Animaux

Namibie : une épidémie tue plus d'une centaine d'hippopotames

En l'espace d'une semaine, des carcasses de plusieurs tonnes ont été aperçues dans un parc de Namibie. Jeudi, 9 novembre

De Sarah Gibbens

L'image est saisissante.

De nombreux hippopotames, certains couchés sur le flanc, d'autres retournés sur le dos, tous frappés d'une mort mystérieuse et partiellement immergés dans un lac de Namibie. La vitesse à laquelle s'est produit l'incident trouble d'autant plus les habitants.

Selon Johnson Ndokosho, directeur intérimaire du ministère de l'Environnement et du Tourisme de Namibie, le premier hippopotame inerte a été découvert le 1er octobre. Depuis, au moins une centaine d'hippopotames sont morts dans l'ouest du parc national de Bwabwata, situé au nord-est de la Namibie, entre l'Angola et le Botswana.

« Cela faisait longtemps qu'un événement de ce type ne s'était pas produit », affirme Ndokosho. Pour expliquer cette mortalité massive, les premières hypothèses se sont basées sur des événements antérieurs similaires causés par une bactérie mortelle appelée maladie du charbon.

« Nous soupçonnons la maladie du charbon d'être à l'origine de leur mort mais cela reste à confirmer », explique le membre ministériel dans un entretien téléphonique. Si les tests sont toujours en cours, il souligne qu'il est difficile d'empêcher les empoisonnements au bacille du charbon.

« Nous ne pouvons pas grand-chose contre cela », reconnaît-il. « Nous ne pouvons pas déplacer les espèces sauvages. »

Plusieurs buffles d'eau auraient également été retrouvés morts. Selon Ndokosho, la maladie a peu de chance de se propager, les hippopotames morts se trouvant dans une zone isolée du parc, à l'écart des élevages.

En 2004, près de 200 hippopotames ont succombé à une épidémie mortelle d'anthrax en Ouganda. Il aura fallu des mois aux chercheurs pour réaliser un diagnostic définitif et 10 personnes sont mortes après avoir consommé de la viande d'hippopotame contaminée.

 

QUELLES SONT LES CAUSES ?

La maladie du charbon est provoquée par une bactérie du nom de Bacillus anthracis, qui entrerait naturellement en contact avec les espèces sauvages dès lors que l'eau recule. Si l'anthrax (autre nom de la maladie) est connue comme arme biologique potentielle, cette bactérie se trouve naturellement dans les sols et peut passer inaperçue pendant des décennies.

D'après les centres américains de contrôle et de prévention des maladies, les bactéries produisent des spores susceptibles de « s'activer » lorsqu'elles entrent en contact avec un organisme vivant. Les bactéries prolifèrent et se propagent ensuite dans tout le corps, provoquant une maladie grave voire, en l'absence de traitement, la mort.

Dans un entretien au journal régional New EraColgar Sikopo, directeur du département des parcs et de la faune de Namibie, a imputé l'épidémie au niveau inhabituellement bas de la rivière, qui aurait ainsi exposé les parcelles de terre mortelles.

Le ministère rappelle aux habitants de ne pas manger de viande provenant d'animaux morts dans la région. Les carcasses des hippopotames sont brûlées en vue d'éviter la propagation de la maladie.

« Le fait que des animaux meurent nous préoccupe, mais nous ne sommes pas inquiets pour la santé de la population », rassure Ndokosho. Les hippopotames sont classés comme « vulnérables » par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature ; ils sont environ 3 300 à vivre en Namibie et aux alentours.

Le parc national de Bwabwata se trouve au nord du delta de l'Okavango, plus grande zone humide faite d'eau douce d'Afrique australe à la diversité faunique abondante.

L'enquête se poursuit et cet article sera mis à jour à mesure que d'autres informations nous parviennent.

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