Animaux

Ces bébés animaux sont autonomes dès le plus jeune âge

Dès leur naissance, certains petits sont livrés à eux-mêmes. Jeudi, 9 novembre

De Liz Langley

Hannah, une de nos lectrices, nous a écrit afin de nous poser cette question : « Les mamans oiseaux poussent-elles leurs petits hors du nid ? ».

Daniel Roby, ornithologue à l'université de l'État de l'Oregon, affirme n'avoir jamais aperçu ce type de comportement ni aucune preuve l'attestant. Cependant, chez certaines espèces d'oiseaux, « les parents incitent leurs petits à quitter le nid au moment venu ».

La question d'Hannah nous a conduit à nous interroger : quels rejetons courageux sont parachutés dans le monde réel avant même qu'ils y soient prêts ?

 

LES MÉGAPODES

Si la plupart des oiseaux reçoivent des soins de leurs parents (La marche de l'empereur, ça vous dit quelque chose ?), les mégapodes — une famille d'oiseaux aux allures de poulets originaires de l'est de l'Australie, de Nouvelle-Guinée, d'Indonésie et des Philippines — font office d'exception.

Ces oiseaux « ne couvent pas directement leurs œufs », explique l'ornithologue. « Ils préfèrent bâtir de grands monticules de végétaux en décomposition et y laisser leurs œufs ».

Selon l'ouvrage The Handbook of Bird Biology, ces monticules peuvent être de « la taille d'une voiture ».

Les parents régulent la température du monticule « en enlevant ou en ajoutant des végétaux », développe Daniel Roby. Cependant, une fois que les petits sont nés, ils se fraient un chemin hors du nid et « s'enfuient dans les broussailles sans jamais rencontrer leurs parents ».

Les oisillons sont capables de voler 24 heures après leur naissance.

« Les mamans crocodiles s'occupent davantage de leurs petits après l'éclosion des œufs que ne le font les mégapodes », souligne l'ornithologue. Les bébés crocodiles font effectivement partie des rares reptiles à recevoir les soins de leurs parents, notamment en étant transportés à droite à gauche dans l'immense bouche de leur mère.

 

LES LÉZARDS DES PALISSADES

La plupart des lézards, quant à eux, « déposent leurs œufs, les couvent, oublient aussitôt qu'ils viennent de faire cela et s'en vont », explique Nassima Bouzid, doctorante à l'université de Washington.

Selon elle, du fait qu'ils soient dotés d'un cloaque — une ouverture vers leurs appareils reproductif, digestif et urinaire —, les lézards, dont celui des palissades de Yosémite qu'elle étudie, pensent peut-être que leurs œufs sont « des matières fécales étranges et gênantes » et les oublient aussitôt.

D'après la doctorante, le manque d'attention parentale chez la majorité des lézards peut être au cœur d'une stratégie consistant à avoir le plus de petits possible afin que certains d'entre eux survivent.

 

LES CAMÉLÉONS FURCIFER LABORDI

Une espèce de lézard va même plus loin : non seulement les petits ne fréquentent jamais leurs parents, mais ils ne rencontrent jamais aucun adulte de leur espèce.

Au moins une population du caméléon de l'espèce Furcifer Labordi des forêts arides du sud-ouest de Madagascar pond ses œufs avant l'hiver. « Ainsi, les œufs éclosent juste avant la saison des pluies estivales », explique Nassima Bouzid. Les œufs mettent entre huit à neuf mois à se développer et les adultes auront vieilli et seront morts entre temps.

Cette progéniture, alors tout juste orpheline, « grandira là où il n'y a aucun adulte de son espèce », affirme la doctorante.

« S'ils ne se reproduisent pas, l'ensemble de leur population disparaît », explique-t-elle, alors que la zone de répartition forestière de l'espèce est menacée par le changement climatique.

 

LES PAPILLONS ET LES PHALÈNES

Si de nombreux insectes reçoivent la protection de leurs parents, les papillons et les phalènes n'en font pas partie. Ils déposent leurs œufs sur les plantes hôtes et laissent leurs progénitures se débrouiller.

« Certains déposent leurs œufs à proximité des nids de fourmis et ce sont elles qui prennent soin des chenilles. Un peu comme Moïse, en version microscopique », explique Katy Prudic, entomologiste à l'université de l'Arizona.

La chenille de l'azuré du serpolet, par exemple, sécrète une substance sucrée qui attire une espèce de fourmi rouge spécifique et qui lui donne l'odeur d'une larve de fourmi. La fourmi l'emmène alors dans son nid où se trouve sa propre couvée, que la chenille dévore ensuite.

Certains petits sont protégés par des produits chimiques toxiques issus de leur plante hôte, à l'épreuve des prédateurs, tandis que d'autres sont équipés d'un camouflage remarquable.

Lytrosis unitaria, un papillon de nuit que l'on trouve dans les régions de l'est de l'Amérique du Nord, peut revêtir l'apparence d'une brindille. S'il chute de sa branche, il peut se servir de sa soie comme d'un cordage de sécurité grâce auquel il se hisse.

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