Les îles subantarctiques, le secret le mieux gardé de la Nouvelle-Zélande

Classées au patrimoine mondial de l’UNESCO et presque inaccessibles, les îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande abritent une faune exceptionnelle, des paysages spectaculaires et certaines des espèces les plus rares de l’océan Austral.

De Tim Johnson
Publication 6 août 2026, 16:51 CEST
Des albatros (Diomedeidae) volent au-dessus d'une aire de nidification commune sur l'Île Campbell, l'une des Îles ...

Des albatros (Diomedeidae) volent au-dessus d'une aire de nidification commune sur l'Île Campbell, l'une des Îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande située dans l'océan Austral. 

PHOTOGRAPHIE DE RichardRobinson, Alamy

Des albatros (Diomedeidae) volent au-dessus d'une aire de nidification commune sur l'Île Campbell, l'une des Îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande située dans l'océan Austral. 

PHOTOGRAPHIE DE RichardRobinson, Alamy

Les similitudes sont frappantes. Des îles reculées et des littoraux grouillant d'animaux rares et endémiques. Des créatures que vous ne trouverez nulle part ailleurs sur Terre. Une végétation venue d'un autre monde et une géologie volcanique spectaculaire. Des lieux qui se découvrent mieux en petit groupe et que les visiteurs découvrent en se sentant très privilégiés. 

Cela vous semble familier ? Et non, il ne s'agit pas des Îles Galápagos mais d'une région éloignée de la Nouvelle-Zélande, largement méconnue, même des Néo-Zélandais eux-mêmes. Ces cinq archipels, connus sous le nom d'Îles subantarctiques, sont au cœur de l'océan Austral, réputé pour son agitation, entre les quarantièmes rugissants et les cinquantièmes hurlants (entre les 40e et 50-60è parallèles dans l'hémisphère Sud), une zone où soufflent constamment des vents d'ouest intenses. Les archipels verdoyants, rocailleux et balayés par le vent se situent entre l'île du sud de la Nouvelle-Zélande et les confins de l'Antarctique. 

 

POURQUOI VISITER LES ÎLES SUBANTARCTIQUES DE NOUVELLE-ZÉLANDE ? 

Une expédition d'écotourisme fait une pause pour déjeuner dans un champ sur l'Île Enderby en Nouvelle-Zélande.

Une expédition d'écotourisme fait une pause pour déjeuner dans un champ sur l'Île Enderby en Nouvelle-Zélande. 

PHOTOGRAPHIE DE blickwinkel, AGAMI, M. Guyt, Alamy

Une expédition d'écotourisme fait une pause pour déjeuner dans un champ sur l'Île Enderby en Nouvelle-Zélande. 

PHOTOGRAPHIE DE blickwinkel, AGAMI, M. Guyt, Alamy

Quand ils s'y rendent pour la première fois, les visiteurs sont impressionnés, révèle Dirk de Vries, garde forestier pour le New Zealand’s Department of Conservation. Les animaux sauvages peuvent s'avérer impressionnants : « ces animaux ne sont pas habitués à la menace que représentent les humains » ajoute-t-il. 

Imaginez de grands oiseaux prendre leur envol depuis la poupe d'un bateau, des pétrels tournoyer autour de la proue, passer devant d'énormes phoques qui jouent sur le littoral ou devant des espèces endémiques de manchots qui s'approchent occasionnellement des groupes de touristes.  

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Les Îles Snares constituent une zone de reproduction essentielle et protégée pour plus de 1 000 ...

Les Îles Snares constituent une zone de reproduction essentielle et protégée pour plus de 1 000 otaries à fourrure (Arctocephalus) de Nouvelle-Zélande. 

PHOTOGRAPHIE DE K. SCHOLZ, Alamy

Les Îles Snares constituent une zone de reproduction essentielle et protégée pour plus de 1 000 otaries à fourrure (Arctocephalus) de Nouvelle-Zélande. 

PHOTOGRAPHIE DE K. SCHOLZ, Alamy

Conservées comme une grande réserve nationale et un site classé au patrimoine mondial, ces îles subantarctiques abritent un total de cent vingt-six espèces d'oiseaux, dont quarante espèces d'oiseaux marins, qui s'y reproduisent - cela en fait la population d'oiseaux la plus variée de l'océan Austral. Sur ces îles, les visiteurs pourront en observer différentes espèces, notamment le cormoran de Bounty (Leucocarbo ranfurlyi) mais également des espèces endémiques telles que la bécassine, la perruche et la sarcelle, l'oiseau d'eau le plus rare du pays. 

Les éléphants de mer (Mirounga) vivent sur les plages et les lions de mer de Nouvelle-Zélande (Phocarctos hookeri), une espèce menacée, jouent dans le sillage des zodiacs. Les sternes subantarctiques (Sterna vittata) descendent en piqué au-dessus de nos têtes. Il y a également d'énormes mégaherbes. Les botanistes ont émis l'hypothèse que ces plantes géantes et très colorées, notamment Pleurophyllum speciosum et le lys ross (Bulbinella rossii), ont évolué afin de profiter de la courte saison de croissance et de survivre aux températures négatives. 

Comme pour les Îles Galápagos, le nombre de visiteurs est strictement limité. Vous ne pouvez vous rendre sur ces îles qu'à bord de petits bateaux d'expédition, similaires à ceux utilisés pour aller explorer l'Antarctique. M/V Douglas Mawson, le nouveau navire d'Aurora Expeditions spécialement conçu pour supporter les rudes conditions polaires, est l'un des navires qui permettent à leurs passagers de partir à l'exploration des Îles subantarctiques. 

 

RENCONTREZ UNE ESPÈCE RARE DE MANCHOTS PROCHE DE L'EXTINCTION

Honnêtement, qui n'aime pas les manchots ? Sur un total de dix-huit espèces dans le monde, les visiteurs de ces îles auront la chance de pouvoir en observer dix. En comparaison, seule une espèce se trouve sur les Îles Galápagos, le manchot des Galápagos (Spheniscus mendiculus). 

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On peut trouver le gorfou des Îles Snares (Eudyptes robustus) sur les Îles Snares. Au total, ...

On peut trouver le gorfou des Îles Snares (Eudyptes robustus) sur les Îles Snares. Au total, dix espèces de manchots vivent sur les Îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande. 

PHOTOGRAPHIE DE Joy Durham, Danita Delimont, Agent, Alamy
Le manchot antipode, appelé hoiho par les Maoris, est une espèce de manchot endémique à la ...

Le manchot antipode, appelé hoiho par les Maoris, est une espèce de manchot endémique à la Nouvelle-Zélande. 

 

PHOTOGRAPHIE DE Kevin Schafer, Alamy
Gauche: Supérieur:

On peut trouver le gorfou des Îles Snares (Eudyptes robustus) sur les Îles Snares. Au total, dix espèces de manchots vivent sur les Îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande. 

PHOTOGRAPHIE DE Joy Durham, Danita Delimont, Agent, Alamy
Droite: Fond:

Le manchot antipode, appelé hoiho par les Maoris, est une espèce de manchot endémique à la Nouvelle-Zélande. 

 

PHOTOGRAPHIE DE Kevin Schafer, Alamy

Lors d'un périple houleux, debout sur le pont ouvert du Douglas Mawson, les falaises irrégulières des Îles Snares sont dissimulées derrière la brume et les nuages, un paysage tout droit sorti d'un roman fantastique. Représentant le point le plus au nord des Îles subantarctiques, les Îles Snares font partie des régions les mieux conservées de Nouvelle-Zélande. Les passagers à bord plissent les yeux pour observer le gorfou des Snares (Eudyptes robustus), endémique de ces îles, et sont récompensés lorsque plusieurs petits groupes viennent à la rencontre du navire, sautant joyeusement hors de l'eau et par-dessus les vagues. 

Le manchot antipode (Megadyptes antipodes), nommé hoiho par les Maoris, est encore plus rare. L'espèce gravement menacée est facilement reconnaissable à ses bandes jaunes allant de leurs yeux jusqu'à l'arrière de leur tête. Les 5 000 individus qui vivent toujours à l'état sauvage sont confrontés à la perspective réelle d'une extinction totale dans un avenir pas si lointain. 

C'est pourquoi une rencontre avec le manchot antipode sur l'Île Enderby est une excursion passionnante. Sous un ciel ensoleillé et sur une mer bleue très calme qui rappelle Tahiti, un guide a emmené un petit groupe de visiteurs à bord d'un zodiac le long du littoral rocheux, explorant les grottes marines et s'approchant des algues brunes géantes. Ils ont également pu observer des manchots, dont un groupe d'une demi-douzaine de manchots antipodes sur une petite péninsule rocheuse, qui leur a réservé un accueil sonore. 

 

OÙ OBSERVER LES IMMENSES ALBATROS ROYAUX ? 

« Selon moi, ces îles offrent la meilleure expérience de nature, du point de vue de la diversité » affirme Patrick Horgan, naturaliste à Aurora Expeditions. « Ce ne sont pas juste des manchots mais des colonies d'albatros, des échoueries de phoques sur la plage. »

On ne peut que sous-estimer la joie de voir des albatros s'envoler. Sur les Îles subantarctiques, on a l'impression qu'ils sont omniprésents. Chaque fois que les passagers sortent sur le pont arrière ou qu'ils regardent simplement par la fenêtre de la salle à manger ou depuis leur cabine à balcon, ils peuvent les apercevoir, flottant dans les vents salés. Patrick Horgan en dénombre près d'une douzaine d'espèces. L'immense albatros royal (Diomedea epomophora) est l'une des deux espèces d'oiseaux ayant la plus grande envergure du monde avec une envergure de plus de 3,5 mètres. 

L'albatros royal a une envergure moyenne de plus de 2,5 mètres, ce qui en fait l'une ...

L'albatros royal a une envergure moyenne de plus de 2,5 mètres, ce qui en fait l'une des espèces d'albatros les plus grandes. 

PHOTOGRAPHIE DE FLPA, Alamy

L'albatros royal a une envergure moyenne de plus de 2,5 mètres, ce qui en fait l'une des espèces d'albatros les plus grandes. 

PHOTOGRAPHIE DE FLPA, Alamy

L'Île Campbell, le point le plus au sud des Îles subantarctiques de Nouvelle-Zélande, abrite la plus grande population d'albatros royaux atteignable en zodiac. En s'approchant d'une colonie à bord d'un de ces bateaux, des observateurs de la faune peuvent contempler des couples volant en boucle au-dessus d'eux, suivant les mouvements l'un de l'autre dans un gracieux rituel d'accouplement. Certains effleurent les embruns froids des cascades tumultueuses et, souvent, leur nid est assez proche pour que les spectateurs puissent apercevoir les oisillons blancs et duveteux. 

Les voyageurs les plus téméraires pourront grimper le Col Lyall Boardwalk pour être témoins de la taille gigantesque des albatros et des vues panoramiques sur l'Île Campbell. Les albatros royaux font leur nid juste à côté du sentier. Lorsque des randonneurs leur passent devant, les oiseaux gigantesques tournent simplement leur tête, constatant calmement la présence d'humains, puis poursuivent le cours de leur vie. 

« Même les paysages sont stupéfiants. » affirme Dirk de Vries, proche du sommet du Col Lyall Boardwalk. « Mon fils dit qu'ils sortent tout droit d'Avatar ». 

La mégaherbe Anisotome latifolia en fleur sur l'île Enderby en Nouvelle-Zélande.

La mégaherbe Anisotome latifolia en fleur sur l'île Enderby en Nouvelle-Zélande. 

La mégaherbe Anisotome latifolia en fleur sur l'île Enderby en Nouvelle-Zélande. 

 

HONORER LE PASSÉ, PRÉSERVER LE FUTUR

« Ces îles avaient une grande importance pour les Maoris, qui voyageaient ici de façon saisonnière, dans la quête d'une exploration plus poussée » explique Isaac Cross, représentant de la tribu Ngāi Tahu à bord du Douglas Mawson. « Cela prenait des mois. Je n'ose même pas imaginer comment mes ancêtres ont accompli cela ».

Les Îles subantarctiques ont prospéré et récupéré leur état initial grâce aux efforts de conservation, qui ont permis l'élimination des nuisibles et la réintroduction des espèces. Isaac Cross souligne que la philosophie maorie de la tutelle, appelée kaitiakitanga, ainsi que son espoir personnel, sont que toutes les personnes qui visitent ces îles aient ensuite l'envie d'en prendre soin. 

Ce voyage a été réalisé avec le soutien d'Aurora Expeditions. Tim Johnson est un journaliste voyage basé à Toronto ; il a visité cent cinquante et un pays répartis sur les sept continents. Retrouvez-le sur Instagram.

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise. 

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