Histoire

La Vallée des rois, l'ultime demeure des Pharaons du Nouvel Empire

Les portes du royaume des morts égyptien offrent un exceptionnel aperçu du passé antique.

De Brian Handwerk

Sous l'Égypte ancienne, des monuments publics grandioses ont été érigés pour célébrer les pharaons. Mais les édifices ne s'élevaient pas tous vers le ciel : les mausolées souterrains sont autant de trésors d'architecture à l'abri des regards.

C'est dans la Vallée des rois, sur la rive ouest du Nil et près de Luxor, qu'ont été placés les tombeaux des pharaons du Nouvel Empire (1539-1075 av. J.-C.), de Thoutmôsis I à Ramsès XI. À cette époque, la vallée est devenue un cimetière royal pour les pharaons mais également les reines, les princes, les hauts dignitaires et les élites des 18e, 19e et 20e dynasties.

Les tombeaux richement décorés sont une preuve de la préparation précautionneuse pour le nouveau monde, dans lequel les hommes pouvaient continuer à vivre et les pharaons rejoignaient les dieux. La momification était utilisée pour préserver le corps du défunt pour que son âme éternelle puisse se réincarner dans le royaume des morts.

Les tombeaux souterrains étaient également chargés de tous les artifices et artefacts dont un souverain puisse avoir besoin dans l'autre monde. Des artefacts précieux, des masques d'or, des pierres précieuses, des sceptres et des effets plus communs entouraient le corps du mort.

« Des meubles, des vêtements (y compris des sous-vêtements) et des bijoux étaient disposés autour de la dépouille. Ce qui est plus curieux, c'est qu'aucun livre n'ait été retrouvé dans les tombeaux - du moins pour Toutânkhamon, » explique Salima Ikram, professeure en Égyptologie à l'université américaine du Caire, et boursière National Geographic.

Les tombeaux étaient également remplis de nourriture et de boissons, dont du vin et de la bière, en vue d'un festin royal dans le nouveau monde.

« [Nous avons même trouvé des] animaux de compagnie enterrés près de leurs défunts maîtres, » raconte Salima Ikram. « Des chiens de chasse, des babouins domestiqués et même des gazelles. »

D'AUTRES MYSTÈRES À ÉLUCIDER ?

Les pilleurs de tombe et autres chasseurs de trésors et archéologues ont fouillé la Vallée des rois depuis des siècles. Pourtant, la vallée leur réserve encore des surprises et certains mystères restent à percer.

Beaucoup pensaient que les 62 tombeaux découverts avant 1922 constituaient l'ensemble des demeures mortuaires de la région, jusqu'à ce qu'Howard Carted découvre le tombeau de l'enfant roi Toutânkhamon.

En 2005, une équipe menée par l'archéologue Otto Schaden a découvert un autre tombeau - le premier mis au jour depuis la découverte de celui de Toutânkhamon. Le site nommé KV 63 était à à peine 15 mètres des murs du tombeau du célèbre pharaon.

KV 63 ne renfermait pas de momies mais des sarcophages, des poteries, du lin, des fleurs et d'autres matériaux. D'aucuns pensent que cela signifiait la présence d'un autre tombeau, non découvert à ce jour.

« KV 63 était un lieu d'embaumement ; le tombeau doit être tout près, » estime Salima Ikram.

La dernière demeure d'au moins un pharaon de la dynastie ramesside, Ramses VIII, reste à découvrir et il y a fort à penser qu'elle se trouve elle aussi dans la Vallée.

Des indices pour de pareilles découvertes peuvent être trouvés dans les écrits anciens faisant mention de tombeaux sans pour autant les identifier.

« Nous essayons de déterminer ce qui n'a pas encore été découvert, et de quadriller la région, » explique David P. Silverman, un égyptologue de l'université de Pennsylvanie. « On ne sait jamais ce que l'on peut découvrir. »

Si de nouveaux tombeaux étaient mis au jour, ils ne seraient probablement pas intacts. Même si les entrées des tombeaux étaient secrètes, presque tous les tombeaux royaux ont été pillés à la fin de la 20e dynastie - les archives égyptiennes font état de pillages et des sévères sanctions infligées à ceux qui en étaient reconnus coupables.

Au moment où l'auteur grec Diodorus Siculus visite la Vallée des rois (vers 60 av. J.-C.), il écrit : « Nous n'avons rien trouvé d'autres que le résultat des pillages et de la destruction. »

Il est possible cependant que des tombeaux puissent encore être mis au jour, parce qu'il était très bien caché sous-terre ou parce que les écrits anciens ne l'avaient pas mentionné.