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Ce parc est le plus beau site pour admirer des aurores boréales aux États-Unis

Le Minnesota a beau n'abriter qu’un seul parc national, celui-ci est si bien situé qu’on peut y observer des aurores boréales 200 nuits par an.

Publication 30 nov. 2021, 17:10 CET
Des « wawatay », nom que les Ojibwés donnent aux aurores boréales, luisent dans le ciel du parc ...

Des « wawatay », nom que les Ojibwés donnent aux aurores boréales, luisent dans le ciel du parc national des Voyageurs, dans le nord du Minnesota, qui est un des endroits les plus sombres des États-Unis contigus.

Photographie de Patrick Barron, Alamy Stock Photo

Les excursions hivernales au sein du parc national des Voyageurs sont déconseillées aux âmes sensibles. Mais les courageux qui s’aventurent dans l’unique parc national du Minnesota (un des moins fréquentés du pays) ont le privilège, à condition de braver le froid, d’observer les plus belles aurores boréales des États-Unis contigus.

Ce phénomène lumineux se produit par nuit claire, aux plus hautes latitudes du globe, là où la magnétosphère s’affaiblit, lorsque le Soleil émet certaines particules. On parle d’aurore boréale dans l’hémisphère nord et d’aurore australe dans l’hémisphère sud.

Située au-dessus de la ionosphère, à près de 650 kilomètres du sol, la magnétosphère est constamment bombardée de débris et de radiations en provenance du Soleil. Mais le champ magnétique terrestre dévie ces rayons et ces particules nocifs. À condition de se placer au bon endroit, les Terriens peuvent admirer ce bombardement responsable des aurores boréales.

Ces rideaux de lumière verts, roses ou bleus luisent et serpentent, illuminent le ciel comme si on y braquait un projecteur et s’emportent dans des soubresauts qui font penser à des explosions interstellaires. De temps à autre, elles miment à s’y méprendre la fronde délicate du cèdre ou le cours d’eau rabroué par les rochers. Et aux Voyageurs, ce spectacle se produit 200 fois par an. Ce n’est pas pour rien que le nord du Minnesota fait partie des Meilleures destinations recommandées par National Geographic pour 2022 et que le parc a intégré l’association Dark Sky.

Dans la langue des Ojibwés, les aurores sont appelées « wawatay ». Aujourd’hui encore, la tradition tient les wawatay pour l’esprit d’ancêtres qui dansent dans le ciel pour rendre hommage à la vie et rappeler aux spectateurs qu’ils ne sont pas totalement étrangers au miracle céleste de la création.

 

DES EXPLORATEURS AVANT-GARDISTES

Le parc national des Voyageurs est adjacent à la réserve Boundary Waters Canoe Area Wilderness, au parc provincial canadien de Quetico, ainsi qu’à d’autres forêts locales et nationales. Ces étendues sauvages terrestres et aquatiques façonnent le paysage de la région des Boundary Waters, la Route frontalière des Voyageurs.

L’arrivée des Ojibwés (ou Anichinabés de Chippewa) dans la région remonte au moins au 17e siècle. Partis de la côte est à la recherche de nourriture, les Ojibwés se sont mis à cultiver du riz dans la région des Boundary Waters et à y chasser des animaux à la trappe pour leur fourrure. Ils échangeaient ces peaux contre les munitions, les fusils à silex, les couvertures et les haches des explorateurs franco-canadiens arrivés en 1688.

Le parc doit son nom aux négociants franco-canadiens qui voguaient sur les lacs interconnectés de la région plus d’un siècle avant la fondation des États-Unis. Ces braves montagnards (célèbres pour leurs hymnes à la nature) ramaient dans de grandes embarcations en écorce de bouleau. Ils faisaient commerce de fourrures et les rapportaient des confins de l’Amérique du Nord jusqu’à Montréal.

Ils voyageaient vers l’ouest en brigades de quatre à huit canoës et se mettaient en quête de peaux. Les « avants » se postaient à la proue et indiquaient la voie à suivre, tandis que les « gouvernails » se trouvaient près de dix mètres en arrière, au niveau de la poupe, et tenaient des pagaies d’environ deux mètres de long. Infatigables, ces voyageurs pouvaient envoyer 55 coups de pagaie par minute, le tout à l’unisson et en chantant leurs amours perdues, les aléas du climat et leurs rencontres avec la faune.

Ils avaient besoin des Ojibwés pour se repérer et pour construire leurs canoës, mais aussi pour obtenir des plantes médicinales et des conseils spirituels. En 1900 déjà, les Ojibwés avaient été cantonnés dans des réserves de la région des Grands Lacs, aux États-Unis et au Canada. Dans le Minnesota, les Ojibwés vivent désormais dans sept réserves : Red Lake, Bois Forte, Grand Portage, White Earth, Leech Lake, Fond du Lac et Mille Lacs.

À peu près à la même époque, des bûcherons et des mineurs en quête d’or pris la place des Voyageurs, partis depuis longtemps. Mais cette ruée vers les mines a été de courte durée. Mineurs, prospecteurs, tenanciers de saloon et boutiquiers ont abandonné Rainy Lake City quelques années seulement après s’être implantés dans les forêts du nord. Les 200 personnes qui ont un jour habité cet endroit au climat humide ont été remplacées par des touristes qui déambulent désormais dans ce village fantôme silencieux.

Un canoë fixé entre des pierres sur le rivage de l’île de Round Bear qui se trouve sur le lac Kabetogama, dans le Minnesota. L’hiver ce lac du parc national des Voyageurs est gelé. On peut alors y pratiquer la pêche sous glace ou le traverser en motoneige.

Photographie de RICHARD OLSENITUS, NAT GEO IMAGE COLLECTION

Pendant ce temps-là, les exploitations forestières se sont épanouies. On a coupé des arbres et érigé des barrages pour que les scieries qui abattaient ces denses forêts de pins aient de l’eau en permanence. L’abattage s’est arrêté en 1940, car il n’y avait plus aucun arbre. Mais les hôtels et les activités de pêche ont suivi leur cours dans un paysage jonché de troncs d’arbres qui, avec le temps, a fini par donner une nouvelle forêt.

Des décennies plus tard, c’est le Service des parcs nationaux (NPS) qui possède la plupart des propriétés de la réserve. Seuls 400 hectares sont encore détenus de manière privée. Le NPS s’occupe de la maintenance des barrages et de plus de cinquante camps de pêche et bâtiments historiques comme le saloon de Rainy Lake City.

Loin des routes intrusives, les terrains de camping du parc des Voyageurs ne sont accessibles que par bateau. Pour cette raison, ils sont prisés des pêcheurs à la ligne, des kayakistes et des amateurs de canotage. Les lacs intérieurs sont interdits aux embarcations pour éviter la prolifération d’espèces invasives mais le NPS propose tout de même des circuits sur l’eau et des bateaux à la location. Les pêcheurs, tout comme les balbuzards, les pygargues à tête blanche, les émerillons, les grands hérons, les huards, les cormorans, les pélicans et les loutres du parc, ont accès à un abondant réservoir de poissons.

 

DANGER POUR L'ENVIRONNEMENT

Ces dernières années, la plupart des visiteurs se rendent aux Voyageurs lors des mois chauds pour profiter d’un cadre de pêche sans égal.

Mais la santé de la faune et de ceux qui s’en nourrissent est menacée par la présence de mercure. Dans l’eau, les dépôts de mercure se transforment en méthylmercure quand le plancton les ingère. Les petits poissons qui se nourrissent de plancton sont à leur tour mangés par des prédateurs plus gros, et notamment par des humains.

Le cercle de la vie est affecté dans son ensemble : les oiseaux contaminés au mercure pondent des œufs plus petits et en moindre quantité. Les salamandres deviennent apathiques. Chez tous les vertébrés, un taux de mercure élevé touche le fonctionnement des reins ainsi que les structures neuronales et hormonales.

D’après les chercheurs, la majorité de la pollution de Boundary Waters vient des cheminées des centrales à charbon. Elles émettent du mercure sous forme de vapeur qui finit par retomber en pluie. Aux États-Unis, les amendements du Clean Air Act votés en 1990 ont rendu obligatoire l’utilisation d’épurateurs et d’autres techniques de réduction des émissions. Suite à cela, des chercheurs s’intéressant à la région des Boundary Waters ont remarqué une diminution de 20 % des dépôts de mercure entre 1985 et 2011.

Les aurores boréales et australes

Les efforts visant à réduire le mercure au sein du parc national des Voyageurs se poursuivent. Mais la pollution est durable ; et les émissions mondiales augmentent. En 2003, des chercheurs ont découvert que la présence de barrages entraînait une fluctuation du niveau de l’eau et une augmentation des populations bactériennes (et donc davantage de méthylation du mercure dans les lacs). L’administration du parc a réussi à stabiliser le niveau des eaux et la contamination au mercure y diminue partiellement.

En 2012, le taux de mercure présent dans les lacs et dans les tissus des perchaudes avait chuté dans deux des quatre lacs testés aux Voyageurs. Malgré cela, tous les lacs du parc dans lesquels on a testé la présence de mercure sont classés « dégradés » par l’Agence de protection de l’environnement. Le ministère de la santé du Minnesota publie régulièrement des recommandations spécifiques concernant les poissons et les lacs à éviter dans le parc.

Même si ces retombées de mercure semblent contrôlables (bien qu’elles soient intimidantes), elles ne sont pas le seul danger environnemental que le parc doit affronter. Les projets de mines de soufre dans le nord du Minnesota pourraient mettre davantage en péril les eaux du parc.

Lorsque les entreprises exploitent les minerais sulfurés pour extraire du cuivre, de l’or et du nickel, de l’acide sulfurique et d’autres contaminants sont générés et peuvent se répandre dans les eaux environnantes. La pollution se déverse en aval et finit par être absorbée par tous les corps aquatiques. Cela montre que la sécurité que représentent les frontières du parc est parfois tout à fait illusoire.

 

UN PAYSAGE FÉÉRIQUE

Les hivers du Minnesota sont parfois rigoureux mais le parc ne ferme pas pour autant ses portes dès les premières neiges. Les sentiers de randonnée estivaux se transforment en parcours de ski de fond et de raquettes (il y en a 25 kilomètres en tout). Des trois offices de tourisme que compte le parc, seul celui de Rainy Lake reste ouvert à cette période (du 3 décembre 2021 au 26 mai 2022). On peut y emprunter des raquettes et des skis gratuitement et s’inscrire à des excursions en compagnie d’un ranger.

Les amateurs de bolides peuvent parcourir plus de 170 kilomètres de pistes balisées sur des motoneiges et les utiliser pour rejoindre les meilleurs spots de pêche sous glace. Quand la glace s’installe, deux routes gelées apparaissent au milieu des lacs. L’une part de l’office de tourisme de Rainy Lake et mène à différents endroits selon les conditions. L’autre file entre les centres du lac de Kabetogama et de la rivière Ash.

Cet article a d’abord paru dans l’Atlas National Geographic des parcs nationaux qui emmène les lecteurs dans un voyage épique à travers les paysages extraordinaires des régions sauvages puis sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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