Comment la technologie LiDAR a révolutionné l'archéologie

La technologie LiDAR a permis aux archéologues de découvrir une ancienne cité perdue maya et d'autres sites historiques. Grâce à elle, les chercheurs jettent un nouveau regard sur les territoires inexplorés.jeudi 28 novembre 2019

Qu'ont bien pu laisser derrière elles les civilisations passées ? Pour les archéologues, c'est une question difficile. Les vestiges de bâtiments et d'autres sites sont presque impossibles à repérer. La faute aux ravages du temps et à la nature qui peut recouvrir les murs et les fondations d'arbres, de végétation, d'eau, de terre et bien plus encore.

C'est là qu'entre en scène le LiDAR, l'un des outils les plus captivants de l'archéologie moderne. La télédétection par laser, en anglais Light Detection And Ranging (LiDAR), a changé la face de l'archéologie en rendant possibles la mesure et la cartographie d'objets et de structures qui autrement seraient restés cachés.

 

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Le LiDAR actuel repose sur des capteurs laser déployés depuis les airs ou via des unités portables. Lorsque les lasers illuminent la zone à cartographier, ils envoient de brèves pulsations lumineuses. Le temps nécessaire à ces pulsations pour se refléter sur la surface et regagner l'instrument est mesuré puis chaque mesure est convertie en tracé à l'aide d'un GPS. Les ordinateurs utilisent ensuite ces données pour construire une carte en trois dimensions de la zone.

 

UNE ADAPTATION MILITAIRE

L'un des plus grands atouts du LiDAR est sa capacité à détecter avec précision les légères anomalies de surface qui pourraient indiquer la présence de petits sites comme des tombes ou de sites plus grands comme des cités englouties. Cependant, le LiDAR connaît également quelques limitations : il ne peut pas lire ce qu'il y a sous le sol et parfois les chercheurs passent à côté de certains reliefs en raison de la densité forestière trop élevée de la région ciblée.

Néanmoins, sa précision est très précieuse pour les archéologues qui l'utilisent pour établir la topographie d'un terrain, planifier les fouilles et repérer des sites archéologiques qu'ils n'auraient jamais pu apercevoir à l'œil nu. Comparée aux fouilles archéologiques, c'est une technologie relativement rapide et peu onéreuse, elle peut offrir aux chercheurs qui travaillent sur des sites terrestres un point de vue haut perché auquel ils n'ont pas accès d'ordinaire.

Cette technologie a initialement été inventée à des fins militaires, mais elle a été appliquée à grande échelle pour la première fois par des météorologues qui souhaitaient étudier les nuages. Le prototype de LiDAR a été construit en 1961 par Hughes Aircraft Company, la même entreprise qui avait construit le premier laser un an plus tôt. L'un des premiers bénéficiaires du LiDAR était le programme spatial des États-Unis qui l'avait utilisé pour cartographier la Lune au cours de la mission Apollo 15 en 1971. Aujourd'hui, le LiDAR est plus terre à Terre, il est utilisé pour trouver des indices archéologiques en surface et dans l'eau.

 

« RÉVOLUTION DE L'ARCHÉOLOGIE »

La télédétection a été qualifiée de « révolution de l'archéologie » qui bouleverse la façon dont les chercheurs pensent leur travail. Il y a moins de dix ans, les archéologues qui traquaient les indices pouvant mener à des sites mayas difficiles à trouver ont été époustouflés par la découverte au LiDAR d'une cité maya. (À lire aussi : Guatemala : des fortifications mayas révélées par la technologie LiDAR)

Autre scénario, des chercheurs ont utilisé le LiDAR pour détecter plus de 20 000 éléments archéologiques d'un site a priori mineur au Mexique où avait en fait été érigée une ancienne ville. « En 45 minutes de vol, le LiDAR a accompli ce que les relevés archéologiques auraient mis dix ans à faire, » avait déclaré l'anthropologue Christopher Fisher dans un communiqué. Le LiDAR bathymétrique a même permis de lever le voile sur une ancienne villa romaine en Croatie.

Le LiDAR ne fait pas que révéler ce qui est caché : il peut aussi documenter ce qui a déjà été découvert. Utilisée au sol, cette technologie sert par exemple à cartographier les structures de la cathédrale Notre-Dame de Paris et de la Salle des Cinq-Cents du Palazzo Vecchio de Florence.

 

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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