Les rats : nos plus proches voisins

Depuis la nuit des temps, les rats vivent à proximité des habitations humaines et se nourrissent de nos déchets. Au cours de la dernière décennie, leur population a augmenté de 15 à 20 % dans les villes du monde.

Monday, April 1, 2019,
De Rédaction National Geographic
Deux rats du temple de Karni Mata, au Rajasthan, en Inde, s’affrontent pour être le dominant. ...
Deux rats du temple de Karni Mata, au Rajasthan, en Inde, s’affrontent pour être le dominant. Le rat, un animal social, veille sur les siens. Des expériences ont montré qu’il peut délivrer un congénère en cage au lieu de se laisser tenter par une friandise – une forme d’empathie, selon des chercheurs.
Photographie de CHARLIE HAMILTON JAMES

Nous les côtoyons de près sans forcément nous en apercevoir. Ils sont probablement nos plus proches voisins. Les rats suivent depuis longtemps les populations humaines. Ceux de l’espèce des surmulots seraient originaires des steppes d’Asie, où ils apprirent à assurer leur pitance auprès des hommes. Vers 1500, ils avaient déjà gagné certaines régions d’Europe, dans les bagages de commerçants de la route de la Soie.

La trompeuse appellation qui allait donner Rattus norvegicus a peut-être émergé quand un navire plein de rats battant pavillon norvégien aborda dans un port anglais. Vers 1750, les surmulots colonisèrent les futurs États-Unis, avant même que le territoire n’adopte ce nom.

Le rat noir (Rattus rattus) est également une espèce mondialisée. Il est peut-être issu du sous-continent indien et se serait adapté aux établissements humains voilà quelques millénaires, à l’époque de l’apparition de l’agriculture. Il gagna l’Europe en 300 après J.-C., au moment du déclin de l’Empire romain.

Les deux espèces voyagèrent avec les explorateurs et les marchands, puis s’installèrent là où elles trouvaient à se nourrir dans nos ordures et nos vivres. Aujourd’hui, en Afrique, une ferme moyenne perd 15 % de ses récoltes à cause des rats. En Asie, les rats et d’autres rongeurs avalent chaque année des quantités de riz qui pourraient nourrir 200 millions de personnes. Selon les experts, sa population mondiale a augmenté de 15 à 20 % dans les villes, en seulement une décennie.

Mais doit-on pour autant percevoir ces rongeurs comme des nuisibles ? N’assurent-ils pas, aujourd’hui comme hier, le rôle essentiel d’éboueurs de la ville ? Sans les rats, les métropoles occidentales abriteraient moins de faucons et de rapaces nocturnes. Des tonnes de nourritures abandonnées pourriraient sur place au lieu d’être prélevées par ces nettoyeurs à quatre pattes. En réalité, il faut admettre que nos voisins de toujours, accusés à tort de tous les maux, nous évitent de surpatauger dans nos ordures.

 

Dans le numéro d’avril 2019 du magazine National Geographic, zoom sur ces créatures qui vivent dans l’ombre de nos villes.

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