Sciences

La médecine personnalisée pour traiter le cancer

La médecine personnalisée s’apprête à révolutionner les soins. Elle surveillera notre santé en temps réel, prédira les risques de cancer et concevra des traitements individualisés.

De Rédaction National Geographic
À l'hopital Cedars-Sinai (Los Angeles), des chercheurs ont recréé de la moelle épinière d'un malade souffrant d'un sclérose latérale amyotrophique (SLA) sur une puce organique.
À l'hopital Cedars-Sinai (Los Angeles), des chercheurs ont recréé de la moelle épinière d'un malade souffrant d'un sclérose latérale amyotrophique (SLA) sur une puce organique.

Médecine personnalisée ou de précision… Deux termes qui décrivent une même approche : recourir aux dernières avancées de la génétique et de l’analyse des données pour soigner un patient. Ces méthodes de soin révolutionnaires se développent de plus en plus, bouleversant la pratique habituelle de la médecine, en particulier dans le traitement du cancer.

Le principe ? Plutôt que de classer les patients par catégories générales de maladies, la médecine personnalisée tente d’adapter la prévention, le diagnostic et le traitement selon le profil biochimique de chacun.

Parmi les projets développés en ce sens, I-PREDICT est un programme d’oncologie personnalisée, mené au Moores Cancer Center, à San Diego. Au lieu de privilégier une thérapie donnée, les chercheurs analysent l’ADN des cellules cancéreuses de chaque patient. Grâce à des algorithmes spécifiques, un ordinateur balaie ensuite les données de milliers de variations génétiques, de centaines d’anticancéreux et de millions d’associations de médicaments.

Il s’agit de trouver le traitement le plus à même de cibler précisément les tumeurs cancéreuses du patient. Le traitement, personnalisé, peut alors prendre la forme d’une toute nouvelle immunothérapie, ou, au contraire, d’une chimiothérapie ou d’une hormonothérapie traditionnelle, voire de médicaments qui n’étaient, à l’origine, pas conçus pour soigner le cancer.

« C’est un principe très simple, précise Razelle Kurzrock, directrice du département d’oncologie personnalisée du Moores Cancer Center. Pour chaque patient, vous choisissez les médicaments en fonction du seul profil de ses tumeurs. Nous ne travaillons pas sur une partie de l’organisme du patient ni en fonction de ce que l’on sait d’un type de cancer dont souffrent une centaine d’autres malades. Le traitement ne concerne que le patient qui se tient en face de moi. »

Extraits du reportage “ Chaque patient est unique ” de Fran Smith, publié dans le numéro de janvier 2019 du magazine National Geographic.

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