Sciences

Au-delà de l’humain : comment les Hommes préparent leur propre évolution

Comme toute espèce, nous sommes le produit de millions d'années d'évolution. Mais les choses s'accélèrent sérieusement à mesure qu'apparaissent de nouvelles innovations technologiques.

De D.T. MAX

Au cours de son histoire, l’homme a dû s’adapter aux conditions particulières de son environnement. Il y a 12 500 ans, les populations des Andes, du Tibet et d’Ethiopie se sont accoutumées aux altitudes élevées. Quelques 4 500 ans plus tard, les ancêtres des Aborigènes ont, eux, développé une résistance aux températures extrêmes, afin de survivre dans le désert. Qu’en est-il de l’homme actuel ? Dans quel sens l’accélération des technologies va-t-elle le faire évoluer ? Trois pistes possibles.

 

SE REPRODUIRE EN KIT

Le recours à la fécondation in vitro associée à une analyse chromosomique et à l’utilisation de CRISPR-Cas 9 – une sorte de ciseaux à découper l’ADN – pourrait permettre aux scientifiques de repérer et de réparer les mutations des embryons susceptibles d’entraîner des maladies graves. À l’heure actuelle, nous élaborons de puissants outils de génie génétique, qui pourraient nous permettre d’orienter l’évolution humaine. De nombreuses recherches ont été menées sur d’autres organismes. Par exemple, 
on a essayé de modifier le génome d’un moustique pour que l’insecte ne puisse plus transmettre le virus Zika
 ou le paludisme. Nous pourrions exploiter les mêmes techniques pour « concevoir » nos bébés – simplement pour choisir notre couleur d’yeux ou de cheveux préférée. Mais devons­-nous le faire ?

 

DEVENIR UN CYBORG 

Il y a plus de cinquante ans, deux scientifiques ont inventé le mot « cyborg » pour désigner un organisme mi-­homme, mi-­machine. C’était alors de la science-­fiction. Environ 
20 000 personnes disposent aujourd’hui d’implants. Neil Harbisson est un jeune artiste catalan qui porte un « eyeborg ». Cette antenne implantée sur sa tête, lui permet de percevoir les couleurs sous forme de sons. Il imagine un avenir grandement amélioré grâce à l’extension de nos sens
 avec cette technologie : « Par exemple, la vision nocturne nous donnerait la capacité de nous adapter à notre environnement, de nous façonner nous-mêmes plutôt que la planète. En façonnant la planète, nous la détruisons. »

 

VIVRE SUR MARS

Il est possible qu’une petite colonie s’installe sur Mars d’ici à un demi­-siècle. Puis suivrait une communauté plus importante, de 100 à 150 personnes, avec des membres 
en âge de procréer, afin de maintenir et d’augmenter les effectifs. Pourrions­-nous, au fil de l’évolution, devenir des martiens idéaux ? Chris Impey, professeur d’astronomie
 à l’université d’Arizona, prévoit que le processus naturel d’évolution pourrait s’accélérer avec une colonie de martiens. Leur corps pourrait devenir plus grand et mince, en raison d’une gravité inférieure de 40 % à celle de la Terre. En outre, ils pourraient perdre leurs poils dans un environnement contrôlé dénué de poussière.

 

L'article « Au-delà de l’humain »a été publié dans le magazine National Geographic d’avril 2017.

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