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Exploration, éco-responsabilité : en 2019, le tourisme va se réinventer

Des spécialistes nous informent des principales tendances touristiques pour 2019.

De Jessica Flint
Publication 8 janv. 2019, 12:07 CET
Les voyageurs tendent de plus en plus à découvrir des destinations hors des sentiers battus, comme ...
Les voyageurs tendent de plus en plus à découvrir des destinations hors des sentiers battus, comme le Bhoutan.
Photographie de Julian Bound, Nat Geo Image Collection

Les tendances en matière de voyage changent sans cesse. Nous avons interrogé une dizaine de spécialistes du secteur pour tenter de savoir ce que réserve l’année 2019 à l’industrie du tourisme et un seul point commun est ressorti de tous les rapports : l’intention. « Plus que jamais, les touristes veulent voyager avec un plus grand sentiment d’utilité », explique Deborah Calmeyer, directrice et fondatrice du spécialiste du voyage en Afrique Roar Africa. « Il existe un besoin de répondre à un déficit social clef, ainsi qu’un profond sentiment d’urgence, que nous ressentons actuellement. »

Par conséquent, les tendances ici identifiées reflètent toute la façon dont le tourisme sera influencé en 2019 par des voyageurs à la recherche d’une connexion avec quelque chose de plus grand qu’eux. Et ne vous méprenez pas, en 2019, les touristes ne visiteront pas des lieux qui vont disparaître, mais bien des endroits qui seront encore là pour les générations à venir.

 

LA DURABILITÉ SERA PLUS AXÉE SUR LES COMMUNAUTÉS

La durabilité est depuis longtemps un axe du tourisme, mais les vacanciers ne se contentent plus seulement de soutenir les endroits qu’ils visitent, ils veulent les enrichir. « Le volontourisme est toujours présent », indique Cynthia Dunbar, directrice générale de REI Adventures, dont le programme Volunteer Vacations (« Vacances Volontaires » en français) a connu un sursaut de popularité ces deux dernières années, de l’ordre de + 100 %.

Brad Horn, de Epic Private Journeys, constate la croissance en Afrique de la conservation relative à l’autonomisation communautaire. « Chez Epic, nous pensons que la faune sauvage a un avenir en Afrique si les locaux en tirent directement des bénéfices, dans notre cas, avec le tourisme. Les communautés ont besoin d’avoir une raison pour protéger la faune et la flore. »

Mais l’impact le plus important de la durabilité axée sur les communautés concerne ce qu’il se passe une fois le voyage achevé, souligne Deborah Calmeyer de Roar Africa. « Nous avions l’habitude d’espérer qu’en visitant des lieux sauvages, les gens prendraient à nouveau conscience de la valeur de la nature », explique-t-elle. « Aujourd’hui, les visiteurs repartent avec bien plus que cela. Ils réalisent aussi que chez eux, dans leur vie quotidienne et dans les villes du monde entier, ils peuvent faire la différence pour la planète toute entière. »

 

LA POLITIQUE CONTINUE D’AVOIR UNE INFLUENCE SUR LES PAYS DANS LESQUELS NOUS VOYAGEONS

L’actualité définit où nous voyageons. En Égypte, le tourisme a fortement reculé après la saison 2010, en raison de l’instabilité politique et des violences. « Aujourd’hui, la situation est en grande partie stable », a indiqué Kate Doty, directrice générale de Geographic Expeditions. « Les voyageurs qui veulent découvrir l’Égypte avant que les touristes n’envahissent à nouveau le pays partent maintenant, ce qui reconstruit une base solide de clients. » Kate Doty ajoute que la même chose se produit en Turquie, qui a connu une chute du tourisme après les attaques terroristes de 2016 et le coup d’État manqué en 2017. Les citoyens des États-Unis ont également plus de facilité à obtenir des visas turcs, qui étaient limités pour une partie de l’année 2017.

Le Zimbabwe a, de façon similaire, suscité l’intérêt des voyageurs à la suite de la démission, fin 2017, de l’ancien président Robert Mugabe. Deborah Calmeyer de Roar Africa souligne que « même si les chutes Victoria n’ont pas cessé d’être un coin d’espoir et une destination touristique pendant la période d’instabilité politique, des lieux comme le parc national Hwange, le parc national de Mana Pools et le lac Kariba sont tous des destinations de safari de choix qui constateront sans aucun doute une augmentation de l’activité touristique avec l’amélioration du climat politique. »

 

LE SURTOURISME RABAT LES CARTES

« Nous entendons de la part de plus en plus de voyageurs que certaines parties du monde, à l’instar de Venise, de Santorin et de Rome, sont de plus en plus bondées », explique John Spence, président des tours opérateurs Scott Dunn. Une observation avec laquelle Brad Horn, directeur général d’Epic Private Journeys, est d’accord. « Nous observons un intérêt grandissant pour les destinations moins touristiques à l’instar de l’Éthiopie, de Madagascar, du nord du Kenya, du Bhoutan et de l’Indonésie », confie-t-il.

Par conséquent, en 2019, les vacanciers vont prendre très au sérieux les « embouteillages touristiques » : ils décideront soit de faire l’impasse sur les lieux très fréquentés, soit d’être plus stratégiques quant à la période à laquelle ils partiront. Ainsi, pour fuir les nombreux touristes en Islande, John Spence recommande d’explorer des régions similaires telles que la Norvège, la Suède et la Slovénie. Selon Deborah Calmeyer de Roar Africa, les îles de l’océan Indien, en particulier l’île du Nord aux Seychelles ou Miavana à Madagascar, constituent une alternative aux Caraïbes. Enfin, voyager hors-saison est aussi une bonne idée, comme le souligne Kate Doty de Geographic Expeditions : il y a moins de monde et des activités hivernales sont proposées, comme l’héliski en Nouvelle-Zélande et au Chili. « Le froid est la nouvelle tendance », confie-t-elle.

Les touristes renoncent à leur liste de lieux à visiter pour des expériences authentiques. Ici, une femme admire le lever du soleil au-dessus des sommets du parc national des monts Simien, un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et situé en Éthiopie.
Photographie de Michael Runkel, Nat Geo Image Collection

 

DES VOYAGEURS QUI VEULENT DEVENIR EXPLORATEURS

L’époque où l’on prenait l’avion pour ne plus rien faire ensuite est révolue. « Un nombre très important de voyageurs veulent découvrir leurs destinations », a déclaré Navin Sawhney, président-directeur général des croisières de luxe Ponant. Qu’il s’agisse de coins reculés de la Polynésie ou des régions polaires, ce dernier a constaté une nette augmentation du nombre de touristes qui veulent tracer leur propre itinéraire.

Le désir d’exploration est si fort que Conrad Combrink, vice-président du développement stratégique des expéditions et des expériences chez Silversea cruises, a annoncé que l’entreprise réaliserait en 2019 son premier voyage par le passage du Nord-Est. « La célèbre route retracera les itinéraires de quelques-uns des plus grands explorateurs de l’histoire, permettant aux voyageurs de devenir les pionniers des croisières d’expédition modernes », a-t-il indiqué.

Les voyageurs désirent également recréer les treks historiques des explorateurs, souligne Kate Doty. En 2019, Geographic Expeditions collaborera avec le célèbre alpiniste Peter Hillary pour refaire sa fameuse traversée de l’Himalaya pour les clients, mais cette fois, « d’une façon plus confortable », précise Kate Doty.

 

L’ESPACE, ENCORE LA DERNIÈRE FRONTIÈRE

De l’engouement suscité par l’éclipse solaire de 2017, en passant par la couverture médiatique du dernier atterrissage sur Mars en date, sans oublier notre fascination collective pour les entreprises comme SpaceX et Blue Origin, nous regardons de plus en plus au-delà de notre atmosphère pour trouver de futures destinations. S’il est très optimiste d’imaginer prendre place dans un vol spatial en 2019, cela n’empêche pas les voyageurs intrépides de regarder en direction des étoiles pour leur prochain périple. (À lire : Mars Insight s'est posé sur la planète rouge. Que va-t-il y faire ?)

Pour célébrer le chemin parcouru en termes de conquête spatiale, bon nombre d’entre nous se rendrons en juillet prochain à Houston, aux États-Unis, pour fêter le 50e anniversaire du premier pas sur la Lune et l’ouverture du Apollo Mission Center, monument historique national qui proposera tout au loin du mois des programmes et des expositions afin de célébrer l’effort monumental qui nous a envoyé sur la Lune.

D’innombrables autres curieux regarderont les étoiles en visitant les meilleurs lieux pour admirer les astres. Selon Scott Dunn, les réservations pour les « expériences astro » ont récemment triplé. En 2019, pour l’éclipse solaire totale qui aura lieu le 2 juillet, des astronomes amateurs ou professionnels sont attendus pour admirer le spectacle de la Réserve Dark Sky d’Alqueva, située au Portugal, jusqu’au Chili.

 

LIMMERSION SERA LA PRIORITÉ NUMÉRO 1

« Nos clients sont de plus en plus actifs et ne se contentent plus de visites sédentaires », explique Brad Horn d’Epic Private Journeys. « Ils veulent être en immersion dans leur destination et font cela en randonnant, en faisant du vélo ou des balades à cheval et en découvrant la culture authentique des lieux. »

En effet, la véritable immersion est là pour rester. Ellen Bettridge, présidente et directrice générale d’ Uniworld Boutique River Cruise Collection a déclaré : « La demande des voyageurs cherchant à interagir avec les locaux a augmenté et nous prévoyons que cette hausse va se poursuivre en 2019. » Une observation que partage Gary Franklin, vice-président des trains et croisières Belmond. « Nous voyons sans cesse nos clients rechercher une expérience locale à visée éducative et offrant une immersion totale une fois à bord », a-t-il expliqué. Il a notamment fait référence au train irlandais de l’entreprise, le Belmond Grand Hibernian, qui permet à ses passagers de découvrir une Irlande inconnue à travers sa cuisine locale, ses pubs et sa musique.

 

LES LISTES DE LIEUX À VISITER VONT DISPARAÎTRE

Les voyageurs peuvent désormais revenir encore et encore dans les pays qui figurent sur les listes de lieux à visiter, à l’instar des pyramides d’Égypte ou du Taj Mahal en Inde. « Nous voyons de nombreux clients retourner en Afrique », explique Deborah Calmeyer de Roar Africa. « Souvent, cela commence avec « c’est un voyage que nous ne ferons qu’une fois dans notre vie ». Et puis, dans les mois voire les jours qui suivent le retour chez soi, le prochain voyage est réservé. C’est presque comme si la distance ne comptait plus. »

Navin Sawhney de Ponant est d’accord. Il cite comme exemple la croisière du groupe dans les îles grecques, qui se centre autour des voyageurs découvrant l’histoire, l’archéologie et les dieux de la région. « Si vous êtes déjà allé en Grèce auparavant, ceci permet de voir le pays d’une façon complètement différente », confie-t-il. « Même en Europe, il existe de nombreuses manières de redécouvrir des endroits que vous avez déjà visité. »

Jessica Flint est une journaliste indépendante basée à San Francisco. Suivez-la dans ses aventures sur Twitter.

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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