L’incroyable intelligence des oiseaux

Il y a encore un siècle, les scientifiques pensaient que, contrairement au cerveau des mammifères, celui des oiseaux n’était pas capable de fonctions cognitives avancées. Ils se sont ravisés.

De Rédaction de National Geographic
Les nestors kéas, des perroquets néo-zélandais, sont connus pour leur curiosité – une marque d’intelligence. Dans ce centre de recherche autrichien, quatre individus (dont seuls trois sont visibles) ont compris que, pour récupérer des friandises dans une tour en bois, ils devaient coopérer en tirant simultanément sur des chaînes.

Est-il encore justifié de parler de « cervelle d’oiseau » ou de « tête de linotte » ? Le cerveau des Aves a évolué très différemment de celui des mammifères, avec notamment une taille inférieure et une organisation spatiale dans la longueur et non en couches. Résultat : pendant des années les scientifiques ont pensé que les oiseaux n’étaient doués que de réactions automatiques. Des études récentes prouvent le contraire : capacité de mémorisation à long terme, reconnaissance des visages et même utilisation d’outils... Les oiseaux sont en fait dotés de grandes aptitudes cognitives. Voici trois oiseaux aux capacités cérébrales exceptionnelles.

 

LE CACATOÈS FABRIQUE DES OUTILS

Un cacatoès de Goffin photographié au laboratoire Goffin, institut de recherche Messerlt, université de médecine vétérinaire de Vienne.

Dans une volière de l’université de médecine vétérinaire de Vienne, en Autriche, Figaro, un cacatoès de Goffin, tient l’outil qu’il a fabriqué pour attraper une noix de cajou. Sa première invention a été d’utiliser un morceau de bambou pour pousser un caillou hors de la volière. Bizarrement, cette espèce utilise des instruments en captivité, mais pas dans la nature. Cependant, en Nouvelle-Guinée, pour courtiser les femelles, le cacatoès noir fabrique des baguettes avec des brindilles et des cosses, dont il se sert pour jouer des motifs rythmiques contre des arbres creux. C’est d’ailleurs le premier animal connu pour fabriquer un instrument de musique.

 

LA CORNEILLE RECONNAIT LES VISAGES

Une corneille photographiée par Joel Sartore au centre de recherche aviaire George Miksch Sutton, à Bartlesville, dans l'Oklahoma (États-Unis).

En 2006, des chercheurs de l’université de l’État de Washington à Seattle ont enfilé des masques avant de capturer sept corneilles. Plus de dix ans après, lorsque les corneilles du voisinage (pas seulement les sept animaux de l’expérience) aperçoivent une personne portant un tel masque, elles se coalisent pour lui crier dessus, plonger vers lui ou le suivre. Un vrai scénario à la Hitchcock ! Conclusion : les corneilles n’oublient jamais un visage. Elles peuvent notamment reconnaitre les gens qui les ont harcelées sur les sites de nidification des années plus tôt, et diffusent l’information à leurs petits et à d’autres corneilles.

 

L’ÉTOURNEAU SANSONNET MÉMORISE DES MÉLODIES

Un étourneau sansonnet en résidence chez des musiciens de Somerset, en Angleterre.

Arnie, un étourneau sansonnet en résidence chez un musicien, Lloyd Buck, en Angleterre, adore quand son hôte se met au piano. Cette espèce semble particulièrement apprécier la musique classique : Mozart possédait un petit étourneau qui chantait les compositions de son maître. Les étourneaux peuvent apprendre de nouvelles vocalisations de leurs congénères tout au long de leur vie. Mais aussi imiter les sons d'autres espèces (aboiement du chien, voix humaine...) ou encore les bruits environnants (grincements de porte, alarmes de voiture, instruments de musique...). Fascinant !

 

Dans le numéro de février 2018 du magazine National Geographic, notre reportage sur l’intelligence des oiseaux.

 

 

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