Photographie

Espagne : la vibrante tradition des Fallas de Valence

En Espagne, les Fallas de Valence, un festival de cinq jours, sont l'occasion pour les falleras d'afficher leurs plus beaux bijoux de famille et leurs robes les plus somptueuses. Jeudi, 19 juillet

De Alexandra E. Petri

Alors qu'elle rendait visite à la famille de son mari à Cambrils en Espagne, la photographe Luisa Dörr est tombée sur ces trois mots, « Fallas de Valencia ». Son travail l'a alors emmenée vers quelque chose de nouveau et de somptueux.

« J'ai vu une fallera et j'ai tout de suite aimé la tradition », confie la photographe brésilienne, âgée de 29 ans. Elle a alors commencé à fouiller dans l'histoire et les traditions des falleras, dans leur passé et a appris des communautés où la tradition est toujours vivante.

Chaque année en mars, Valence, en Espagne, vibre au rythme d'un des plus importants festivals du pays et d'une des traditions les plus populaires de la ville : les Fallas de Valence, aussi connues sous le nom de la Fiesta de San Jose, ou la fête de Saint-Joseph en français. Feux d'artifices, musique et parades sont au programme pendant les cinq jours de festivité. Pour l'occasion, les habitants de Valence fabriquent des monuments et personnages satiriques élaborés en papier-mâché, les fallas, qui sont réduits en cendre la nuit de clôture du festival.

L'un des éléments les plus importants des Fallas de Valence sont les falleras, ces femmes élues pour représenter une Falla de leur quartier de Valence. Être une fallera est un réel engagement : la plupart des femmes le sont dès la naissance, lorsqu'elles sont nées dans des familles qui comptent des falleras depuis des générations, ou le deviennent plus tard.

Pour être une fallera digne de ce nom, les femmes doivent porter des robes travaillées et cousues à la main. Celles-ci sont composées de deux parties : la falda, ou la jupe en français et le corpiño, le corset. La tenue des falleras s'inspire des robes des paysanes qui travaillaient autrefois dans les rizières des alentours de Valence. Toutefois, au fil du temps, le style des robes a évolué : chaque année, de nouveaux tissus et motifs font leur apparition. En plus des robes principalement fabriquées en soie et en dentelle, les falleras doivent porter des chaussures fabriquées à la main dont le tissu sera assorti au corpiño de la robe.

Elles doivent également porter des trois moños, des chignons plats entortillés. Deux d'entre eux sont placés au-dessus des oreilles, comme la Princesse Leia dans Star Wars, et le troisième se trouve à l'arrière de la tête. Chaque chignon est orné d'un peigne doré, souvent transmis de génération en génération. Pour parfaire leur tenue, les falleras affichent sur leur corset une cholla, ou une broche en français. Cette dernière doit être assortie aux boucles d'oreilles, au collier et au bracelet portés, qui sont également des objets de famille.

Comme la coutume est suivie par la communauté, la photographe a essayé de réaliser un reportage photo qui ne se contente pas seulement de documenter les traditions. Elle a aussi cherché à montrer la diversité. Pour ce faire, elle a passé du temps avec des falleras de différents âges et différentes origines, comme celles nées en Éthiopie, au Viêt Nam et en Chine et qui ont été adoptées par des familles valenciennes. Son objectif était de montrer l'intégration sociale et culturelle que la communauté valencienne offre à ceux qui considèrent Valence comme leur ville.

« Des gens de tous âges prennent part à cette tradition. Des familles entières, de la grand-mère à la petite-fille, y participent, célébrant l'occasion et créant une robe ensemble », a expliqué Luisa Dörr. « [Être une fallera] a pour effet d'unir une famille ».

 

Luisa Dörr est une photographe brésilienne, basée à Bahia au Brésil. Découvrez son travail sur son site Internet ou sur son compte Instagram.