Photographie : le monde féérique des champignons

Confiné chez lui aux Pays-Bas, le photographe Jan Vermeer a assisté à l’apparition d’une multitude de champignons dans la litière forestière.

De Jan Vermeer
Photographie De Jan Vermeer
Publication 6 nov. 2020 à 15:46 CET
L’amanite tue-mouches (Amanita muscaria), l’une des variétés de champignons les plus connues, est la favorite du ...

L’amanite tue-mouches (Amanita muscaria), l’une des variétés de champignons les plus connues, est la favorite du photographe. Ce dernier fut ravi de découvrir qu’elle poussait dans son jardin et celui de son voisin.

Photographie de Jan Vermeer
Cet article figure dans le numéro de décembre 2020 du magazine National Geographic.
 

J’ai parcouru le monde entier pour photographier la nature et les écosystèmes. En mars dernier, lorsque les Pays-Bas, où j’habite, ont été frappés par l'épidémie de COVID-19, je suis resté chez moi, comme tout le monde. C’est alors que j’ai commencé à remarquer les champignons qui poussaient dans mon jardin et autour de celui de mon voisin.

Le champignon laccaire améthyste (Laccaria amethystina), qui pousse à proximité des hêtres, peut être difficile à repérer vu d’en haut en raison de son chapeau terne. Mais si vous vous allongez par terre et que vous observez les lamelles qui tapissent le dessous du chapeau, vous distinguerez l’incroyable couleur violette du champignon, qui lui a valu son nom.

Photographie de Jan Vermeer

C’est à l’automne 2019, alors que les Pays-Bas connaissaient un niveau record de précipitations, que j’ai réellement pris conscience du fait que les champignons prospéraient dans l’humidité.

Mais il semblerait que le bois mort leur soit encore plus essentiel que l’humidité. Les bûches en décomposition contiennent des nutriments, qui pénètrent dans le sol et profitent aux microorganismes, aux champignons et aux insectes.

C’est toute la chaîne alimentaire qui en bénéficie. Chez moi, les dépôts de bois, vestiges d’une époque d’abattage forestier, enrichissent depuis longtemps le sol et favorisent la biodiversité.

Pour se reproduire, le champignon Schizophylum commune doit faire toucher son mycélium fibreux avec celui d’un autre pour que leurs cellules se lient. Cette variété compte des dizaines de milliers de types de reproduction et peut se reproduire avec les variétés compatibles.

Photographie de Jan Vermeer

Mesurant six centimètres maximum, la xylaire du bois (Xylaria hypoxylon) est également connue sous le nom « ramure en carbure » ou « bois de cerf ».

Photographie de Jan Vermeer

La situation est toutefois en train de changer. Pour prévenir les feux de forêt, les brindilles, les branches et les arbres, dont peuvent se nourrir les champignons, sont déblayés de certaines forêts néerlandaises, tandis qu’avec l’augmentation des centrales électriques à biomasse, cette matière est transformée en énergie. En cas de perturbation du cycle forestier, au sein duquel la matière en décomposition crée un nouveau sol, nous risquerions d’assister à une baisse de la diversité des champignons, ce qui aurait des répercussions sur tout l’écosystème.

Depuis mon jardin, j’ai observé les divers champignons pousser et changer au fil des saisons. Les amanites tue-mouches, avec leur tige blanche et leur chapeau rouge vif, sont mes préférées. Quel ne fut pas mon bonheur de découvrir ce champignon à pois dans mon jardin, même si ceux de mon voisin étaient plus jolis ! Afin de les prendre en photo, je lui ai demandé de passer sa tondeuse tout autour. Le résultat est visible sur le cliché qui ouvre cet article.

Ce petit champignon violet, la clavaire lilacine (Ramariopsis pulchella), poussait dans la province de Gelderland, à la frontière germano-néerlandaise. Potentiellement menacé, il est surveillé par des groupes de conservation européens.

Photographie de Jan Vermeer

Une forêt abritant moins de champignons serait plus pauvre d’un point de vue écologique, mais aussi plus ennuyante. C’est pourquoi j’attends toujours avec impatience l’humidité de l’automne, pour voir comment ces organismes vont repousser.

Les champignons comme celui-ci sont appelés coprins noirs d’encre. À mesure que ce champignon éphémère murit, les lamelles situées sous son chapeau se liquéfient en une substance similaire à l’encre, qui peut être utilisée pour écrire.

Photographie de Jan Vermeer

L’un des noms communs de l’amadouvier (Fomes fomentarius) est le champignon sabot : à mesure qu’il murit, il ressemble de plus en plus au sabot d’un cheval.

Photographie de Jan Vermeer

Ce champignon du genre Helvella est plus connu sous le nom d’helvelle lacuneuse ; à ce grossissement, les détails de sa longue tige sont visibles.

Photographie de Jan Vermeer

Cet organisme d’une catégorie de forme de vie différente des champignons poussait aux côtés de ces derniers : il s’agit de la moisissure visqueuse Badhamia utricularis. De couleur orange ou jaune au début, elle devient gris ardoise en murissant.

Photographie de Jan Vermeer

L’hydne cure-oreilles (Auriscalpium vulgare) est aussi appelé champignon de pomme de pin, car il pousse dans les pommes ou la litière des pins.

Photographie de Jan Vermeer
Lire la suite

Découvrez National Geographic

  • Animaux
  • Environnement
  • Histoire
  • Sciences
  • Voyage & Adventure
  • Photographie
  • Espace
  • Vidéos

À propos de National Geographic

S'Abonner

  • Magazines
  • Newsletter
  • Livres
  • Disney+

Nous suivre

Copyright © 1996-2015 National Geographic Society. Copyright © 2015-2017 National Geographic Partners, LLC. Tous droits réservés.