Pourquoi Yom Kippour est le jour le plus important de l’année juive

La fête juive dédiée à l’expiation des péchés marque la fin des jours redoutables et est l’occasion pour les Juifs d’agir sur leur destin par la prière, le repentir et la charité.

Publication 15 sept. 2021, 14:43 CEST
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Yom Kippour est le jour le plus saint de l'année juive et marque un temps d'expiation par le jeûne et la prière. Sur cette image, des hommes juifs ultra-orthodoxes prient au pied du mur des lamentations pendant Yom Kippour dans la vieille ville de Jérusalem.

Photographie de Xinhua, Li Rui/Getty

Yom Kippour, le jour du Grand Pardon, se fête sous le signe du remords, du deuil et de l’abnégation, et marque la fin des jours redoutables, période qui commence à Roch Hachana, le nouvel an juif.

Yom Kippour est le jour le plus sacré de l’année juive et a lieu le dixième jour de Tishri, premier mois de l’année civile et septième mois de l’année religieuse du calendrier luni-solaire hébraïque. Cette année, Yom Kippour se fête le 10 Tishri 5782. Cela correspond aux 15 et 16 septembre du calendrier grégorien.

 

ORIGINES ET SIGNIFICATIONS

Selon la tradition, c’est au prophète Moïse que l’on doit cette fête. Après que Dieu lui a révélé les dix commandements au sommet du mont Sinaï, Moïse est retourné auprès des Israélites. Mais pendant sa longue absence, ils s’étaient mis à adorer un veau d’or, une fausse idole. Ivre de colère, Moïse en aurait brisé les tables de la Loi et serait retourné au sommet du mont Sinaï pour implorer le pardon de Dieu pour lui et son peuple. Moïse a fini par revenir avec un second exemplaire des dix commandements et avec le pardon de Dieu.

Yom Kippour marque la fin d’une période de dix jours de pénitence qui commence à Roch Hachana. Pendant celle-ci, il serait possible d’influencer les plans de Dieu pour l’année à venir. D’après la Mishnah, le texte de loi qui régit la vie quotidienne juive, lors de Roch Hachana Dieu inscrit notre nom dans un livre : soit dans un livre qui contient le nom des personnes de bien, soit dans un livre dédié aux mauvaises personnes, ou bien dans un livre pour ceux qui ne sont ni totalement mauvais ni complètement pieux.

 

LES CÉLÉBRATIONS DE YOM KIPPOUR

Les célébrations commencent au coucher du Soleil et durent jusqu’au crépuscule du lendemain. Tout travail est prohibé et l’expiation des péchés commis au cours de l’année se fait au moyen de mortifications (notamment en jeûnant, en ne se lavant pas, en n’ayant pas de relations sexuelles, en ne portant pas de souliers de cuir, et en ne s’appliquant pas de crème ou de lotion). Bien que tous les Juifs ne respectent pas tous ces aspects à la lettre, Yom Kippour est connue pour être la fête à laquelle on voit de nombreux non pratiquants se rendre à la synagogue. 

La journée de Yom Kippour tourne autour de la synagogue, où cinq offices sont tenus. Lors de chacun de ces offices les fidèles confessent leurs péchés collectivement. Certains croyants portent le kittel, une tunique blanche symbolisant à la fois un linceul, le vêtement des anges et la pureté de la rémission.

Lors du premier office, qui prend place au crépuscule, est déclamée Kol Nidre, prière lors de laquelle les fidèles demandent que soit déclaré nul et non avenu tout vœu ne pouvant être accompli par Dieu au cours de l’année à venir. On pense que cette déclaration a intégré le rituel comme un moyen de permettre aux Juifs ayant subi des conversions de force de réhabiliter leur foi le jour du Grand Pardon. Historiquement, Kol Nidre a servi de prétexte à l’antisémitisme de ceux qui pensaient que cela permettait aux Juifs de ne pas tenir leurs promesses (ce n’est évidemment pas le cas).

Puisque selon la tradition juive Dieu juge les morts comme les vivants, lors du premier office diurne on récite Yizkor, prière que l’on fait pour le compte d’un parent ou d’un proche décédé. Les survivants jurent également de faire des actes de charité pour attirer le jugement favorable de Dieu sur leur famille.

Pendant le dernier office, qui symbolise la « fermeture » des portes du Paradis et le scellement du livre de Dieu, ceux qui peuvent se tenir debout restent debout, et la congrégation entière se recentre sur les préceptes du judaïsme en priant. 

Quand le son des dernières prières s’estompe, on sonne le chophar (une corne de bélier). C’est le signe que le pardon de Dieu a été accordé et que le jeûne de vingt-cinq heures est terminé. Les fidèles affamés se dirigent alors vers leur domicile pour aller rompre le jeûne avec famille et amis. Aux États-Unis, le repas typique pour Yom Kippour ressemble à un brunch : bagels, poisson fumé et délices sucrés et succulents.

L’ère du coronavirus ne perturbera pas le jour le plus sacré d’une communauté qui se réunit pour le jour du Grand Pardon depuis la nuit des temps. Grâce à la découverte d’un vaccin contre la Covid-19, les fidèles n’ont plus besoin de « se réunir à distance » sur Zoom comme c’était le cas au début de la pandémie.

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en 2020. Il a été mis à jour le 15 septembre 2021.

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