais lorsqu'on l'a découverte en 1817, son corps momifié avait disparu.

Wednesday, July 1, 2020,
De José Lull
Séthi Ier tel que représenté sur un relief décorant son tombeau.

Séthi Ier tel que représenté sur un relief décorant son tombeau.

Photographie de ARALDO DE LUCA

Au cœur de la vallée des Rois, derrière l'une des portes qui masquaient autrefois les entrées des sépultures royales se trouve une structure baptisée KV17 (King’s Valley 17). Malgré un nom laissant peu de place à la poésie, ce tombeau est loin de laisser indifférent les égyptologues : construit pour accueillir Séthi Ier après sa mort en 1279 avant notre ère, il est découvert en 1817 par une équipe d'archéologues ébahis devant la splendeur de ses décorations témoignant des croyances de l'époque au travers de représentations du défunt et des divinités de l'Égypte antique.

Dans la vallée des rois, le tombeau le plus célèbre, celui de Toutânkhamon, se situe entre Séthi Ier (au centre) et le fils de ce dernier, Ramsès II, dit Ramsès le Grand (en haut, à gauche).

Photographie de EOSGIS.COM/NG MAPS

La vallée des Rois était le dernier lieu de repos de nombreux pharaons du Nouvel Empire (1539 - 1075 avant notre ère), une période de l'histoire égyptienne marquée par un regain d'influence et de puissance. La construction de cette immense nécropole du désert débuta sous Thoutmôsis Ier, dont le règne fut synonyme de renouveau pour l'Égypte antique après l'instabilité de la Deuxième Période intermédiaire. Un grand tombeau destiné à Thoutmôsis fut creusé sur la rive ouest du Nil, dans la roche des vallées accidentées du désert. Le choix se porta sur ce lieu reculé afin de protéger les fastueuses sépultures royales de l'avidité des pilleurs de tombes. Avec l'arrivée des sarcophages d'autres souverains du Nouvel Empire, l'emplacement qui abritait le tombeau de Thoutmôsis allait peu à peu se transformer en une vaste nécropole.

Malgré leur volonté de dissimuler le contenu des tombeaux derrière des passages secrets, la plupart d'entre eux ont été sauvagement pillés, à l'exception de celui de Toutânkhamon. La sépulture de Séthi Ier n'a pas été épargnée. Cependant, après avoir été délesté de son mobilier funéraire en or et même de la momie du pharaon, le tombeau de Séthi renfermait encore une myriade de trésors. Les inestimables œuvres d'art qui recouvraient ses murs ont été remarquablement conservées et offrent aujourd'hui aux spécialistes un aperçu haut en couleur des rituels et de la spiritualité qui entouraient la mort d'un Roi chez les Égyptiens.

Découverte par Giovanni Belzoni en 1871, la tombe de Séthi Ier se situe entre la tombe de son père, Ramsès I (également découverte par Belzoni) et celle de Ramsès X, l'avant-dernier souverain de la 20e dynastie.

Photographie de TRAVEL PICTURES/ALAMY/ACI

UN AVENTURIER ITALIEN

Au 1er siècle avant notre ère, l'historien Diodore de Sicile qualifiait de ruine la vallée des Rois. Les siècles n'ont pas été tendres avec la nécropole qui a subi de plein fouet les dégâts infligés par l'Homme et la nature. L'intérêt académique sincère des érudits français à la suite de l'invasion de l'Égypte par Napoléon a rencontré un intérêt commercial certain pour les antiquités. Début 19e, un grand nombre d'objets disséminés à travers l'Égypte avaient été pillés au profit du marché européen.

Lorsque l'italien Giovanni Belzoni, ancien homme fort du cirque devenu aventurier, gagne l'Égypte en 1815, le pays est sous contrôle britannique. À cheval entre explorateur et pilleur de tombes, le statut ambigu de Belzoni ne décourage pas le consul britannique au Caire, Henry Salt, de solliciter ses services pour le transport d'une imposante tête de Ramsès II vers Alexandrie, d'où elle sera ensuite expédiée au British Museum de Londres. Belzoni était également impliqué dans une guerre de territoire avec le consul de France qui avait recruté des pilleurs de tombes pour dénicher des antiquités.

Découvert par Giovanni Belzoni, ce sarcophage translucide en albâtre a été extrait du tombeau puis transporté à Londres au début des années 1820. Des hiéroglyphes tirés du Livre des Portes ont été gravés sur ses parois.

Photographie de SCALA, FLORENCE

Alors qu'il s'efforce de battre un rival français, Belzoni se lie d'amitié avec les locaux habitant près de la vallée des Rois où ils travaillent en tant que pilleurs de tombes. Grâce à leurs informations, il se familiarise avec le site. Malgré son côté mercenaire, Belzoni était un fervent passionné d'archéologie. Il a étudié la topographie de la vallée et s'est aperçu qu'un drainage rapide des eaux de pluie pouvait trahir une entrée dissimulée.

À l'hiver 1816, Belzoni parvient à localiser le tombeau du pharaon Aÿ de la 18e dynastie. En octobre de l'année suivante, ses hommes découvrent la sépulture de Ramsès Ier, fondateur de la 19e dynastie. Au cours de cette découverte, Belzoni remarque un autre petit orifice à travers lequel la pluie s'écoule facilement, ce qui suggère la présence d'une cavité souterraine. Après quelques coups de pioche, son équipe tombe sur une entrée scellée par des gravats. Une fois les gravats évacués, ils aperçoivent de somptueuses décorations sur les parois à l'intérieur.

Au cours de son exploration, Belzoni découvre un taureau embaumé, ce qui l'amène à penser que le tombeau est dédié à Apis, le taureau sacré vénéré dans le nord de l'Égypte. Il ne reconnaît pas la sépulture comme étant celle de Séthi Ier ou d'un autre souverain, car aucune momie humaine n'a été mise au jour.

Le plafond voûté de la chambre funéraire inférieure de Séthi Ier représente le firmament et les étoiles qu'il contient. Diverses constellations du ciel nocturne y apparaissent,entre deux cortèges divins, notamment la Grande Ourse (à droite) qui est un taureau en cosmologie de l'Égypte antique.

Photographie de ARALDO DE LUCA

GALERIE DES MERVEILLES

Même si l'identité de l'occupant du tombeau lui est inconnue, Belzoni reconnaît le caractère exceptionnel des peintures qui ornent ses parois. Dans les mois qui suivent sa découverte, il réalise des empreintes à la cire des différents reliefs, un procédé qui ne sera pas sans conséquence. Il entreprend également de reproduire les illustrations du tombeau à l'aquarelle.

Lorsque Belzoni atteint la chambre funéraire, il y découvre la voûte céleste représentée sur un plafond majestueux ainsi qu'un sarcophage vide en albâtre, à même le sol, en travers d'une volée de marches qui donne sur un long et mystérieux couloir que les hommes de Belzoni s'arrêteront d'explorer après une centaine de mètres. Le sarcophage est alors extrait du tombeau pour finalement être acheté par un collectionneur anglais, Sir John Soane, du nom du musée londonien qui l'expose aujourd'hui.

L'illustration figurant sur le mur de cette antichambre représente la rencontre entre Séthi Ier et plusieurs divinités. On y découvre le pharaon en compagnie de la déesse Isis et du dieu Anubis, symbole de la mort et de la momification, représenté avec une tête de chien.

Photographie de ARALDO DE LUCA

Outre l'admiration suscitée chez quiconque les observe, les œuvres d'art du tombeau ont également offert aux égyptologues les ensembles de textes funéraires les plus anciens et les plus complets de l'Égypte antique. Sur les murs, les peintures reprennent des scènes riches en détail du Livre de l'Amdouat et le texte des Litanies de Rê, un recueil d'invocations et de prières dédiées à la divinité solaire. L'immense sarcophage est décoré de scènes du Livre des Portes, un texte égyptien sur le passage d'une âme dans l'au-delà, qui lui valent d'être aujourd'hui considéré comme le plus important des artéfacts de la 19e dynastie d'Égypte.

Pendant des années, la tombe allait être attribuée à divers souverains. Il faudra attendre 1828 et l'entrée en scène de Jean-François Champollion, égyptologue français, pour que les hiéroglyphes soient déchiffrés et la tombe attribuée à son occupant légitime, Séthi Ier. Père de Ramsès II, Séthi Ier était l'un des grands souverains de la 19e dynastie. Son règne s'est étalé sur onze années au cours desquelles il a étendu l'influence égyptienne jusqu'en Nubie, au sud, et en Syrie, au nord-est. Plus tard, les archéologues allaient découvrir la momie du roi dans la cache voisine des momies royales, où elle avait été déplacée dans l'antiquité par mesure de sécurité.

La momie de Séthi Ier a été retirée du tombeau dans l'antiquité puis cachée dans la structure baptisée TT320 par les archéologues, une cache contenant plus de 50 momies découverte en 1881.

Photographie de ARALDO DE LUCA

L'exploration du tombeau s'est poursuivie au cours du siècle suivant. En 1903, Howard Carter, qui allait découvrir en 1922 la tombe de Toutânkhamon, relance les fouilles du tombeau de Séthi Ier dans les règles de l'art, en suivant des méthodes méticuleuses afin de dresser l'inventaire du contenu de la sépulture. Plus d'un siècle plus tard, l'égyptologue Zahi Hawass achèvera d'explorer le tunnel découvert par Belzoni au départ de la chambre funéraire. Il s'avère que le tunnel s'arrête brusquement après 170 m, ce qui amène l'égyptologue à conclure qu'il aurait été creusé dans le seul but de relier la chambre au royaume des morts.

Depuis les premières fouilles de Belzoni, l'exposition aux éléments et aux visiteurs a endommagé le tombeau de Séthi Ier, mais des initiatives de conservation ont été mises en œuvre pour le protéger et le préserver. En 2016, la Factum Foundation a eu recours aux dernières technologies pour scanner et photographier l'ensemble du complexe, non seulement pour le préserver et étudier ses œuvres d'art, mais également pour en créer des reproductions fidèles pouvant être imprimées et disposées dans une maquette grandeur nature du tombeau. De cette façon, les visiteurs peuvent s'émerveiller devant la grandeur d'une sépulture de pharaon sans mettre en danger l'original. Les fouilles du tombeau sont en grande partie terminées, mais il semblerait que son aura énigmatique ait encore de beaux jours devant elle.

Avec les 88 m séparant l'entrée de la chambre funéraire auxquels il faut ajouter les 170 m du tunnel, la sépulture de Séthi Ier (KV17) est la plus étendue de la vallée des Rois. Elle abrite des éléments rituels, comme la chambre du puits, et arbore des scènes tirées des textes funéraires égyptiens. L'une d'entre elles, tirée du Livre des Portes, dépeint le voyage d'une âme dans l'au-delà.

Photographie de WHITE STAR

LES PREMIERS PAS

Le tombeau de Séthi Ier s'ouvre sur une première série de chambres et de couloirs aux parois recouvertes d'une multitude d'œuvres d'art sous la forme de reliefs colorés illustrant des textes funéraires axés sur le dieu solaire, Rê. L'une de ces illustrations est le Livre d'Amdouat du Nouvel Empire qui représente le voyage entrepris chaque nuit par Rê : en l'espace de douze heures, il doit relever une série d'obstacles en utilisant les formules magiques inscrites sur les murs. Ces murs arborent également des textes des Litanies de Rê, un recueil d'invocations et prières à la gloire de la divinité solaire. Les visiteurs descendent ensuite une volée de marches par laquelle ils accèdent à trois couloirs.

Entrée principale du tombeau de Séthi Ier dans la vallée des Rois.

Photographie de ALAMY/ACI

Un trio de serpents se faufile sur cette scène tirée d'un texte funéraire, le Livre d'Amdouat, peinte sur les murs du premier passage de la tombe de Séthi Ier.

Photographie de ARALDO DE LUCA

Dans le premier couloir, Séthi Ier est représenté en compagnie du dieu Rê-Horakhty dans une scène des Litanies de Rê qui associe le défunt pharaon à diverses formes du dieu solaire. Une succession de vautours symbolisant la déesse Nekhbet apparaît au plafond sur un ciel étoilé. Des images tirées des Litanies apparaissent également dans le second escalier, on y découvre le dieu Rê sous différentes apparences. Sur les parois latérales du couloir suivant sont présentées les différentes étapes du voyage nocturne de Rê, telles que racontées dans le Livre d'Amdouat. Le visiteur arrive ensuite au puits rituel, symbole du dernier lieu de repos d'Osiris, dieu du monde souterrain. À cet endroit, les œuvres d'art représentent les dieux souhaitant la bienvenue au regretté pharaon.

 

PILIERS DES DIEUX

Après la traversée du puits d'Osiris, les visiteurs s'engouffrent dans une salle soutenue par quatre piliers richement décorés. Là où les premiers couloirs mettent l'accent sur le rôle du dieu solaire Rê, cet espace marque quant à lui la transition vers un art dit « chtonien », associé au monde souterrain. Les œuvres d'art de cette salle illustrent des scènes du Livre des Portes, un texte funéraire qui relate le voyage entrepris par les défunts dans l'au-delà au cours duquel chaque heure de la nuit est matérialisée par une porte lourdement gardée. Bien que le Livre des Portes ait pu précéder le Nouvel Empire, sa première apparition dans une tombe royale a été découverte dans la chambre funéraire du roi Horemheb, dernier pharaon de la 18e dynastie.

Cette décoration inachevée de la salle latérale des deux piliers représente Maât, déesse de l'ordre et de la justice, offrant une ânkh, symbole de la renaissance, au pharaon décédé.

Photographie de ARALDO DE LUCA

Sur les colonnes peintes de cette salle des quatre piliers, Horus (à la tête de faucon) et Ptah (à la peau bleue) s'entretiennent avec Séthi Ier.

Photographie de ARALDO DE LUCA

De chaque côté de ces colonnes, l'âme du défunt Séthi Ier s'entretient avec une divinité. Sur le mur arrière de la chambre, Séthi est accueilli par Osiris, dieu du monde souterrain. Une porte mène ensuite à une chambre latérale soutenue par deux piliers aux parois recouvertes de décorations inachevées, des esquisses détaillées n'ayant pas passé l'étape de la coloration avant l'enterrement de Séthi Ier. Depuis la chambre aux quatre piliers, des escaliers emmènent les visiteurs vers les niveaux inférieurs du tombeau où ils poursuivent leur progression vers la chambre funéraire.

 

AU PLUS PRÈS DE L'AU-DELÀ

En empruntant ces escaliers, les visiteurs accèdent à un nouveau couloir où ils découvrent Séthi Ier debout face à une table d'offrandes. Sur le mur gauche figure un ensemble de textes et d'images en lien avec le rituel de l'ouverture de la bouche, une cérémonie au cours de laquelle une série d'instruments de rituels est appliquée sur une représentation du défunt pour lui permettre de retrouver les facultés d'un être vivant dans l'au-delà : respirer, parler, manger, entendre et voir. Cette cérémonie prend racine dans l'Ancien Empire, mais sa représentation dans les tombeaux est plutôt rare. On ne le retrouve de façon détaillée que dans une seule autre sépulture royale du Nouvel Empire, celle de la reine Taousert de la 19e dynastie.

Après avoir traversé la partie supérieure de la chambre funéraire de Séthi Ier, les visiteurs pénètrent dans sa spectaculaire partie inférieure où ils sont immédiatement interpellés par le bleu profond d'un plafond voûté représentant le firmament sur lequel se côtoient divinités et constellations.

Photographie de ARALDO DE LUCA

Après une nouvelle volée de marche, les visiteurs traversent un couloir orné de serpents ailés donnant sur une salle décorée d'autres scènes du rituel de l'ouverture de la bouche et d'extraits de la Litanie de l'œil d'Horus. Ce texte funéraire permettait au défunt de prendre part à une succession d'offrandes aux dieux. S'ensuit une antichambre au plafond recouvert de somptueuses peintures symbolisant le ciel étoilé. Les couleurs de ces illustrations ont été tristement endommagées par Belzoni qui avait opté pour une reproduction directe des reliefs à l'aide de moules en cire.

 

LES CHAMBRES FUNÉRAIRES

Après l'antichambre vient la splendeur du complexe funéraire à proprement parler, là où aurait dû se trouver la momie du pharaon. À l'instar du tombeau d'Amenhotep II construit un siècle plus tôt, la pièce est divisée en deux parties : une chambre supérieure, à l'origine soutenue par six piliers aux sublimes décorations, et une chambre inférieure dotée d'un haut plafond voûté sur lequel sont apparaissent plusieurs divinités égyptiennes. Culminant à 6 m de haut, la structure en arc symbolise la voûte céleste et une série de dieux et déesses y sont représentés en procession vers les symboles des constellations peints sous la forme d'animaux. Les murs présentent des scènes du Livre d'Amdouat. Depuis le haut du mur arrière, la déesse Isis surplombe la pièce en déployant ses ailes.

Cette peinture de la seconde annexe représente différents dieux soutenant une vache, la forme animale de Nout, déesse du ciel.

Photographie de ARALDO DE LUCA

Coiffé d'une couronne Atef multicolore, le dieu Osiris, souverain du monde souterrain, est installé sur un trône dans l'annexe. Il porte la barbe et tient dans ses mains la crosse et le fléau, trois symboles de la royauté.

Photographie de ARALDO DE LUCA

C'est à cet endroit, sous une voûte triomphale, que Belzoni a posé les yeux sur le sarcophage en albâtre abandonné de Séthi Ier. Certains pensent que les pilleurs auraient laissé derrière eux le sarcophage, car sa taille le rendait presque impossible à déplacer. Pendant près de deux siècles, les archéologues se sont interrogés sur l'utilité du tunnel qui descend de la chambre funéraire, jusqu'à ce que Zahi Hawass découvre qu'il ne mène nulle part lors de fouilles conduites au début des années 2000. Bon nombre d'égyptologues suggèrent qu'il servait à relier le lieu de repos de Séthi Ier aux profondeurs du royaume des morts. (À lire : Isis, une déesse égyptienne à la conquête du monde romain.)

Oushebti en faïence découvert dans la tombe de Séthi Ier. British Museum, Londres.

Photographie de SCALA, FLORENCE

LES CELLIERS DU DÉFUNT

La partie supérieure de la chambre funéraire est connectée à deux petites annexes. Lorsqu'en 1922, Howard Carter découvre le tombeau de Toutânkhamon dans un état de conservation remarquable, il remarque également la présence d'annexes remplies de poteries, de jeux et même de nourriture pour l'au-delà. Les annexes de la sépulture de Séthi Ier devaient probablement contenir des biens et produits similaires dont les pilleurs de tombes se sont emparés il y a fort longtemps. La première annexe est décorée de scènes du Livre des Portes alors que sa jumelle, située à l'exact opposé, présente des scènes du Livre de la vache du ciel qui racontent comment la déesse Nout a créé la voûte céleste.

D'après la légende, lorsque la hauteur la fit vaciller, elle dut faire appel à plusieurs autres divinités pour la soutenir. La partie inférieure de la chambre funéraire dispose également de deux annexes. L'une, de forme carrée, renferme deux piliers recouverts de différentes figures, notamment le défunt pharaon, associé au dieu Osiris, et d'autres images tirées du Livre d'Amdouat. L'autre, à l'arrière du complexe, ne présente aucune décoration et servait au stockage de diverses offrandes. C'est dans cette dernière que Belzoni a trouvé le taureau momifié ainsi qu'un grand nombre d'oushebtis, ces statuettes en bois ou faïence qui allaient servir le défunt dans sa vie après la mort.

 

TUNNEL POUR L'AU-DELÀ

Depuis la partie inférieure de la chambre funéraire de Séthi Ier, un long et mystérieux escalier prolonge le complexe en descendant et pendant près de deux siècles, personne ne savait où il menait. En 1817, Belzoni s'y était aventuré, mais avait été contraint de faire demi-tour avant d'en apercevoir la fin. D'après les spéculations, le tunnel, dont la partie inférieure était obstruée par des gravats, aurait dissimulé le véritable lieu de repos du pharaon. En 1960, un archéologue amateur de la région avait déblayé une trentaine de mètres supplémentaires avant de s'engager dans la mauvaise direction et de perdre la trace du couloir initial.

Il faudra ensuite attendre 2007 pour qu'une équipe menée par le directeur du département des Antiquités égyptiennes, Zahi Hawass, se lance à nouveau dans un déblayage minutieux du passage. Trois ans plus tard, en 2010, ils découvrent que le passage s'arrête brusquement au bout de 170 m environ, sans autres chambres supplémentaires. Pour Hawass, le couloir aurait été creusé avec l'intention de connecter la chambre funéraire au monde souterrain, jusqu'à ce que la mort de Séthi Ier vienne interrompre les travaux.

 

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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