Île de la Réunion : l’épidémie de dengue s'aggrave

Si la présence du virus est récurrente sur l’île, sa persistance pousse la Cellule de l'Institut de veille sanitaire Océan Indien (CIRE) à passer en phase d’alerte épidémique ce mois-ci.

Friday, March 23, 2018,
De Juliette Heuzebroc
Un moustique tigre - détail.
Un moustique tigre - détail.
Photographie de National Geographic

Une épidémie de dengue sévit sur l’île de la Réunion depuis le mois de décembre 2017. Le virus est déjà apparu plusieurs fois sur l’île, la région sud-ouest de l’océan Indien étant un terrain très propice à sa propagation.

D’ordinaire, le mois de décembre est celui où le nombre de cas baisse. Mais cette année, plusieurs foyers sont encore localisés à l’ouest de l’île, laissant craindre une recrudescence majeure de l’épidémie. Plus de 110 cas ont déjà été répertoriés pour les seuls mois de janvier et février 2018. Ce mois-ci, la Cellule de l'Institut de veille sanitaire Océan Indien (CIRE) a donc déclaré la phase d’alerte épidémique.

La région entrant dans la saison des pluies, les conditions météorologiques humides de cette période sont fortement favorables à l’augmentation de la densité des moustiques, porteurs du virus. Ces derniers sont de type Aedes, autrement appelés moustiques-tigres, et sont connus pour être porteurs des maladies de la famille des arbovirus comme la fièvre jaune, le chikungunya et la dengue.

 

LA DENGUE, UN MAL VIRAL

La dengue, aussi appelée « grippe tropicale », est une maladie virale transmise à l’homme par ces dits moustiques. La dengue « classique » se manifeste brutalement après 2 à 7 jours d’incubation par l’apparition d’une forte fièvre souvent accompagnée de maux de tête, de nausées, de vomissements, de douleurs articulaires et musculaires et d’une éruption cutanée semblable à celle de la rougeole. Au bout de 3 à 4 jours, une brève rémission est observée, puis les symptômes s’intensifient - des hémorragies conjonctivales, des saignements de nez ou des ecchymoses pouvant survenir - avant de régresser rapidement au bout d’une semaine. 

La difficulté pour traiter et surtout prévenir cette maladie vient du fait qu’elle est composée de quatre souches sérologiques différentes, difficiles à traiter avec un même vaccin. Les autorités sanitaires se voient donc obligées d’intensifier la prévention communautaire et individuelle par élimination mécanique des gîtes larvaires et utilisation d’insecticides.

Si jusqu’à aujourd’hui toutes les tentatives de vaccins se sont conclues par des échecs, les laboratoires français se concentrent à présent sur une nouvelle technique dite du TIS, Technique de l’insecte stérile. Ce procédé consiste à rendre des insectes mâles stériles par rayons X en laboratoire puis à les réintroduire dans des populations d’insectes sauvages. L’opération permettrait, à terme, d’éteindre ces populations puisque les portées seraient rendues non-viables.

La dengue touche environ 100 pays à travers le monde chaque année ; ce qui implique qu’un quart de la population mondiale est considérée comme à risque. En moyenne, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à environ 50 millions le nombre de cas annuel. Parmi ces cas, 500 000 sont de dengue hémorragique, une rare complication ; qui peut provoquer le décès de près de 13 000 personnes par an.

 

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