Une deuxième momie couverte d'or découverte dans la nécropole de Saqqarah

Deux momies ont été découvertes à un mois d'intervalle plusieurs mètres sous la terre, dans la nécropole de Saqqarah. Elles sont couvertes d'or et dateraient d'environ 4 300 ans.

De Lou Chabani
Publication 16 févr. 2023, 19:32 CET
La nécropole de Saqqarah a été utilisée pendant près de 3 000 ans par la civilisation ...

La nécropole de Saqqarah a été utilisée pendant près de 3 000 ans par la civilisation égyptienne. Elle regroupe de nombreuses tombes de toutes les époques, et les égyptologues estiment que de nombreuses découvertes les attendent sur ces différents sites de fouille.

PHOTOGRAPHIE DE dpa picture alliance / Alamy Stock Photo

L’annonce de la découverte d’une première momie dorée de Saqqarah en janvier avait déjà fait parler d’elle. Âgée de 4 300 ans et recouverte de feuilles d’or, la dépouille appartenait à un homme du nom de « Hekashepes » et est la plus ancienne retrouvée sur le site de la nécropole millénaire de la cité antique de Memphis.

Le 8 février, les équipes d’archéologues égyptiens ont doublé la mise avec la découverte d’une seconde momie de ce type.

« [Le défunt] s’appelait "Hetshepkah" et la tombe date de la Ve dynastie », explique Zahi Hawass, archéologue et ancien ministre des Antiquités d’Égypte. « [La momie] est parfaitement intacte, sans aucune trace de pillage. »

Également recouverte d’or, cette deuxième momie aurait plus de 4 300 ans. Une découverte qui vient s’ajouter à la longue liste d’avancées archéologiques effectuées sur le site de Saqqarah.

La nécropole de Saqqarah fut utilisée sans interruption pendant plus de 3 000 ans, et est sans doute l’un des lieux historiques les plus importants de l’Égypte antique. Sur près de 20 kilomètres, la dernière demeure des rois et des puissants renferme plusieurs centaines de tombes, dont beaucoup restent encore à explorer.

Découverte sur le site de Gisr el-Mudir, la momie dorée de Hetshepkah est particulièrement bien conservée. Sa tombe, restée intacte pendant 4 300 ans, ne présente aucune trace de pillage.

PHOTOGRAPHIE DE dpa picture alliance / Alamy Stock Photo

 

AUSSI INTACTE QUE LE TOMBEAU DE TOUTANKHAMON

À l’instar de la momie découverte en janvier, la nouvelle dépouille est extrêmement ancienne. Datée d’environ 4 300 ans, elle rejoint la dépouille de Hekashepes sur le podium des momies les plus anciennes jamais retrouvées.

La chambre funéraire de Hetshepkah se trouvait au fond d’un puits de près de 15 mètres de profondeur, dans un sarcophage particulièrement imposant, dont le poids total est estimé à près de 20 tonnes.

Sous cet imposant couvercle de 4 tonnes, la momie recouverte d’or était accompagnée de deux cannes disposées de chaque côté du corps, elles aussi dorées à l’or fin. 

« En plus de cela, la tête de la momie reposait sur un repose-tête en albâtre », décrit Zahi Hawass.

Bien que les inscriptions retrouvées dans la tombe ne suggèrent pas de lien avec la famille royale, son faste laisse supposer que le défunt était un homme suffisamment riche et influent pour pouvoir s’offrir de telles funérailles.

Restée totalement inviolée depuis sa création, la tombe de Hetshepkah représente une trouvaille inestimable pour les archéologues qui, afin de garantir sa conservation, ont décidé de la refermer jusqu’à nouvel ordre.

« [La momie de Hetshepkah et les autres découvertes] ne sont que le début sur le site de Gisr el-Mudir », explique Hawass avec entrain. « Nous sommes face à un immense cimetière datant des Ve et VIe dynasties. Il reste encore beaucoup à découvrir. »

En plus de la momie de Hetshepkah découverte au début du mois, de nombreux artefacts ont également été retrouvés lors de fouilles précédentes.

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SAQQARAH, TERRE PROMISE DES ARCHÉOLOGUES

Si elle peut sembler moins emblématique aux yeux du public que les célèbres pyramides de Gizeh, la nécropole de Saqqarah est pourtant tout aussi inestimable pour les archéologues.

Située à quelques kilomètres des imposants monuments, elle fut construite 2 700 ans avant notre ère par l’architecte Imhotep, également à l’origine de la pyramide à degrés du pharaon Djéser de la IIIe dynastie.

La zone, très riche en artefacts antiques, fait depuis plusieurs années l’objet de fouilles archéologiques par différentes équipes du monde entier. En plus des tombeaux de nombreux membres des familles royales des différentes dynasties, les tombes de plusieurs personnalités importantes ont également été découvertes. 

Les équipes de Zahi Hawass ont ainsi pu retrouver, lors des fouilles présentées le 26 janvier dernier, les tombeaux de plusieurs figures de la Ve dynastie, entre 2500 et 2350 avant notre ère, et de la VIe dynastie, entre 2374 et 2140 avant notre ère.

Les deux plus anciennes sépultures sont celles de personnalités proches du pharaon Ounas, dernier roi de la Ve dynastie, dont la pyramide, installée dans le centre de Saqqarah, est l’une des premières pyramides à face lisse d’Égypte.

La première sépulture, décorée de nombreuses représentations de scènes de vie peinte à même les murs, est celle du prêtre et haut dignitaire Khnumdjedef.

La deuxième appartenait quant à elle à un homme du nom de Meri, désigné par les inscriptions mortuaires de sa tombe comme étant le « gardien du secret ». D’après les archéologues, ce titre correspondrait à un titre clérical particulier le reliant à des rituels religieux spécifiques encore méconnus.

La dernière tombe appartenait à Fetek, un juge et scribe qui travaillait pour le pharaon Pépi Ier. Sa tombe se distingue par la présence d’un autel décoré sur lequel étaient disposées plusieurs représentations d’offrandes de pierres. Ont également été retrouvées à ses côtés quatorze statues particulièrement bien conservées.

« La statue numéro 14, juste à côté de lui, est très imposante et représente sa fille et sa femme », ajoute l’archéologue.

Présentées à la presse lors de la conférence du 26 janvier dernier, ces statues ont été soigneusement extraites de la tombe afin d’être stabilisées et étudiées. Elles seront ensuite exposées dans le futur Grand Musée égyptien (GEM), encore en construction.

Le travail des spécialistes n’est cependant pas terminé. Si les identités des trois dignitaires et deux momies dorées ont pu être partiellement déterminées grâce aux informations présentes dans les chambres funéraires, de nombreux détails restent en effet encore à étudier. 

Les résultats risquent malheureusement de mettre beaucoup de temps à arriver, la stratégie actuelle du gouvernement égyptien se focalisant davantage sur l’extraction d’artefacts et de momies que sur leur étude.

Avec l’arrivée prochaine du GEM et les centaines d’artefacts et de momies qui l’alimenteront, l’Égypte pourrait avoir une chance de relancer son tourisme, lourdement impacté par la révolution de 2011, puis par la pandémie de COVID-19.

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