Chez les animaux aussi, les boucles font fureur

Que ce soit pour se réchauffer, convaincre des partenaires ou simplement être le plus beau, les boucles de ces animaux leur sont utiles de plusieurs façons.

De LIZ LANGLEY
Photographie De DIRK EISERMANN, LAIF/REDUX
Des porcelets mangalitzas, également connus sous le nom de porc laineux, se pressent derrière leur mère en Allemagne.

Avec le retour en force des années 1980, on pourrait bientôt assister au come-back de la permanente. Comme à leur habitude, les animaux ont un poil d’avance.

De nombreux animaux domestiques comme les chevaux, les cochons ou encore les poules ont été croisés dans l’unique but de boucler leur toison. Ce pelage frisé est l’expression d’un caractère génétique présent chez diverses races de chevaux dont la taille et la couleur peuvent varier.

Les équidés possédant ce gène sont reconnaissables à leurs boucles généreuses qui poussent en hiver. Certains d’entre eux, les « extreme curlies » (boucles extrêmes en français) perdent l’intégralité de leur crinière en été, rapporte E. Gus Cothran, Professeur émérite à l’université A&M du Texas, dans la ville de College Station.

Les chercheurs ont découvert des mutations sur deux gènes différents qui pourraient être responsables du manteau bouclé de ces animaux. Toutefois, étant donné qu’aucune de ces mutations n’a été identifiée chez les chevaux bouclés d’Asie, explique Cothran, il doit en exister une autre à découvrir, voire plus.

 

LE PORC LAINEUX, OU MANGALITZA

Les premiers mangalitzas sont apparus au 19e siècle en Hongrie et en Serbie. Moins productifs que leurs cousins dépourvus de boucles, ils ont presque disparu dans les années 1970 au profit de races commerciales.

Les efforts fournis pour préserver l’espèce ont été fructueux et ce cochon bouclé dont la laine s’apparente à celle des moutons a pu revenir sur le devant de la scène. Une étude datant de 2003 sur l’histoire de cet animal dressait la liste de ses points forts : sa robustesse, sa capacité à s’adapter et les qualités maternelles des femelles.

Quel porcelet ne rêverait pas de se blottir contre le duvet frisottant de sa maman ?

 

LES CHATS REX

Quatre races de chats domestiques ont une fourrure bouclée, ils partagent tous la même mutation génétique qui leur est propre.

Sur cette photo prise en 1920 à Volendam aux Pays-Bas, une jeune fille caresse un chat tout en prenant la pose.

Le très élégant Cornish rex est le lointain descendant d’un chaton né au début des années 1950 dans les Cornouailles, en Angleterre. Les bouclettes de ce chat avaient même conquis ses moustaches ! (À lire : Et si tout ce que vous pensiez savoir sur les chats était faux ?)

En 1959, un chaton féral frisé a fondé la lignée des Devon rex, reconnaissable à leur petite face et à leurs grandes oreilles. En 1987, un chat de gouttière du Montana donnait naissance à un chaton frisé, le premier représentant des luxueux Selkirk rex. Enfin, les chats laPerm dont les ancêtres étaient les chats d’une ferme de l’Oregon naissent généralement chauves ou avec un pelage raide avant de se couvrir d’une douce toison aux boucles ondulées.

 

LE GORGONOCÉPHALE OU LA TÊTE DE MÉDUSE

Il est également possible d’opter pour les boucles sans avoir de cheveux.

Les têtes de méduse ont cinq bras bouclés, chacun d'entre eux est doté d'une colonne vertébrale.

Les gorgonocéphale d’Atlantique Nord-Est sont tellement bouclés et frisés qu’il est même difficile de deviner où elles commencent.

Cet animal surnommé tête de méduse se compose d'un grand disque central duquel partent cinq bras, explique Chris Mah, zoologue spécialiste des invertébrés marins au musée national d’histoire naturelle des États-Unis à Washington.

Chaque branche est articulée grâce à une colonne vertébrale, ce qui lui permet de s’étendre pour attraper de la nourriture puis de se rétracter au repos.

 

LE GRAND HOCCO

Le grand hocco, dont l’aire de répartition s’étend du Mexique à l’Équateur, est coiffé d’une crête aux plumes bouclées noires qui ressemble à s’y méprendre aux bandes des cassettes vidéo.

Une femelle grand hocco exhibe sa crête de plumes bouclées dans la péninsule d'Osa au Costa Rica.

On ne sait pas si ces plumes ondulées permettent à cette espèce d’oiseau monogame d’attirer les potentiels partenaires, explique Richard Buchholz, biologiste de la conservation à l’université du Mississippi.

« J’ai l’impression qu’ils lèvent ou abaissent leurs crêtes bouclées pour signaler un état de vigilance ou de motivation » les uns aux autres, ajoute-t-il.

Quelle qu’en soit la raison, « une chose est sûre, ils sont plutôt mignons. » Il n’a pas tort.

 

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Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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