Mexique : le mode de vie des vaqueros n’a jamais été aussi menacé

L’empiétement du monde moderne sur le monde rural, le changement climatique et la COVID-19 mettent à rude épreuve les vaqueros de Basse-Californie.

De Jason Motlagh
Photographie De Balazs Gardi
Publication 1 juil. 2021 à 12:54 CEST
Eleonary Arce Aguilar, dit « Nary », mène ses mules jusqu’à chez lui, le Rancho Mesa San Esteban situé dans la Sierra de ...

Eleonary Arce Aguilar, dit « Nary », mène ses mules jusqu’à chez lui, le Rancho Mesa San Esteban situé dans la Sierra de San Francisco, en Basse-Californie du Sud, au Mexique.

Photographie de BALAZS GARDI

Soulevant un nuage de poussière, la caravane d’ânes et de mules de somme fait une embardée vers la porte du corral. Vêtu d’une chemine blanche immaculée, un mince cow-boy la suit, ses éperons cliquetant au rythme de son cheval. Pour permettre à sa famille de rester sur ses terres ancestrales des hauts plateaux de Basse-Californie, dans la Sierra de San Francisco au Mexique, Eleonary Arce Aguilar, dit « Nary », doit quitter son ranch frappé par la sécheresse pour descendre chercher de l’eau au moins trois fois par semaine.

Tandis que les animaux boivent à l’abreuvoir, Nary, 34 ans, étanche sa soif au bout du tuyau en PVC. Celui-ci, relié à une source de montagne située à 13 km de là, constitue une véritable bouée de sauvetage pour la poignée de ranchs qui survivent dans cette poche de montagnes reculée. Environ trente minutes sont nécessaires pour remplir les bidons de 19 litres. Nary les charge sur le dos des ânes avec l’aide de son grand frère, Ricardo, qui gère de la partie basse du ranch. Alors que le soleil disparaît derrière la ligne de crête, faisant de l’ombre sur le sentier, Nary enfourche sa monture et entame son ascension en direction de sa maison.

Nary allume un feu tandis qu’il déplace ses animaux à la recherche de végétation près du Rancho Mesa San Esteban situé dans la Sierra de San Francisco, en Basse-Californie du Sud, au Mexique.

Photographie de BALAZS GARDI

L’itinéraire emprunté par Nary fait partie de l’ancien Camino Real (Route royale), une artère de l’arrière-pays vieille de plus de 300 ans qui reliait autrefois un réseau de missions espagnoles dans toute la péninsule. Le cavalier progresse à un rythme soutenu, grimpant des virages en épingle rendus instables par les éboulis et des roches polies patinées, jusqu’au moment où il aperçoit un veau immobile sur le bord du sentier. L’attrapant par les cornes, il essaie de le lever, mais le veau boitille, les yeux vitreux. Nary pense que la faim l’a poussé à manger une plante toxique. « Je ne peux rien faire », dit-il en haussant les épaules.

Si Nary semble indifférent quant au sort du veau malade, c’est parce qu’il est l’expression d’une crise qui menace les moyens de subsistance des derniers cow-boys de Basse-Californie, ou vaqueros. Au cours des 50 dernières années, avec l’empiétement du monde moderne sur le monde rural, les jeunes générations ont délaissé ce mode de vie atypique de plus en plus difficile à préserver en raison des changements économiques et de l’aggravation des conséquences du changement climatique. Les dernières fortes précipitations remontent à plus d’un an et demi en Basse-Californie du Sud. Privé de végétation, le bétail ne cesse de s’affaiblir et devient plus vulnérable face aux maladies. Les chèvres, elles, errent en quête de nourriture. « Toutes ces forces semblent s’accumuler contre les vaqueros », confie Trudi Angell, guide touristique et de chasse basée à Loreto, au Mexique. « Nous pouvons dire qu’il s’agit d’une culture en voie de disparition ».

La nuit tombe lorsque Nary atteint le plateau. Guadalupe, sa fille âgée de 5 ans, l’accueille avec un câlin. Mais la journée n’est pas terminée. Dans le corral aux murs de pierre, des veaux émettent des cris plaintifs : ils ont faim. Nary et son père, un homme à la forte carrure, attrapent leur machette et font ce que les éleveurs de bovins doivent toujours faire en période difficile : arracher des cactus et les découper en morceaux comestibles.

« Si nous achetons du fourrage, nous ne mangerons pas, c’est aussi simple que cela », explique José María Arce Aguilar, dit « Chema », éleveur de bovins depuis toujours et guide touristique. Il explique que la région a connu plusieurs épisodes de sécheresse, mais que la situation actuelle est sans précédent en raison des coûts du fourrage plus élevés et de la perte des revenus générés par les excusions dans l’arrière-pays, qui ont dû être annulées avec la pandémie de COVID-19. « Notre situation est critique », indique-t-il.

 

DES LIENS ANCESTRAUX

Vivant à plus d’une demi-journée de cheval de la route goudronnée la plus proche, les vaqueros de la Sierra de San Francisco sont les garants d’un mode de vie rude qui n’a que très peu changé depuis l’arrivée de leurs ancêtres sur la péninsule au 18e siècle. Connus sous le nom de « soldats de cuir » en raison des justaucorps en peau de cerf qu’ils portaient, ces derniers ont été emmenés dans la région par les missionnaires jésuites, qui avaient obtenu le contrôle de la frontière auprès de la monarchie espagnole. Ils vivaient de la terre et avaient été chargés de garder les avant-postes de la mission dans toute la Basse-Californie. El Camino Real, le sentier terrestre qui reliait les missions et s’étendait de la ville actuelle de Loreta jusqu’à Sonoma, en Californie, a contribué à asseoir l’autorité du roi.

Sur ce cliché pris le 30 avril 2021, Erlinda Arce Arce, dite « Linda », s’affaire en cuisine au Rancho Mesa San Esteban situé dans la Sierra de San Francisco, en Basse-Californie du Sud, au Mexique.

Photographie de BALAZS GARDI

Au moment de l’expulsion des Jésuites en 1767, les soldats ont reçu de vastes terres. Ils y ont élevé du bétail et des chèvres, et ont vécu de la terre, loin des soulèvements politiques du continent et à l’écart des progrès technologiques. Sur ces terres dures à travailler et qui échappaient au contrôle du gouvernement, ils ont atteint un niveau d’autosuffisance extraordinaire, maîtrisant le tannage du cuir, la fabrication de cordes et des traditions culinaires qui mêlent art et nécessité. « Ils ont des connaissances innées incroyables, raconte Trudi Angell. Les véritables vaqueros savent tout de leur environnement, des terres et de leur histoire ».

Bien avant l’établissement de la frontière entre les États-Unis et le Mexique, les vaqueros emmenaient librement leurs immenses troupeaux de bovins espagnols dans la zone frontalière, diffusant par la même occasion un héritage culturel et linguistique qui perdure encore aujourd’hui. Ainsi, le mot « buckaroo » est la version américanisée du terme vaquero. Le mot « rodéo » provient du verbe espagnol rodear, qui signifie rassembler. Et la pratique de l’élevage aux États-Unis est truffée de techniques originaires du Mexique, qu’il s’agisse du marquage du bétail, du sanglage de la selle ou de l’utilisation de lassos tressés à la main (de l’espagnol la reata) pour attraper le bétail.

Guadalupe, la fille de Nary, fait un câlin à son père au Rancho Mesa San Esteban situé dans la Sierra de San Francisco, en Basse-Californie du Sud, au Mexique.

Photographie de BALAZS GARDI

Même si la culture des cow-boys au nord de la frontière n’est plus que l’ombre d’elle-même, certains insistent sur le fait que les vaqueros de la Basse-Californie sont toujours l’incarnation du farouche individualisme qui faisait la légende américaine. « [Ils sont] les derniers représentants des cow-boys qui ont conquis l’Ouest », remarque Fermín Reygadas. Ce professeur de tourisme alternatif à l’université autonome de Basse-Californie du Sud a travaillé avec les éleveurs de bovins de l’État mexicain pendant plus de 40 ans. « La vie est dure, ils travaillent sans relâche, mais ils sont libres », ajoute-t-il.

C’est dans la vallée de Santa Martha, à environ sept heures de cheval du ranch de Chema et de Nary, que vit Ignacio Arce Arce, dit « Nacho ». Son petit ranch est situé à quelques encablures de son lieu de naissance. Adolescent, Nacho aidait au ranch et menait des centaines de bovins « aussi loin que l’on pouvait voir » lors de périples longs d’une semaine qui le conduisait jusqu’au port de Guerrero Negro sur le Pacifique et jusqu’à Santa Rosalia, une ville située au bord de la mer de Cortés née de la ruée vers le cuivre. Le bœuf élevé dans le désert a longtemps été un produit de base dans les cités ouvrières et sur les marchés. Mais cela a soudainement changé au début des années 1970 avec l’avènement des zones franches destinées à relancer le commerce.

Nary mène ses mules jusqu’à chez lui, au Rancho Mesa San Esteban situé dans la Sierra de San Francisco, en Basse-Californie du Sud, au Mexique.

Photographie de BALAZS GARDI

Le territoire de la Basse-Californie, comme il était appelé à l’époque, a alors été inondé de marchandises bon marché provenant du continent et de l’étranger. Avec la prolifération des supermarchés, la demande en bœuf élevé dans les environs a dégringolé, tout comme celle du fromage et des autres produits artisanaux fabriqués dans les ranchs. La pénétration commerciale dans la région s’est encore accrue en 1973 avec l’ouverture de l’autoroute transpéninsulaire longue de 1 600 km. Les chaînes de magasins et les axes secondaires ont permis aux aliments transformés d’atteindre des régions reculées, où les problèmes rénaux, le diabète et les amputations liées au diabète sont de plus en plus courants.

À 74 ans, Nacho affiche un teint hâlé. Portant des guêtres et des chaussures en cuir de vache délavé qu’il a lui-même fabriquées, il tresse toujours ses propres cordes avec du nylon et va chercher du bois pour le feu dans les hauteurs rocailleuses malgré ses genoux douloureux. Comme de nombreux vaqueros de cette partie des Sierras, il complétait ses revenus en berne issus du ranch en organisant des excursions à dos de mule à la découverte des sites d’art rupestre préhistorique classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais, cette source de travail s’est tarie. Nacho ne peut pas acheter de fourrage pour ses bêtes, à tel point que ses cinq dernières vaches sont squelettiques et semblent sur le point de s’effondrer. Le vaquero passe une grande partie de ses journées à couper des cactus Cylindropuntia pour les maintenir en vie. La nuit, il prie pour que la pluie tombe.

Photographie prise le 28 avril 2021 au Rancho Los Naranjos, en Basse-Californie du Sud, au Mexique.

Photographie de BALAZS GARDI

Autrefois, la saison des pluies s’étalait de manière prévisible de juillet à septembre. Aujourd’hui, les précipitations sont plus irrégulières. Et lorsque la pluie tombe enfin, les tempêtes sont si violentes qu’elles emportent les animaux sur leur passage. « Nous espérons toujours qu’un ouragan passe au large de la péninsule », explique Dario Higuera Mesa, un homme âgé ami de Nacho et éleveur de bovins.

 

UN HÉRITAGE FAMILIAL

Tous les matins avant que le coq ne chante, Erlinda Arce Arce, dite « Linda », commence son rituel quotidien. Elle met à bouillir une casserole de café moulu à la main sur la cuisinière alimentée au mesquite et commence à préparer des tortillas de maïs. À la radio qui grésille en fond sonore, on discute principalement de la météo.

Guadalupe, la fille d’Eleonary Arce Aguilar, s’apprête à traire des vaches au Rancho Mesa San Esteban situé dans la Sierra de San Francisco, en Basse-Californie du Sud, au Mexique.

Photographie de BALAZS GARDI

Après avoir préparé le petit-déjeuner composé de burritos aux haricots, Linda égoutte le lait caillé avant de le presser dans un bloc carré en bois pour fabriquer du fromage que la famille vend en complément de revenus ; 7 litres de lait sont nécessaires à la fabrication d’environ 900 grammes de fromage. En temps normal, Linda produit cinq à six blocs par jour. Mais, avec la sécheresse qui s’éternise, la production de lait des vaches et des chèvres a dégringolé et elle ne produit plus qu’un fromage par jour, qu’elle vend pour 55 pesos (un peu plus de 2 €).

Linda, les cheveux rassemblés en une tresse couleur ébène lui arrivant jusqu’à la taille, a rencontré Nary à un mariage. Ils ont dansé et « n’avaient d’yeux que pour l’un et l’autre », se souvient-elle. Ils ont néanmoins dû attendre quatre ans avant de se marier. Nary a d’abord dû demander au père de Linda s’il pouvait voir sa fille. Dans le cadre d’un vieux rituel, il a ensuite dû revenir plusieurs fois par an au ranch pour y travailler et faire ses preuves auprès de la famille. Séparés pendant plusieurs mois et sans service téléphonique fiable, les deux tourtereaux échangeaient des heures durant à la radio, limitant leurs conversations à des civilités puisque tous les habitants de la vallée pouvaient les écouter. Lorsque leur mariage a enfin eu lieu, les festivités ont duré deux jours. De la bonne chère, de l’alcool et de la musique ont ponctué le tout.

Un veau affamé essaie de manger des feuilles de palmier qui brûlent dans un feu au Rancho Mesa de San Esteban situé dans la Sierra de San Francisco, en Basse-Californie du Sud, au Mexique.

Photographie de BALAZS GARDI

La fille du couple se précipite dans la cuisine pour mélanger du chocolat en poudre au lait qu’elle vient de collecter lors de la traite d’une vache. À l’aise à dos de cheval et habile au lasso, Guadalupe reçoit un enseignement scolaire cinq jours par semaine d’un professeur stagiaire nommé par le gouvernement. Celui-ci fait cours soit au ranch du plateau, soit dans l’arroyo chez Ricardo, l’oncle de Guadalupe. Conscientes que l’école pourrait les éloigner du ranch, les deux familles tiennent tout de même à ce que leurs enfants soient éduqués.

En 2018, Azucena, la fille aînée de Ricardo, a accompagné son père lors d’une recua (caravane de bêtes de somme) de 20 jours, marchant ainsi dans les pas de ses ancêtres. Cette expérience lui a ouvert les yeux quant à son héritage. « Je viens d’ici et je veux rester ici », dit-elle en levant un instant les yeux de son téléphone portable sur lequel elle joue à un jeu vidéo. La jeune fille de 13 ans compte aller à l’université et faire des études de biologie vétérinaire pour revenir aider sa famille au ranch.

Nary et sa fille Guadalupe s’octroient une pause après avoir travaillé dur au Rancho Mesa de San Esteban situé dans la Sierra de San Francisco, en Basse-Californie du Sud, au Mexique.

Photographie de BALAZS GARDI

Âgé de 39 ans, Ricardo est seulement allé à l’école primaire. Il a pris l’avion pour la première fois en 2015, dans le cadre d’un échange culturel avec des cow-boys américains du Nevada. Il insiste sur le fait que la vie urbaine et tous ses excès ne l’intéressent pas. « La vie est bien plus tranquille ici,  » déclare-t-il. « Il y a beaucoup de travail, mais moins de stress qu’en ville ». Sur son temps libre, Ricardo joue de la guitare et travaille le cuir, ce qu'il a appris à faire en autodidacte et dont il est très fier.

Sous la lumière éblouissante de la mi-journée, Ricardo inspecte les cuirs de vache et de chèvre qui trempent dans un bac rempli d’écorce d’arbre Palo Blanco à l’odeur de salami rance. Il les retourne et remue le mélange pour s’assurer que les peaux soient uniformément teintes. Une fois que la couleur est fixée, Ricardo et son fils Esteban enduisent les cuirs de graisse de poulet et les accrochent pour les faire sécher. Le cuir est ensuite découpé et travaillé à la main pour fabriquer des teguas (chaussures d’équitation) dont la semelle est en caoutchouc issu de pneus, mais aussi des polainas (guêtres), des portefeuilles, des ceintures et des selles ornées de chevaux.

Nary et sa fille Guadalupe récoltent un cactus tonneau pour nourrir les mules et les chevaux du Rancho Mesa de San Esteban situé dans la Sierra de San Francisco, en Basse-Californie du Sud, au Mexique. « Si nous achetons du fourrage pour les vaches, nous ne mangerons pas, c’est aussi simple que cela », confie José María Arce Aguilar, dit « Chema », éleveur de bovins depuis toujours et guide touristique.

Photographie de BALAZS GARDI

 

UNE GUERRE D’USURE

De retour sur le haut plateau, Nary et Chema accomplissent leurs tâches de l’après-midi en transpirant. À l’aide de fourches, ils ratissent des cactus Cylindropuntia dans de petits feux pour en brûler les épines avant de lancer des morceaux ardents aux vaches confuses qui se bousculent pour en avoir une bouchée. Trois heures de travail sont nécessaires pour toutes les nourrir. Nary se met ensuite en quête d’autres cactus pour ses mules et ses chevaux. Pour cela, il doit traverser le ravin jusqu’à un plateau situé plus en altitude et parsemé de roches volcaniques fendu en deux par le soleil. La nuit est tombée depuis longtemps lorsqu’il finit son travail ; il coupe alors une tige de cactus orgue qu’il embrase pour rentrer chez lui. « Lampara de ranchero », s’exclame Nary. La lampe torche de l’éleveur de bovins.

Avec la sécheresse qui s’éternise, les vaqueros sont prisonniers d’une guerre d’usure avec les éléments. S’ils avaient vendu quelques bœufs et chèvres un peu plus tôt, ils auraient gagné l’argent nécessaire pour acheter du fourrage et se seraient simplifié la vie. Au lieu de cela, ils sont condamnés à grappiller tout ce qu’ils peuvent trouver et à maintenir en vie leurs animaux du mieux qu’ils peuvent. Autrefois composé de 40 bêtes, leur troupeau n’en compte désormais plus que 30 et les animaux maigrissent de jour en jour. « Tout a augmenté, souligne Chema en secouant la tête, et notre bétail s’amaigrit ». À ce rythme, il n’y aura presque plus de viande à vendre si les bêtes survivent.

Lorsqu’ils ne donnent pas un coup de main au ranch, les enfants de Ricardo Arce Aguilar jouent avec des jouets de cow-boy au Rancho El Datilito situé dans la Sierra de San Francisco, en Basse-Californie du Sud, au Mexique.

Photographie de BALAZS GARDI

Le lendemain matin, en descendant jusqu’au ranch de Ricardo avec sa caravane de bêtes de somme, Nary jette un œil sur le veau malade qu’il a laissé sur le bord du sentier quelques jours plus tôt. Il essaie de le lever à nouveau, sans succès. L’animal sera bientôt mangé par les urubus à tête rouge qui tournent déjà dans le ciel. Une centaine de mètres plus loin, Nary découvre le cadavre en décomposition d’une vache.

Les prochains mois s’annoncent longs et éprouvants ; ce seront sans doute les plus difficiles. Mais, Nary estime qu’il mène la vie qu’il souhaite, celle d’un éleveur de bovins libre qui vit en pleine nature. Il ajoute qu’il a le courage et les ressources pour tenir bon aussi longtemps que possible. Alors qu’il reprend sa lente et tortueuse descente vers l’eau, il se met à siffloter une chanson.

Photographe hongrois, Balazs Gardi explore dans son travail les problèmes créés par l’Homme qui menacent l’existence de l’humanité. Il a notamment couvert la guerre en Afghanistan et les conséquences considérables de la crise mondiale de l’eau. Son travail a été récompensé du Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre et du prix Global Vision Award du concours Pictures of the Year International. Suivez-le sur Instagram pour découvrir son travail.

Écrivain et réalisateur, Jason Motlagh vit en Basse-Californie, au Mexique. Rendez-vous sur le site www.Blackbeardfilms.com pour découvrir son travail.

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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