Ménopause : voici ce que les médecins aimeraient que vous sachiez

Symptômes, traitements, hormones : la ménopause reste entourée de nombreuses idées fausses. Des experts nous aident à faire le tri en déconstruisant cinq mythes.

De Meryl Davids Landau
Publication 9 févr. 2026, 18:02 CET
Alors que la moitié de la population est concernée par la ménopause, les connaissances générales sur ...

Alors que la moitié de la population est concernée par la ménopause, les connaissances générales sur le sujet sont souvent limitées ou erronées.

PHOTOGRAPHIE DE BSIP, Getty Images

Il est difficile de croire qu'un sujet qui touche la moitié de la population humaine est entouré de fausses croyances. C'est pourtant le cas de la ménopause qui survient chez les femmes généralement entre la fin de la quarantaine et le début de la cinquantaine. Elle entraîne une fluctuation puis une chute des hormones à mesure que les ovaires cessent de fonctionner. 

« Les femmes en période de périménopause ont plus que jamais accès à des informations, mais certaines sont erronées » met en garde Makeba Williams, chercheuse spécialiste de la ménopause à l'Université de l'Illinois College of Medicine. 

Certains experts estiment que la honte ressentie par les femmes en proie au vieillissement les empêche de partager leurs expériences, même si cela tend à s'atténuer. Ils pointent du doigt le manque d'éducation ainsi que le nombre insuffisant de recherches scientifiques sur la périménopause. Cependant, ils blâment principalement la présence croissante sur les réseaux sociaux d'experts qui donnent des conseils erronés ou infondés. 

« La désinformation en ligne se développe à mesure que les opportunités d’en tirer un profit financier se multiplient », par exemple avec la vente de tests ou de traitements douteux, affirme Jen Gunter, gynécologue à San Francisco et autrice de Ménopause Manifesto, qui a abordé ce sujet à la conférence annuelle de la Menopause Society à l'automne dernier. 

 

MYTHE N°1 : TOUTES LES FEMMES PRÉSENTENT LES MÊMES SYMPTÔMES

La plupart des femmes associent la ménopause à quatre symptômes principaux : bouffées de chaleur ou sueurs nocturnes, sécheresse vaginale, troubles du sommeil et troubles de l'humeur. Ces symptômes sont en effet les plus communs : plus de 80 % des femmes ont des bouffées de chaleur et environ un tiers d'entre elles souffrent de sécheresse vaginale. 

Néanmoins, de nombreux autres symptômes peuvent découler des fluctuations hormonales, y compris des démangeaisons cutanées, des douleurs articulaires, des palpitations cardiaques, des vertiges, une sensation de brûlure dans la bouche, des bourdonnements dans les oreilles, des intolérances alimentaires, entre autres choses, rappelle Makeba Williams. 

L'ensemble des symptômes est rarement abordé dans les recherches sur la ménopause, notamment parce que les études ont tendance à être relativement limitées. Aux États-Unis, les études qui suivent les patientes tout au long de la transition - les plus précieuses sur le plan scientifique - ont porté sur environ 3 000 femmes pour la plus vaste, et sur quelques centaines de sujets pour les autres. 

Il y a seulement quatre ans, Makeba Williams a compris que les brûlures buccales pouvaient être liées à la ménopause après qu'une de ses patientes s'en est plainte. « La littérature scientifique mentionne des récepteurs d'œstrogènes dans la bouche, il serait donc logique que ce soit lié, » explique-t-elle. 

Cependant, avant d'affirmer que les symptômes sont dus à la ménopause, les médecins doivent procéder à une évaluation complète afin d'exclure d'autres causes possibles. Les douleurs buccales pourraient indiquer un problème dentaire, par exemple, et les palpitations cardiaques pourraient signaler des problèmes cardiovasculaires. 

Il faut ajouter à cette confusion le fait que pendant les années qui précèdent la ménopause, connues sous le nom de périménopause, d'autres problèmes médicaux et personnels surviennent souvent. Ces derniers peuvent entraîner chez les femmes de la fatigue, de la déprime, des troubles cognitifs ou une baisse de moral pour des raisons sans lien avec les changements hormonaux, rappelle Makeba Williams.

Plus de 80 % des femmes en périménopause souffrent de bouffées de chaleur mais d'autres symptômes ...

Plus de 80 % des femmes en périménopause souffrent de bouffées de chaleur mais d'autres symptômes moins connus peuvent se manifester. 

 

PHOTOGRAPHIE DE metamorworks, Getty Images

 

MYTHE N°2 : LES BILANS HORMONAUX PEUVENT INDIQUER SI VOUS ÊTES EN PÉRIMÉNOPAUSE 

De nombreux médecins proposent de contrôler les taux des hormones liées à la stimulation folliculaire (FSH) et lutéinisante (LH) des femmes autour de la cinquantaine qui souhaitent savoir où elles en sont de leur périménopause ou de leur fertilité. Ces hormones hypophysaires sont connues pour augmenter pendant la périménopause. 

Facturer ces examens en laboratoire est « un moyen de tirer profit des femmes, » insiste Makeba Williams, car les résultats d'un seul test sont pour la plupart inutiles. « Les taux hormonaux varient à cette période donc ils pourraient changer en l'espace d'une heure seulement. »

Le moyen le plus fiable pour diagnostiquer la périménopause est de suivre les changements du cycle menstruel. Dès le début de la périménopause, il existe une différence d'environ sept jours par rapport aux cycles menstruels habituels. À la fin de la transition, les règles surviennent tous les deux mois ou plus. La ménopause, quant à elle, est diagnostiquée rétrospectivement, un an après la fin des dernières règles. 

Concernant la fertilité, les bilans hormonaux ne sont nullement plus intéressants. La fertilité diminue considérablement pendant la périménopause, passant d'environ 30 % de probabilité de concevoir par cycle menstruel dans la vingtaine à des pourcentages à un chiffre après quarante ans. Cependant, il est toujours possible de tomber enceinte malgré des résultats de bilans hormonaux peu encourageants, bien que les risques de fausse couche dépassent les 50 % chez les femmes plus âgées. 

 

MYTHE N°3 : LE TRAITEMENT HORMONAL EST TROP RISQUÉ POUR LA PLUPART DES FEMMES PENDANT LA MÉNOPAUSE 

On peut lire dans les recommandations de la Menopause Society que le traitement hormonal est « le traitement le plus efficace contre les bouffées de chaleur ». Il est d'autant plus important pour les deux tiers des femmes dont le sommeil, la concentration -entre autres- sont affectés par les symptômes de la ménopause.

Néanmoins, seule une petite partie des femmes qui pourraient bénéficier de ces traitements en bénéficient, car elles les associent à tort à des risques accrus de développer un cancer du sein. Selon une enquête en ligne, sur 1 500 femmes interrogées, plus de 70 % étaient en périménopause ou déjà ménopausées et ont révélé souffrir de bouffées de chaleur. Mais seulement 11 % d'entre elles suivaient un traitement hormonal. Chez les femmes ménopausées, ce pourcentage était encore plus faible, en dessous de 5 %

La faible adoption du traitement est particulièrement dangereuse pour les femmes qui entrent dans la périménopause avant quarante ans. La chute de leurs œstrogènes les expose à un risque important de problèmes cardiaques et osseux. Selon une étude publiée en janvier 2026, seul un tiers de ces femmes suivent un traitement hormonal.

En plus de garder les bouffées de chaleur sous contrôle, le traitement hormonal peut être bénéfique pour la santé cardiovasculaire, car les bouffées de chaleur fréquentes et répétées non traitées, qui peuvent durer des années, sont liées à une augmentation des risques de crise cardiaque, d'insuffisance cardiaque ou d'AVC. 

Selon les recommandations de la Menopause Society, les femmes âgées de moins de soixante ans, en bonne santé et dont les dernières règles remontent à une dizaine d'années peuvent suivre le traitement sans problème. Les femmes qui ne peuvent pas recourir aux hormones en raison de leurs antécédents médicaux, notamment celles qui ont été touchées par un cancer du sein, peuvent utiliser d'autres traitements parmi lesquels figurent des options non-hormonales ciblant les neurones qui régulent la température corporelle. 

Les taux plus hauts d'œstrogènes contenus dans les contraceptifs oraux peuvent aussi réguler les fluctuations hormonales et constituer une solution supplémentaire pour les femmes en période de périménopause qui veulent éviter une grossesse. « C'est un contraceptif, mais j'aimerais qu'on en parle aussi comme un traitement hormonal pour la périménopause », souligne Makeba Williams. 

 

MYTHE N°4 : LES HORMONES BIO-IDENTIQUES VALENT MIEUX QUE LES MÉDICAMENTS HORMONAUX

Les publicités pour des hormones « naturelles » ou « bio-identiques » pullulent sur internet, vendues comme étant plus sûres et plus efficaces que les médicaments hormonaux. Ces termes marketing n'ont cependant pas beaucoup de sens, souligne Jen Gunter. 

« L'œstradiol bio-identique n'est que de l'œstradiol, ça ne change rien à sa définition mais les gens croient que c'est une hormone différente de celle fabriquée par les sociétés pharmaceutiques, » affirme-t-elle. En fait, la seule hormone produite naturellement est Premarin, une marque d'œstrogènes provenant de l'urine de juments gestantes. « Toutes les autres hormones sont fabriquées dans des laboratoires grâce à un processus biochimique complexe à plusieurs étapes, » y compris celles présentées comme étant bio-identiques. 

Les vendeurs utilisent souvent ce terme pour faire référence aux traitements hormonaux combinés, assemblés individuellement dans des pharmacies locales spécialisées. La réalisation de tests rigoureux par l'industrie pharmaceutique, approuvés et inspectés par la Food and Drug Administration américaine (FDA), fait défaut à ces traitements.

Un article de synthèse publié en 2022 a conclu que les hormones bio-identiques devaient encore prouver leur efficacité concernant les bouffées de chaleur. D'après les critiques, il est aussi nécessaire que des études à long terme estiment les risques cardiaques et de cancer associés à ces traitements. Jen Gunter se dit particulièrement préoccupée par les hormones bio-identiques, délivrées par implants sous-cutanés, susceptibles d’entraîner des dosages excessifs.

 

MYTHE N°5 : LES COMPLÉMENTS ALIMENTAIRES AIDENT À ATTÉNUER LES SYMPTÔMES DE LA MÉNOPAUSE

Des dizaines d'herbes promettent d'atténuer les bouffées de chaleur ou d'améliorer l'humeur et le sommeil des femmes en périménopause. Des influenceurs font la promotion de ces produits sur leurs réseaux sociaux, dont ils assurent eux-mêmes la vente pour la plupart. 

Pour l'instant, aucun produit ne s'est avéré efficace. « J'aimerais pouvoir dire que nous disposons de produits sans ordonnance sûrs et efficaces pour remédier aux bouffées de chaleur mais nous n'en avons pas la preuve, » affirme Stephanie Faubion, chercheuse spécialiste de la ménopause à Mayo Clinic et directrice médicale de la Menopause Society.

Les études menées n'ont trouvé aucun bénéfice ou des résultats mitigés à de nombreux compléments alimentaires populaires, la plupart ayant été étudiés sur un nombre restreint de femmes. C'est pourquoi la Menopause Society ne recommande pas de produits contenant des actées à grappes noires, du soja, de l'onagre bisannuelle, du chardon-marie et d'autres substances végétales. 

Certains de ces compléments alimentaires comportent même des risques. Par exemple, les actées à grappes noires, prises en grande quantité, peuvent être toxiques pour le foie. Ceci étant, les produits sont fréquemment étiquetés à tort puisque plus d'un quart des échantillons testés ne contenaient pas du tout d'actées à grappes noires. 

Malgré le manque de données, il existe des traitements non médicamenteux efficaces. Plusieurs études randomisées ont montré que des séances d'hypnose médicale réduisent considérablement les bouffées de chaleur. Les thérapies cognitives et comportementales, même suivies en ligne, peuvent aussi limiter ces symptômes. « Il n'y a rien de plus naturel que ça, » affirme Jen Gunter. 

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    Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise. 

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