Découverte d’un ours des cavernes extrêmement bien conservé en Sibérie

Pour la première fois, un ours des cavernes dans un état de conservation exceptionnel pourra être étudié.

Publication 30 sept. 2020, 15:42 CEST
Les dents, la truffe, les poils ainsi que tous les organes internes de cet animal préhistorique ...

Les dents, la truffe, les poils ainsi que tous les organes internes de cet animal préhistorique seraient dans un état de conservation exceptionelle. 

Photographie de Université fédérale du Nord-Est (NEFU)

« Auparavant, seulement des crânes et des os étaient retrouvés. Cette découverte est d'une grande importance pour le monde entier » a indiqué la scientifique Lena Grigorieva à nos confrères du The Siberian Times. Pour la première fois, un ours des cavernes figé dans la glace et dans un état de conservation remarquable pourra être analysé.

La peau, les poils, la truffe ainsi que tous les organes internes sont intacts et pourront être observés à l’Université fédérale du Nord-Est (NEFU), à Iakoutsk.

Ces restes exceptionnels ont été mis au jour par hasard, par des éleveurs de rennes qui ont aperçu le cadavre de cet animal disparu dans le Nord de la Sibérie, plus précisément sur l’île Bolshoy Lyakhovsky, dans le grand Nord de la Russie.

L'ours des cavernes (Ursus spelaeus) est une espèce préhistorique qui vivait en Eurasie au Pléistocène moyen et tardif. Les mâles de cette espèce éteinte pouvaient faire plus de 3,50 mètres de haut lorsqu'ils se dressaient sur leurs pattes arrières et peser jusqu'à 1 000 kg, soit le double du poids d'un ours blanc de taille moyenne. Au-delà de cette taille impressionnante, les ours des cavernes se distinguaient des ours bruns avec lesquels ils ont longtemps coexisté par leur museau moins développé et leur front fuyant. L'extinction des ours des cavernes semble avoir été un processus graduel qui s'est achevé il y a entre 28 000 et 27 000 ans.

Les restes du spécimen mis au jour en Sibérie ont été pris en charge et analysés par des scientifiques spécialistes de cette période à l’Université fédérale du Nord-Est (NEFU), dont les équipements sont à la pointe de la recherche sur les mammouths laineux et les rhinocéros préhistoriques.

« Un programme scientifique d’études approfondies est en cours de préparation. Nous allons étudier la carcasse de cet ours en utilisant toutes les méthodes de recherche scientifique modernes : la génétique moléculaire, cellulaire, microbiologique et autres. » explique Lena Grigorieva. Par la présence d’une importante quantité de matière organique sur l’animal, il y a de fortes chances que de l’ADN soit présent dans de nombreuses parties du corps, ce qui pourrait être synonyme de fabuleuses découvertes sur cette espèce. L’intérieur de son estomac pourrait par exemple être analysé afin de mieux comprendre quel était le régime alimentaire de l’animal. Ce spécimen serait vieux de 22 000 à 40 000 ans, une datation plus fine sera l’étude prioritaire à réaliser pour les chercheurs.

« Il est nécessaire d'effectuer une analyse au radiocarbone pour déterminer l'âge précis de l'ours », a déclaré le chercheur principal Maxim Cheprasov du laboratoire du Mammoth Museum à Iakoutsk à nos confrères du The Siberian Times. L’arbre génétique plus détaillé de cette espèce pourrait ainsi être tracé.

La fonte de plus en plus marquée du pergélisol sibérien en été permet la découverte de plus en plus d’espèces préhistoriques : de plus en plus d’espèces datant de la dernière période glaciaire sont retrouvées dans cette région de la Sibérie du Nord. 

En 2017, plusieurs lionceaux des cavernes ont été retrouvés à quelques mètres les uns des autres. Mais des analyses menées depuis ont révélé que 26 000 ans les séparaient.

Un poulain, ou encore des Lemmings, un bébé mammouth ont également été mis au jour. Les chercheurs espèrent un jour tomber sur des restes humains suffisamment bien conservés par les glaces pour pouvoir enfin dresser un portrait plus précis de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. « Nous n’avons pas trouvé de traces d’humains mais si c’était le cas cela serait une découverte majeure pour l’histoire de l’humanité » conclut Léna Grigorieva.

 

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